Rural Noir de Benoît Minville

Adolescents, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables ; ils arpentaient leur campagne et formaient un «gang » insouciant.
Puis un été, tout bascule. Un drame, la fin de l »innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

 

Rural Noir…Benoît Minville…Série Noire.

Trois heures de sommeil en moins sur une nuit par définition trop courte, voilà comment ce bouquin m’a happé!
Impossible de le refermer…Impossible de le poser…Trop envie d’avancer, de savoir.
Ben pas déçu le Corbac!

Je vais juste me méfier des gosses avec des flingues en plastique qui tirent des plombs sur le cul des vaches…

Surpris l’oiseau!
Je m’attendais à un Total Western dans la Nièvre ou à un Goonies version Règlement de compte dans le trou du cul du monde…
Ben non! Rien de ça…bien mieux au contraire.
Du haut de mes quarante deux branches j’ai fait un trip retour dans le passé.

Quand je disais qu’on allait se voir affranchi d’un Stand by Me à la French, j’étais pas loin; sauf que le Devil Minville y rajoute une pointe de La Horse (si si! le film avec Gabin? Quoi vous connaissez pas, Pfff trop jeune alors pour lire ce genre de bouquin…quoi que …)

Rural…ouep.
Parce que ça sent la bouse de vache fraîche, le vent chaud de l’été de tous les apprentissages qui fait sécher l’eau de la rivière sur la peau. Parce que ça sent les phéromones qui travaillent à l’adolescence le désir et la peur, la colère et la haine, la violence et le besoin d’en imposer. Parce que la douleur des vieux qui voient le village s’éteindre et disparaître tu la sens, parce que les difficultés des paysans et la méfiance des marginaux du coin tu les vois aussi et tu les ressens dans le creux du bide…
Noir…ouep.

Parce que pour s’en sortir faut parfois faire des trucs chelous, parce que redorer le blason d’un bled à l’abandon en s’encanaillant avec la petite délinquance ou les gros dealers c’est pas toujours simple. Parce que la fuite, l’abandon, la honte, la solitude, la famille, la guerre, la haine, l’amitié et les premiers amours c’est pas facile à gérer surtout dix ans après…

Rural Noir parce que quand The Devil Minville te transforme la Nièvre en champ de toutes les souffrances, de toutes les craintes, de toutes les violences il te choppe par les couilles ou la gorge et qu’il t’emmène sur les petits chemins tortueux des choix de l’adolescence, au travers des champs coupables des choix des adultes, dans les rivières où coule l’eau du doute et de la jalousie, dans les forêts de l’amitié entre potes où chaque arbre a son importance qu’il se nomme Julie, Vlad, Chris, Romain ou même Cédric…

Rural Noir parce que…lis le et donne moi ton avis…mais sois gentil sinon…

La Femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis

Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d’une route en Haïti. Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ? Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l’avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnette, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l’histoire du monde dans l’ombre des gouvernements.

 

Gallmeister est une maison d’édition surprenante.

La preuve en est avec La Femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis.
Après les grands espaces de Craig Johnson, l’intimité noire de Trevianan, les enquêtes de Ross MacDonald, Olivier Gallmeister nous avait époustouflés avec sa collection Néo Noir ( Bassoff, Hinkson, Robinson…) dure et réaliste, contemporaine et violente….l’éditeur nous balance ce bouquin comme ça, en passant, mine de rien.

Alors hormis le fait que c’est un pavé, quand il atterrit dans la mare il fait de sacrés remous!
En effet c’est un livre riche et complexe. L’écriture est plus proche de la littérature que du roman Noir ou policier, rappelant régulièrement par sa construction narrative un certain Michel Butor ou un Dostoïevski. De la même manière, il fait songer à La Puissance des Ténèbres d’Anthony Burgess de par la large période historique qu’il balaie; histoire de l’Histoire, Histoire aussi des histoires….rien n’est inventé juste créé et romancé, transformé…Shacochis prend les faits et les adapte à ce qu’il veut raconter. Sans tricher. Sans fioritures.

