Les Gardiens des portes tome 1 Abbygaelle de Sonia Alain

Synopsis :

« Qu’est-ce qu’une légende ? Un récit imaginaire sorti tout droit d’esprits fantasques, ou bien une suite d’événements qui se seraient bel et bien déroulés dans le passé ?

Projetée bien malgré elle dans une réalité parallèle à la sienne, ABBYGAELLE aura à faire face à plusieurs phénomènes inexplicables. Oscillant constamment entre deux mondes – celui des esprits et le nôtre -, elle tentera de survivre. Dans l’ombre, quelqu’un tire les ficelles pour l’amener inexorablement sur un chemin qu’elle refuse d’emprunter, vers une métamorphose contre nature.

Cet homme, MARCUS, est-il un ami ou un ennemi ? Pourquoi est-elle si troublée par sa présence ? Et s’il n’était pas humain ? »

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Sonia Alain est née à Matane au Québec. À l’âge de 12 ans, elle habite pendant quelques mois au Cameroun en Afrique avec ses parents.

Elle a obtenu un certificat d’éducation en milieu de garde à l’Université du Québec à Montréal. Certificat en main, elle a été pendant plusieurs années éducatrice dans un Centre de la Petite Enfance, puis chargée de cours au Collège Édouard-Montpetit, et finalement formatrice.

Elle est auteure à temps plein, et donne des conférences dans les bibliothèques sur des sujets qui sont en lien avec ses romans. Elle est également chroniqueuse littéraire pour différents médias.

En 2011, son roman Le masque du gerfaut a été parmi les finalistes pour le prix du premier roman francophone lors du Festival de Chambéry-Savoie en France.

Dans les pays francophones, ses romans rencontrent toujours beaucoup de succès ».

 

Mon avis :

Les gardiens des portes – Abbygaelle 1 est une lecture addictive. La plume de l’écrivaine est douce voir poétique, lorsqu’elle décrit les lieux d’actions légendaires. Elle est plus directe concernant les émotions éprouvés par cette meute de loups-garous. Les rapprochements physiques par exemple, sont traités poliment mais sans détour.

Les membres du clan dirigé par l’intelligent Marcus travaillent dur pour protéger une héroïne qui peine à envisager l’étendue réelle de ses pouvoirs. Tous, luttent contre leurs instincts primitifs afin de passer inaperçus aux yeux du frère ennemi de Marcus. Autant, vous dire que le suspense ne manque pas, quand on croit que l’intrigue est résolue, la jeune louve a une vision qui nous plonge dans les abysses du monde des esprits.

Ce que je retiens de cette lecture c’est le caractère sauvage des paysages canadiens, l’abondance de détails passionnants à propos du folklore local, une romance paranormale sincère. La suite intitulée : Les gardiens des portes – Alicia est déjà dans ma liste d’envie.

 

Date de sortie : 3 mai 2014. Éditeur : AdA. Collection : Les Gardiens des portes. 360 pages. Prix du format papier : 9,75€. Prix du format numérique : 5,99€. Liens internet : https://www.facebook.com/soniaalain.auteure / http://soniaalain.com.overblog.com / http://www.ada-inc.com

Moi, Benjamin V. de Laurent Moreau

Synopsis :

« BENJAMIN est un grand adolescent d’un peu plus de 30 ans qui semble n’avoir qu’un but dans l’existence : défendre son titre âprement gagné de « roi de la lose ». À son âge, il ne sait toujours pas quoi faire de sa peau de vieil enfant ou de jeune grande personne, c’est selon. Il se nourrit toujours de junk food, passe son temps devant les séries télé et collectionne méticuleusement faux plans et galères. Il fait le désespoir de ses parents, d’autant que même son jeune frère est déjà casé, avec la déjà chiante MARIE-CLÉMENTINE, et déjà bientôt père.