Et puis il a John Le Carré et David Mamet qui traînent là ! Du barbouze et de l’amour, une fresque géo politique sur la complexité de l’enfance, sur la réalité des conflits économiques politiques et familiaux, des crises existentielles et les dessous de l’adolescence, les coups d’États et les observateurs trompés par les tromperies de ceux qui sont censés mener à la Paix, ramener le calme mais pour qui les intérêts personnels et les arrangements financiers passent avant tout.

Il y a tout cela et plus encore dans La Femme qui avait perdu son âme parce au-delà d’une fresque baroque et dramatique sur le monde de l’espionnage moderne il y a un pamphlet énorme. Une dénonciation terrible de l’univers commun et souterrain qui nous entoure, du visible et de l’invisible dans lequel nous évoluons sans songer à la grandeur et à la décadence de ceux qui le dirigent.

Un roman Noir dans la grande tradition du terme, un roman sur l’être humain, un roman sur l’existence.
À ne pas mettre entre n’importe quelles mains parce que c’est du lourd. Très lourd.

L’Envers de nos vies de Charlie Bregman

Synopsis :

« L’envers de nos vies est une exploration du monde émotionnel, à travers 9 fictions inspirées de 9 états d’esprit différents, avec transitions musicales.

Face au désespoir, à la douleur, au déni, à la colère, à la procrastination, à la peur, au courage, à l’épanouissement de soi, ou à l’amour inconditionnel, des personnages plus ou moins ordinaires laisseront tomber le masque de leurs émotions refoulées pour nous laisser entrevoir toute leur authenticité ou pas… »

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Charlie Bregman est né en 1974. Il vit en France, en Haute-Savoie. Il aime les livres, le cinéma, l’architecture, les voyages, l’émerveillement et la créativité des enfants… et toutes celles et ceux qui savent les préserver ».

 

Mon avis :

Vous en doutez peut-être la couverture de ce recueil de nouvelles m’a tapé dans l’oeil. (Le noir à lèvres produit toujours cet effet sur moi…). J’ai bien fait d’accepter ce service presse car non seulement la couverture est originale mais en plus le contenu est intéressant, diversifié et bien écrit.

Par le biais d’un vocabulaire accessible et sur fond de spiritualité, l’écrivain souhaite aider le lecteur à prendre conscience de ses propres peurs. Le développement personnel et toute la positivité que l’on peut en retirer ont pour fonction de nous apprendre à nous accepter tel que nous sommes afin d’agir au mieux pour nous-même. Ce n’est pas si simple que ça en à l’air mais c’est primordial pour avoir la vie que l’on souhaite au lieu de la rêver.

Mon texte favori est le neuvième sur onze du corpus. Il s’intitule Incognito aux pays des salauds. D’après ce que j’ai compris, il revient sur la présence d’anges gardiens aux cotés de chaque être humain durant toute la durée de sa mission sur terre et donc par extension au positionnement des individus face à leur mort.

L’auteur propose ici de lire en musique. Les morceaux sont plus ou moins récents. C’est une activité que je pratique moi-même régulièrement puisse que chanter en écrivant facilite ma concentration. J’ai partagé sur le compte Facebook de Crocbooks, les clips des transitions musicales choisies par monsieur Bregman, même si pour moi l’oeuvre se suffisait à elle-même. Il faut dire que mise à part En tête à tête de Matthieu Chedid, ce n’est pas du tout le style que j’écoute. Quoi qu’il en soit, je vous conseille de tenter l’expérience. Ecoutez vos émotions, elles en savent plus sur vous que votre esprit !