L’heure de l’ultime remise en question a donc sonné. Bardé de sa bonne humeur et de son inoxydable foi en la vie, Benjamin le Bordelais part ouvrir un bar à vins… en Laponie. Ah ! la Laponie ! Le pays des rennes, du froid, du Père Noël et de LOTTA, jeune femme volage et incertaine de ses choix, mais belle comme le diable. Autant d’embrouilles au centimètre carré, c’est un appel à la gourmandise ! »

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Laurent Moreau a grandi dans l’univers des 90’s. Il a connu le développement d’une nouvelle culture, des séries à outrance, d’Internet pour tous et de l’ouverture au monde. De ce melting-pot est née une écriture unique, mélange d’une nostalgie d’un passé proche et d’un présent pas si mauvais ».

 

Mon avis :

J’ai choisi de lire Moi, Benjamin V., 33 ans, l’âge du Christ, et toujours pas de miracle en vue pendant la période des fêtes de fin d’année. L’histoire se déroule en Laponie (une région boréale européenne, située dans le Nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de la presqu’île de Kola en Russie). C’est une destination parfaite pour une lecture commencée la veille du réveillon de Noël.

D’un point de vue plus personnel, j’aurai trente ans au mois de mars, j’ai donc trouvé amusant de prendre connaissance du parcours de cet enquiquinant trentenaire. Je m’explique, l’inactivité du personnage principal m’a donné envie de le secouer comme un prunier. Heureusement pour lui, il est bourré d’humour. J’approuve également sa vision très réaliste de l’existence. Il semblerait aussi que son immaturité ait préservé son romantisme, ce qui le rend touchant par moment.

Dans ce que l’on peut considérer comme la seconde partie du livre, le protagoniste décide enfin de se prendre en main. Il quitte la France pour ouvrir une épicerie spécialisée dans la vente de vins et de produits issus de sa région natale à la grande satisfaction des habitants des pays froids.

Ce que je retiens de ce voyage livresque c’est la source d’inspiration concrète que peut représenter le protagoniste pour les prisonniers d’un quotidien devenu incontrôlable. Souvenez-vous chers lecteurs que la banalité peut se transformer en un rêve éveillé !

 

Date de sortie : 8 octobre 2015. Éditeur : La Bourdonnaye. 140 pages. Prix du format papier : 14€. Prix du format numérique : 6,99€. Site internet : http://www.labourdonnaye.com

Le Cerbère des Agnos de Laëtitia Laosakoune

Synopsis :

« Charlotte, jeune passionnée de jeux vidéo, travaille dans la boulangerie de son village et mène une vie tranquille, trop tranquille pour elle.

Chaque jour, elle voit arriver un client mystérieux, Adam, au physique atypique mais séduisant, venir lui acheter son pain. Elle est amoureuse de lui mais cet homme, désagréable et inaccessible, ne lui accorde pas un regard ni un sourire, jusqu’au jour où les évènements vont les réunir.

Malgré la découverte des sombres secrets qui entourent ce garçon et l’incroyable révélation sur l’existence de son « espèce », Charlotte lui fait confiance et lui confie sa vie. Ils affronteront ensemble l’apparition d’un virus mortel, d’agents gouvernementaux qui les pourchassent sans raisons apparentes mais surtout du jeune frère d’Adam qui semble vouloir du mal à la vendeuse et qui mettra tout en place pour se débarrasser d’elle… »

 

Quelques mots sur l’auteure :

Girondine d’adoption, elle est une secrétaire de trente ans dévorant la littérature fantastique et frisson. Depuis quelques années maintenant, elle travaille dur pour améliorer sa plume afin d’écrire sa plume pour pouvoir partager les histoires qui font rêver les âmes rêveuses telles que la sienne ».

 

Mon avis :

Le cerbère des Agnos est une très belle découverte. Avant de lire ce roman, je n’avais jamais eu l’occasion de croiser des néandertaliens ailleurs que dans des ouvrages dédiés à la préhistoire. Je trouve l’idée d’en inclure dans un récit à tendance « Young adult » excellente !

Cette histoire est plaisante car elle est pleine de rebondissements. Les personnages ont des sacrés caractères. Ce n’est que mon impression mais les descriptions peu flatteuses des femmes de cette espèce son gênantes.

Quoi qu’il en soit, le point de vue de cette famille peu commune m’a donné la possibilité d’être témoin de leurs difficultés à vivre parmi les gens ordinaires. Contrairement à ses semblables, CHARLOTTE, elle, fait preuve de bonté. Elle s’investit dans l’aide aux tâches ménagères ou la préparation des repas lorsqu’elle se trouve chez ADAM. Au fur et mesure de l’intrigue, elle se montre même d’une aide précieuse dans le solutionnement du complot qui, par le biais d’un virus mortel met en jeu la survie de l’humanité. Pendant ce temps… le lecteur s’interroge, est-ce une vengeance gouvernementale ou familiale ?

La plume de l’écrivaine est fluide. Croyez-moi commencer ce livre, c’est vouloir le terminer au plus vite ! Le triangle amoureux formé par CHARLOTTE, ADAM et son frère EMERIC apporte un peu de douceur à leur interminable cavale. Je pensais vraiment que la fin du récit délivrerait le prénom de l’élu du cœur de la vendeuse hors ce n’est pas le cas mais la suite est prévue pour bientôt alors j’aurais surement ma réponse.

 

Date de sortie : 19 octobre 2015. Éditeur : Lampe de Chevet. 288 pages. Prix du format papier : 19,70€. Site internet : http://lalampedechevet.free.fr/pages/0.html

Belle de glace d’Anna Sheehan

Synopsis :

« Endormie depuis plus de 60 ans, ROSALINDA FITZROY est réveillée par le baiser du Prince Charmant. Une vraie Belle au bois dormant… Enfin pas tout à fait. Elle ne s’est piqué le doigt à aucune épine. BREN, le garçon qui l’a tirée de son sommeil artificiel, pourrait être son petit-fils. Et surtout, le temps ne s’est pas suspendu autour d’elle. Tout a changé. Ses parents sont morts. Des épidémies ont décimé les trois quarts de l’humanité. Comment apprendre à vivre dans ce monde nouveau et menaçant lorsque le danger vous guette à chaque coin de rue et que vous n’en connaissez plus aucune règle ? »

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Anna Sheehan est née sur les rives du lac Michigan. Ses années à l’école sont un vrai cauchemar. Anna trouve son refuge dans les livres. Dianna Wynne Jones, Douglas Adams, mais aussi William Shakespeare ont changé sa vie – tout comme sa découverte des reconstitutions historiques, auxquelles elle a participé, tout de velours vêtue, à jouer de la harpe en regardant des jeunes gens en armure de plastique se taper dessus. Elle passe un diplôme d’orfèvrerie, mais préfère se consacrer à l’écriture. Elle vit maintenant dans l’Orégon avec sa mère, sa fille et son lévrier irlandais ».

 

Mon avis :

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge COLD WINTER. Il consiste à lire plusieurs ouvrages sur le thème de l’hiver entre le début du mois de décembre et la fin du mois de février.

Contre toute attente, cette lecture a été une incroyable surprise pour moi. Cette réécriture de La belle au bois dormant met en scène une jeune fille docile qui se retrouve projeté dans le futur. Devenue orpheline, elle est désormais célibataire et hantée par les visages de ses parents et de Xavier, son fiancé. La description de ses souvenirs est souvent émouvante, la romance assez profonde.

Heureusement, la pratique incessante du dessin, la rencontre avec de nouveaux confidents et les retrouvailles avec certains de ses descendants vont aider Rose à devenir une femme mature.

Attention, si vous vous attendez à retrouver l’ambiance féerique de la version de Walt Disney, ce roman n’est pas pour vous. Selon moi, la magie ferait de l’ombre à l’originalité du cadre futuriste qui même en pleine action reste réaliste.