 

Date de sortie : 24/12/2015. Auto-édition. 183 pages. Prix du format numérique : 2,99€. Prix du format papier : 9,99€. Site internet : http://charlie-bregman.iggybook.com/fr/

Avant Toi de Jojo Moyes

Synopsis :

« Si le temps nous est compté…

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Jojo Moyes est romancière et journaliste. Elle a travaillé à la rédaction de l’Independent pendant dix ans avant de se consacrer à l’écriture. Ses romans ont été salués unanimement par la critique et lui ont déjà valu de nombreuses récompenses littéraires. Elle vit en Angleterre, avec son mari et ses trois enfants ».

 

Mon avis :

Cet ouvrage poignant expose le cas de Will, un jeune homme toujours actif contraint à l’immobilité après un accident de la circulation. Il pose le problème du choix d’en finir avec la vie quand on ne supporte plus les obstacles physiques et psychologiques qu’elle impose. Je ne parle même pas de l’obligation de gérer la pitié des étrangers, l’impuissance des proches…
Toute la singularité de ce roman réside dans la capacité du personnage secondaire à voir les qualités d’un homme plus que sa chaise roulante. On peut considérer que Lou est à la fois les bras et les jambes de ce trentenaire au caractère bien trempé.

Elle n’a aucune ambition et se contente d’un travail sans responsabilité et d’une relation amoureuse dépourvue de passion. Mais c’est sans compter sur ce fou des sports extrêmes qui va lui apprendre à vivre selon ses propres envies. L’accompagnatrice va faire preuve de persévérance afin de divertir son patron en adaptant chacune de ses activités quotidiennes.

J’ai regretté que leurs sorties ne soient pas plus nombreuses car à eux deux, ils forment un duo attachant. L’humour va les rapprocher et leur faire découvrir une nouvelle forme d’amour. Pendant six mois, ils vont se surpasser. Sur les conseils de son mentor, cette anglaise apprendra aussi et surtout l’indépendance.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’écrivaine maitrise son sujet. Elle sait jouer avec les nerfs et les émotions de ses fans. J’ai beaucoup aimé cette lecture mais je ne la considère pas comme un coup de coeur car Lou est trop passive à mon goût.

Cela dit, j’ai été ravie d’apprendre que ce récit se verra offrir un second tome intitulé Après toi publié le 20 mai 2016 et une adaptation filmique programmée pour le mois de juin. Le couple sera incarné à l’écran par Emilia Clarke et Sam Claflin.

 

Date de sortie : 20 mars 2014. Éditeur : MILADY. Collection : ROMANS. 524 pages. Prix du format numérique : 8,20€. Prix du format papier : 5,99€. Site internet : http://www.milady.fr

Seconde chance d’Alexandre Jaqua

Synopsis :

« Vous n’existez pas. Cette simple phrase suffit à faire basculer la vie douillette et sans histoire de Grégory Hectolitre. Lorsqu’il vient chercher son diplôme au lycée, ceux qu’il côtoie depuis des années ne le reconnaissent pas : aux yeux du monde, sa vie n’est qu’un leurre, une histoire inventée de toutes pièces. Perdu dans cette réalité qui le dépasse, Grégory doit survivre comme il peut et tenter de dénouer les fils de ce mystère. Chaque détail revêt soudain une importance insoupçonnée, à commencer par sa rencontre inattendue avec Elena.

Qui est cette jeune fille plutôt secrète qui lui offre spontanément son aide ? Pourquoi s’intéresse-t-elle tant à lui ? Déterminé à obtenir des réponses, Grégory est prêt à tout, même à affronter son passé. Mais il est loin de se douter de ce qu’il va découvrir… »

 

Quelques mots sur l’auteur :

Alexandre Jaqua est né en 1991 en France. Il est désormais ingénieur. Seconde chance est son premier roman.

 

Mon avis :

L’amnésie est un état pathologique intéressant même si ce n’est pas un sujet qui m’attire spécialement. Ce premier roman est agréable à lire. Le style d’écriture est sobre mais efficace. La présence d’une ambiance futuriste et d’une technologie de pointe en font un ouvrage plutôt original, à l’image de la couverture de l’ouvrage qui représente un circuit imprimé.