Je ne m’attendais pas à être une nouvelle fois sensible à un décor moderne ni à m’attacher à certaines créatures nées grâce à la technologie. A mes yeux, OTTO le robot, est la personnification de la liberté que l’être humain doit préserver à chaque instant de son existence.

 

Date de sortie : 15 février 2012. Éditeur : Hachette Black Moon. 384 pages. Prix du format papier : . Prix du format : 6,99€. Site internet : 15€. Site internet : http://www.lecture-academy.com

Bohême de Mathieu Gaborit

Après la révolution industrielle, l’Europe a été submergée par une substance étrange et dangereuse, l’écryme. Reliées par un fragile réseau de traverses d’acier, seules quelques cités gouvernées par l’aristocratie capitaliste émergent dans cette mer corrosive. Mais sous le joug de la Propagande, la révolte gronde… Quand un dirigeable porteur d’une précieuse cargaison clandestine s’échoue dans l’écryme, c’est Louise Kechelev, avocate-duelliste et fille de révolutionnaires praguois, qui est chargée de récupérer la cargaison. Dans la même zone, un régiment de hussards en mission de reconnaissance a été décimé par une mystérieuse crise de folie. Seul survivant, le commandant Léon Radurin doit fuir les foudres de la Propagande. Pour Louise et Léon, c’est le début d’un voyage sans retour aux confins des traverses, où se murmure le nom d’une cité perdue : Bohème.

Pas facile à lire !

L’univers est super structuré mais j’ai eu du mal à me le représenter, à m’immerger.

On est sur une base existante bien sur puisque nous sommes en pleine révolution russe et révolution industrielle mais en dehors…
Il faut attendre une bonne moitié de livre pour comprendre ce qu’est l’Ecryme.
Quant à la Bohême, je suis resté dubitatif, frustré de ne pas en savoir ou comprendre plus.

Mais j’ai bien aimé les personnages, dont Louise, assez atypiques. De premier abord elle semble insensible, détachée de tout. Mais il n’en est rien, à moins que ce soit son voyage qui ne la transforme.

Ça ne restera pas un super moment de lecture mais si il passe sous la main, lisez le, ça change !

L’Éveil de l’Ange d’Éva Delambre

Solange aime écrire, mais elle doute de son talent. Beaucoup trop selon son amie Axelle qui lui déniche un travail un peu spécial : rédiger les mémoires d’un dénommé Tristan Bussy ; et pour ce faire, résider dans sa propriété.
Solange finit par se laisser convaincre. Elle était justement à la recherche d’un emploi. Sauf que celui-ci va s’avérer particulier. En effet, Tristan Bussy n’est pas un vieux monsieur et ses récits de vie sont d’un érotisme torride. De plus, il attend d’elle une implication très personnelle dans l’exercice d’écriture qu’il lui confie : il faudra qu’elle aussi se dévoile ! Peu à peu, Solange succombe au charme du séduisant quadragénaire, au point de s’engager lentement dans une relation charnelle aux accents de domination et de soumission. Mais elle est traversée de doutes : Tristan la désire-t-il réellement ou n’est-elle que son jouet ? Qu’attend-il réellement d’elle ?

 

Je suis désolé Éva mais vous n’allez pas y loupé, toutes les blogueuses, a qui vous proposez ou qui ont lu votre livre, le compareront à l’autre… oui ! 50 nuances.

Parce que la comparaison sera, au premier abord, facile. Un homme séduisant, charismatique et une jeune femme naïve et le milieu du BDSM.
Pour ma part, la comparaison s’arrêtera là ! On ne joue pas dans la même cours.

Éva ne nous propose pas cet incessant babillage stérile avec l’envie de « sauver » ce beau mâle.

Je dis bien blogueuses ou lectrices ! Ce livre est foncièrement et profondément féminin.

L’auteure nous offre l’âme et les tripes d’une femme « vanille » qui découvre le monde du BDSM, d’abord par les récits puis finit … Non ! Non ! et Non, je ne vous dirai rien de plus.
C’est très psychologique, on évolue avec Solange, on est attiré, pris, possédé avec elle (Oups !).
On y découvre des aspects de l’emprise qui sont rarement évoqués. Là il n’est pas uniquement question d’une emprise physique comme beaucoup peuvent le croire. Elle n’est qu’une finalité, elle ne peut vraiment arrivée qu’après une emprise mentale ce qu’Eva nous raconte magnifiquement.

Et là, nous lisons le véritable travail d’Éva Delambre, de mettre des mots sur les émotions, des sentiments d’une soumise. C’est fort, puissant ! Personnellement, j’ai beaucoup aimé, moi le gros barbu et velu comme un ours mal léché, je me suis retrouvé dans la peau d’une soumise.

Même si nous vivons ce roman avec les mots de Solange, Éva nous propose également une assez bonne voire très bonne vision de l’aspect masculin avec Tristan. Cet aspect beaucoup plus également, j’ai retrouvé ce que j’avais pu déjà lire, voir, entendre, vivre mais toujours maladroitement. Ici les mots sont posés, décrivent, nous instruisent même si nous les avons sur le bout de la langue.

D’une façon très subtile, l’auteure donne de bon conseils à celles qui seraient tentées, de se trouver le bon partenaire.

Mais attention ! L’Éveil de l’Ange, ce n’est pas que ça !
C’est explicite, les scènes sont très bouillantes, les mots sont crus mais sans aucune vulgarité. Il est facile de s’imaginer, de s’immerger dans les scènes que ce soit d’un côté ou de l’autre du collier.

Pour celles et ceux qui ont été déçu par l’autre, je vous conseille vivement ce livre.Et pour celles qui ont aimé (je fais dans le soft) Christiiiiiian, je vous le conseille aussi, vous aurez une autre réelle vision de ce type de relation.

Il a ses limites, bien sûr, moi j’en ai discerné mais c’est une question de goût.

Personnellement, au niveau du scenario, des personnages, des scènes, je l’ai trouvé vraiment très bon. Je vous laisse le découvrir.

Bonne lecture.

Il est trop tard pour oublier, Phobos Tome 2, de Victor Dixen

Après une consultation démocratique, les douze prétendants gagnent finalement la planète Mars pour jouer le jeu de Serena McBee en échange de leur vie.
En bas, ils ne doivent rien dévoiler de ce qu’ils savent sur la mort des cobayes survenue dans le septième habitat.
En bas, ils doivent organiser leur vie sous le feu des caméras comme si de rien n’était … Comme s’ils vivaient les plus beaux jours de leur existence …
Mais Serena respectera-t-elle ses engagements ?
Rien n’est moins sûr !

Bien, en refermant ce livre, je n’avais plus qu’une seule phrase en tête : »Non, cela ne peut pas se finir comme ça ! ». Et si, Victor Dixen l’a fait ! Il nous a une fois de plus laissés avec ce terrible suspense sur les bras et ma tête va encore tempêter de longs mois avant de pouvoir enfin connaître le fin mot de l’histoire avec le tome 3 de cette superbe saga.
Vous l’aurez compris, j’ai adoré replonger dans l’univers impitoyable de Phobos 2. J’ai trouvé ce tome encore plus addictif que le précédent, qui était déjà pas mal ans son genre, ce qui est un fait rarissime, pour moi, avec un second épisode !
Avec « Il est trop tard pour oublier. », le récit se poursuit avec une énorme épée de Damoclès qui s’agite au dessus de la tête de nos douze martiens, sans discontinuer, tandis qu’ils tentent d’apprivoiser leur nouvel environnement ce qui n’est déjà pas chose facile !
Les révélations vont bon train et le lecteur n’est jamais au bout des surprises.
Les personnalités des douze héros, surtout celles des garçons que l’on connaissait mal avec le premier tome, se révèlent. Certains personnages, comme Harmony ou Andrew, se hissent désormais sur le devant de la scène alors qu’ils ne tenaient jusqu’à présent qu’un rôle secondaire.
Les secrets éclatent, mais pas tous … L’auteur, ce virtuose, en garde dans sa besace pour le troisième volet !
Le style est franchement extraordinaire et nous tient en haleine sur les 496 pages ! Tout au long du roman, le lecteur a l’impression d’être véritablement l’un des millions de spectateurs du programme Genesis, avec ses cadrages, ses coupures pub ainsi que ses problèmes techniques, tout en assistant au backstage.
Si vous ne l’avez pas encore essayé, je vous garantis que ce livre est une incroyable bombe ! Une œuvre parfaitement maîtrisée qui vous aspire jusque dans la qualité de ses moindres détails. A vous, maintenant, de vivre l’expérience !