L’intrigue se déroule en France. Elle est pleine de rebondissement et de suspense. Qui plus est, elle démontre une grande cohérence. Les personnages principaux font preuve de beaucoup de courage. Le lecteur à vraiment envie de connaître le fin mot de cette histoire de complot et c’est un très bon signe ! J’espère avoir la possibilité de découvrir d’autres ouvrages signés de la main de ce nouvel écrivain. Merci aux éditions Calepin pour cette découverte.

 

Date de sortie : 29 novembre 2014. Éditeur : Éditions Calepin. 242 pages. Prix du format papier : 9,90€. Prix du format numérique : 4,66€. Site internet : http://www.editions-calepin.fr/accueil.php

City on fire de Garth Risk Hallberg

Synopsis :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur lui, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige.

Qu’est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s’entremêler jusqu’au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais… »

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Garth Risk Hallberg est un jeune auteur de 37 ans. Né en Louisiane, il a grandi en Caroline du Nord et vit désormais à Brooklyn avec sa femme et ses enfants. Il est notamment chroniqueur pour le supplément littéraire du New York Times.

S’il a publié une novella en 2007, A Field Guide to the North American Family, City on Fire est son premier roman. Paraissant en octobre 2015 aux États-Unis, ce roman a su passionner les éditeurs du monde entier ; sa traduction est d’ores et déjà annoncée dans 15 pays ».

 

Mon avis :

J’ignore pourquoi mais ce livre m’a tout de suite tenté. Je ne sais pas vous mais j’aime parfois me lancer dans la lecture d’un « pavé » et voir cela comme un défi à relever. Dans ces cas là, j’espère toujours que l’histoire va me plaire car alors le nombre de pages n’a plus aucune importance à mes yeux.

Ce livre me laisse malheureusement sur ma faim. J’ai littéralement dévoré certains chapitres alors que j’avais hâte que certains se terminent. A mon goût, ce premier roman se concentre trop sur les divagations des nombreux personnages. Peut-être est-ce parce que je l’ai lu en version numérique et, que du coup je n’ai pas pu m’immerger totalement dans cette longue intrigue ? Je ressors mitigée de cette lecture tout en reconnaissant la richesse du style du romancier. J’ai bien l’intention de suivre son parcours !

Date de sortie :14 janvier 2016. Éditeur : Plon. Collection : Feux croisés. 992 pages. Prix du format papier : 23,90€. Prix du format numérique : 16,99€!. Site internet : http://www.plon.fr

Les larmes d’Hadès de Éric Callens

Alex, jeune garçon de 14 ans, vient de s’installer seul avec sa mère sur l’île de Néa Kémanos, en Grèce. Il n’a qu’une seule amie, Sofia, la fille d’un modeste pêcheur.
Ensemble, les deux jeunes gens parcourent l’île en quête d’aventures. Lorsqu’ils dénichent une grotte sous-marine à proximité de la forêt pétrifiée et du monastère d’Aghios Théologos, les deux amis ne se font pas prier pour l’explorer. Ce qu’ils y trouvent dépasse de loin leurs espérances. Tapie dans les profondeurs de la roche, une étrange porte ouvragée, sur laquelle est représenté Hadès, le dieu des Enfers, leur barre le passage. Et si cette fabuleuse découverte marquait, pour eux, le début d’une épopée, à la fois dangereuse et mythique …
Avant de vous donner mon avis sur ce livre, je tiens tout particulièrement à en remercier l’auteur, Eric Callens, qui a eu l’extrême gentillesse de m’en confier la lecture ;). Je remercie également Yannick sans qui cette rencontre n’aurait jamais eu lieu, ce qui aurait été fort dommage ! Car ce roman pour la jeunesse d’une centaine de pages est une réelle petite merveille qui a réussi à me réconcilier avec la mythologie grecque, genre littéraire que je n’affectionne pas particulièrement.
Avec Les Larmes d’Hadès, Eric Callens revisite le mythe des Enfers en lui donnant un vrai coup de jeune, grâce à Alex, cet intrépide héros, qui entraîne dans son sillage la timide Sofia.
Le scénario est assez proche de celui d’une enquête policière puisqu’il y a des indices à trouver, des suspects à surveiller et dont il faut se méfier, mais ce n’est pas tout. le récit flirte également avec le conte puisqu’un objet ainsi que des éléments magiques viennent perturber le déroulement de l’histoire pour lui conférer des allures de légende. En tout cas, dans ce livre, il n’ y a pas de place pour l’ennui, le suspens est toujours au bout de la page et le lecteur est saisi par les mots ainsi que par le rythme.
Le style de l’auteur est plaisant, pas trop facile à lire. Eric Callens n’hésite pas à utiliser des mots et des tournures de phrases recherchés, poussant le jeune lecteur dans ses retranchements (ou vers le dictionnaire !!!) ce qui change un peu des lectures que les adolescents ont l’habitude d’ingurgiter.
Vous l’aurez compris, j’ai vraiment pris plaisir à tourner les pages de mini-roman plein de charme et espère vous avoir donné l’envie de le découvrir à votre tour.

Instinct 2 de Vincent Villeminot

Depuis les événements du bunker, tout a changé à l’Institut. Tim et Flora ne se parlent plus, Shariff apprend à devenir un samouraï, quant au professeur, il doit surmonter une crise très grave. Le camp des prédateurs, dont Paul Hugo est le leader, veut affirmer son hégémonie. Et tandis que ce groupe se gave de Tiger Eye, la drogue qui réveille leurs instincts meurtriers, les victimes s’accumulent, poussant McIntyre à traquer leur pourvoyeur hors du Centre.
Lorsque les jours passent sans nouvelle de leur « père », Tim, Flora et Shariff décident de partir le chercher sans savoir qu’ils sont en train de se jeter dans la gueule du loup …

Second tome de la trilogie Instinct, ce thriller fantastique poursuit dans la droite ligne du premier volet. Sauf que cette fois, Tim n’est pas le héros solitaire, Flora qui ne cesse de s’affirmer vient lui voler la vedette.
Ici, l’accent est mis sur les liens et les luttes de pouvoir intestines à l’Institut. Les traîtres et les dangers ne viennent plus de l’extérieur mais bien du groupe des métamorphes. Les stratégies se tissent et les héros pâtissent de leur bon cœur jusqu’à se sacrifier tandis que d’autres en profitent pour s’imposer dans la hiérarchie des anthropes.
Ici, la romance s’efface au profit de lien plus familiaux. Il n’y a plus ni patients ni docteur, ni amant ni ami, juste un respect, une admiration pour les uns, opposé au dégoût et au mépris qu’inspirent les autres.
Question style, peu de changement, si ce n’est que l’auteur a ajouté une voix, celle du prédateur suprême, tueur sanguinaire de ses semblables, dont l’identité secrète n’est révélée qu’au tout dernier moment.
Le scénario n’est peut-être pas très original mais il a le mérite d’être sacrément mordant, sans vouloir faire de jeu de mots ! Le lecteur est complètement aspiré par l’histoire et la tension qui y règne.
Quant à la conclusion, elle est à la fois époustouflante et frustrante. On a envie de connaître la suite, sans attendre, pour savoir si le final ce fera dans la violence, avec Tim comme dans le tome 1 ; dans l’intelligence, avec Flora comme dans le tome 2 ; ou dans la sagesse, avec Shariff …
Alors vite, plongeons avec frénésie dans ce troisième et dernier volume … 😉

Les Lutins urbains tome 1, 2 et 3 de Renaud Marhic

Date de sortie du tome 1 : 1er octobre 2013, du tome 2 : octobre 2014, du tome 3 : octobre 2015. Éditeur: P’tit Louis. Collection : Romans jeunesse. Prix du format papier : 8,50€. Site internet : http://www.marhic.fr / http://www.les-lutins-urbains.editionsptitlouis.fr / https://www.facebook.com/leslutinsurbains/. Les volumes sont en vente à la FNAC – PAS SUR AMAZON.