L’école de la nuit, Le livre perdu des sortilèges Tome 2, de Deborah Harkness

Afin d’élucider le mystère de l’Ashmole 782, livre relatant l’origine des espèces fantastiques, Diana et Matthew effectuent un voyage dans le temps. Ils atterrissent dans l’Angleterre de la fin du 16ème siècle, à l’époque élisabéthaine, en pleine chasse aux sorcières. Aussitôt prise pour cible, Diana est obligée de se cacher, le temps d’apprendre les us et coutumes de l’époque et de trouver le moyen de dompter ses pouvoirs qui n’en font qu’à leur tête.
A cette périlleuse situation s’ajoute d’autres soucis car Diana est enceinte. Partagé entre bonheur et angoisse, le couple se lance dans la quête du livre qui répondra, ils l’espèrent, à toutes leurs questions. Mais ce dernier semble avoir complètement disparu. Diana et Matthew auraient-ils consenti tous ses efforts pour rien ? D’autant que désormais la sorcière n’est plus du tout certaine de pouvoir les faire revenir dans le présent et que des histoires familiales viennent troubler leur aventure …

Avec ce deuxième tome du Livre Perdu des Sortilèges, Deborah Harkness nous entraîne dans une quête à caractère historique.
Il faut dire que Diana dénote dans ce cadre élisabéthain et qu’elle doit tout apprendre de la façon de se comporter pour une dame à cette époque. Mais l’historienne ne baisse pas les bras et s’attelle avec énergie à sa tâche jusqu’à tenir parfaitement son rôle.
Matthew, de son côté, joue à fond le rôle de protecteur, allant jusqu’à braver l’autorité de son père vampire pour défendre sa bien-aimée ainsi que l’enfant qu’elle porte. Cet enfant qu’il n’attendait plus vu son statut de créature fantastique et qu’il considère comme un cadeau des dieux.
Question intrigue, en revanche, on stagne un peu. La quête du livre n’est guère passionnante et les révélations concernant le monde magiques sont très minces.
Par contre, j’ai beaucoup apprécié les chapitres consacrés au présent en l’absence de Matthew et de Diana. J’ai trouvé qu’ils pimentaient le scénario et qu’ils apportaient cette dose de mystère qui titille mon instinct de lectrice.
En définitif, voici un livre plus historique que fantastique, plaisant mais un peu plat. C’est donc avec une certaine appréhension que j’aborde le troisième et dernier opus de cette saga …

La faux soyeuse d’Eric Maravelias

Je suis couvert de sang mais je suis bien. Rien à foutre. Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien. La mort n’est rien. Et moi-même je ne suis rien. Joies et chagrins se succèdent dans une espèce de brouillard confus, un ballet macabre, et rien ne subsiste de tout cela, sinon parfois, au détour du chemin, un sentiment de gâchis irréversible qui me prend à la gorge. Nos vies de parias sont comme de frêles esquifs privés de gouvernail. Sans plus personne à bord. Elles sont ballottées au creux de flots tourmentés, secouées par des vents inconnus et changeants qui les mènent à leur gré vers des côtes plus ou moins hospitalières, incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences.