 

Résumé du premier tome L’attaque du Pizz’Raptor :

« On les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…

Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ? GUSTAVE FLICMAN, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien…

Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée. Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B, Docteur en Lutinologie… »

Résumé du second tome Le dossier Bug le Gnome :

« Ordinateurs en folie… smartphones ensorcelés… Quel est donc ce « virus » qui menace la Grosse Cité ? A peine remis de sa rencontre avec le Pizz’Raptor, Gustave Flicman doit se rendre à l’évidence : un nouveau lutin menace la ville !

Comme par hasard, revoilà le PROFESSEUR B. Avec son aide, le jeune policier se lance sur la piste du redoutable Bug le gnome. Vite ! Ca sent déjà le grillé…

Gustave parviendra t-il à ne pas péter les plombs ? Car voilà ses cinq soeurs à l’hôpital, victime d’une mystérieuse intoxication… Tandis que Bug le Gnome s’est introduit dans le Laboratoire d’Etude et de Recherche Nucléaire de la Grosse Cité… »

Résumé du troisième tome Les lutins noirs :

« Rien ne va plus dans la Grosse Cité ! Voilà que trois lutins noirs ont été signalés. Aussitôt, des travailleurs africains sans papier sont devenus millionnaires. Tandis qu’une dangereuse société secrète tente de s’infiltrer dans les quartiers…

Gustave Flicman, notre jeune policier est chargé d’enquêter. Et si tout cela avait à voir avec CHELOU ce rhinocéros qu’il devait conduire à l’abattoir et qui s’est échappé en chemin ?
Entre les sortilèges des lutins noirs et les attaques du BAMBOU MASQUÉ, une courses de vitesse s’engage pour retrouver l’étrange animal? Manquerait plus les lutins urbains s’en mêlent, tiens…»

 

Quelques mots sur Renaud Marhic autrement appelé Le Petit Reporter de l’Imaginaire :

« Journaliste indépendant, Renaud Marhic a collaboré à des publications choisies (Charlie Hebdo, Le Vrai Papier Journal…

Essayiste, spécialiste des mouvements de pensée faisant appel à la croyance, il a publié sept essais.
L’expérience du journaliste d’investigation alimentant la plume du romancier, il a signé Hermines et idées noires (Terre de Brume, 2000), polar politique prenant pour base les enjeux d’une certaine décentralisation… Schisme’n’Blues (Terre de Brume, 2003) plongeant le lecteur dans les arcanes les plus noirs du Vatican… L’Oreille de Denys (Rhubarbe, 2008), tentative pour penser notre société de communication en son fonctionnement hystérique…

Il est le créateur de la collection Polars&Grimoires (MD) – Enquête sur la LÉGENDE que publient les éditions Terre de Brume (Dinan) depuis 2011. Dans cette collection, il est l’auteur de Terminus Brocéliande , Korrigans Connection, et orphée.org.

Nouvelliste, ses textes ont été récompensés à de nombreuses reprises, notamment par le Prix Lire en Fête au Cinéma 2002 et par le Grand prix de la nouvelle universitaire Bretagne 2003.

Auteur jeunesse, il publie aux Éditions P’tit Louis la série Les Lutins Urbains (MD) à la suite de ses albums 7-77 ans – Lutins en milieu urbain, Lutins à la mode de Bretagne, Petit Bêtisier Féerique – privilégiant un merveilleux merveilleusement incorrect et invitant le lecteur à une réflexion sur quelques thèmes universels ».