T’as deux solutions.

Soit tu lis les trucs dont ils causent à la télé ou sur France Culture (Je vais encore me faire des potes), souvent écrits avec les pieds, soit tu lis des livres.

Des vrais livres.

Je parle souvent de ça.

Tu vas finir par croire que je fais un amalgame ou que je suis un aigri impénitent. C’est pas ça. Je suis souvent esbaudi, voire désemparé (t’as vu, j’ai du vocabulaire) par la qualité de nos rentrées littéraires. Là, on est loin de la rentrée littéraire. La Faux Soyeuse, ça sort en 2014, à la Série Noire de Gallimard. Je vais pas te raconter l’histoire, y en a plein qui l’ont déjà fait, et beaucoup mieux que moi.

Des chroniques en pagaille sur des blogs vachement pointus et dédiés au « Pôlar » (Encore ma recherche éffrénée de copains), ont dû en motiver quelques-uns à foncer chez le libraire pour le voler ou l’acheter. J’espère d’ailleurs qu’ils l’ont acheté, parce que le vol, au niveau droits d’auteur, c’est limite.

Donc je te raconte pas, ça sert à rien.

En revanche, ce que je veux te dire, c’est ce qu’il y a derrière les mots.

Je suis pas un poète. Je sais pas écrire de la poésie.

Lui, il sait.

Quand t’as l’impression d’être dans le fond du marécage, avec des eaux noires et boueuses qui t’entourent au point que tu te rends compte que tu peux pas nager pour t’en sortir, Eric Maravelias il te file un coup sous le menton, et il le fait avec ses mots qui t’envoient au ciel. Parce que le ciel, il est jamais très loin.

Tu comprends tout à coup que la came, celle dont il parle, c’est quelqu’un. C’est pas juste un truc que tu te balances dans les veines. Elle est là, et elle te guette, et elle te sourit, et elle te cajole.

Et elle te tue.

« Puis peu à peu, à force de réfléchir, j’ai compris. Dix piges d’élan pour faire le grand saut. C’est comme ça qu’il est parti. Par choix. Titan aux pieds d’argile. Moi je n’ai pas ce courage. Pas encore. Je continue à traîner ma carcasse dévastée au milieu de ces quartiers en décomposition, fissurés, morcelés. Je n’ai pas le choix. »

Tu vois ce que je veux dire ?

Ce bouquin, je l’ai lu il y a quelques temps. Pas pu faire de retour à ce moment-là. Incapable, tellement il m’a pété les côtes. Parce que quand on te pète les côtes, tu peux plus respirer. Certains livres sont comme ça. Tu les fermes, et ils existent au fond de toi, jusqu’à ce que tu puisses redonner ce qu’ils tont offert.

Tu te dis que Franck t’aurais bien voulu le connaître avant, être son pote, l’aider à regarder plus loin, lui tenir la main pour pas que…

Si tu l’as pas lu, va l’acheter. Si ton libraire l’a pas, commande-le et dis-lui de le lire. Parce que s’il le lit, il le vendra. Et il faut.

Tiré à quatre épingles de Pascal Marmet

Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

J’aime

– les personnages, surtout le commandant Chanel, flic au grand cœur et Laurent/Alex jeune Peter Pan qui refuse de grandir
– l’enquête sur fond d’art africain et de sorcellerie
– l’écriture simple et fluide, ce roman se lit très facilement
– l’épilogue qui nous donne un résumé du devenir de tous les personnages

J’aime pas

– roman un peu trop court j’aurai aimé avoir plus de détails sur la vie de Laurent/Alex par exemple
– Chanel ne veut pas de femme dans son équipe et celles qu’on lui impose trouvent toutes les solutions c’est un peu moyen et inutile