 

Mon avis :

Je ne faisais que croiser le chemin des lutins urbains sur le net… Récemment, leur créateur m’a contacté par mail pour me demander si je voulais faire leur connaissance. Son texte en prose m’a fait sourire et c’est sans aucune hésitation que j’ai accepté de les inviter chez moi. J’écris « inviter » car contrairement aux services presse envoyés par les grandes maisons d’éditions, il m’a été demandé de renvoyer les ouvrages après lecture. Si la démarche est toute nouvelle pour moi, je trouve qu’elle renforce la cohésion entre les mangeurs de papier tout en renforçant l’envie du lecteur de découvrir cette oeuvre pour le moins originale.

Je n’ai pas lu le premier épisode puisque le colis ne contenait que les tomes 2 et 3 mais je compte me le procurer prochainement pour avoir une vision plus complète de l’histoire. Heureusement, que chaque épisode peut être lu séparément car j’aurais été déçue de ne pas pouvoir profiter pleinement de ce bond dans le temps en compagnie des farfadets.

Ici, le pouvoir de l’imagination est poussé à l’extrême. Penser à une créature suffit à la faire apparaître, en voilà un beau moyen de rompre avec notre routine ! Si seulement nous pouvions en profiter pour effacer nos actes manqués, nos addictions, nos erreurs de jugement, nos préjugés et cette fichue emprise que la société exerce plus ou moins sur nos vies.

Les personnages sont uniques, drôles. J’ai en tête la mystérieuse Loligoth qui a un look qui se rapproche du mien et Chelou, le rhino dépressif que j’ai trouvé très attachant. L’auteur déborde d’énergie, il dénonce des comportements honteux grâce à un sens de l’humour décalé, des jeux de mots intelligents et des apartés bourrées d’onomatopées qui donne aux lecteurs l’impression d’entretenir une relation privilégiée avec lui. Les quelques illustrations signées Godo aident à fixer cette dystropie dans les yeux d’un public sans âge.

Grâce à cette découverte, je me rends compte à quel point les lutins peuvent être malins. Faites-moi plaisir, ne vous laissez pas berner par la mention
« littérature jeunesse ». Acceptez simplement de sentir resurgir votre âme d’enfant. Plus qu’un coup de coeur, qu’un coup de foudre, j’ai pris une claque littéraire ! Vite ! Vite ! La suite !

Requiem pour Sascha d’Alice Scarling

Sous ses apparences de jeune femme bien dans sa peau, Sascha dissimule de lourds secrets. Orpheline, elle ignore tout de ses origines et surtout d’où lui vient son pouvoir étrange : elle peut posséder les gens d’un simple contact, qui lui suffit à échanger de corps. Elle s’en sert pour voler et traquer les vampires qui ont massacré sa famille adoptive. Jusqu au jour où elle rencontre Raphaël. Immunisé à son pouvoir (et à ses charmes), le mystérieux jeune homme va lui donner les moyens de sa vengeance… au risque de la conduire à sa perte.

J’ai découvert cette auteure complètement par hasard sur FB. Elle a tout pour me plaire. Elle fait de la fantasy urbaine, elle est française et un style… comment vous dire ? Très (très) moderne. En écrivant ces lignes j’imagine au moins UN directeur de maison d’édition faire des bonds…

Personnellement, moi j’adore, pas de chichi, d’effet de style, ni de rond de jambes, limite j’écris comme je parle et le dictionnaire est resté… Ben… A sa place en train de prendre la poussière.
Parlons des livres, parce que c’est une trilogie. Nous avons le tome 1 Lacrimosa, le tome 2 Dies Irae et le tome 3 Agnus Dei.
Les deux premiers tomes tournent autour de Sascha aux prises (dans tous les sens du terme) avec Raphaël l’ange déchu et Zekiel le cavalier de l’Apocalypse. Même si il y a des scènes plus que chaudes il n’y a là aucune vulgarité. C’est en sensualité, sentiments, sensations et passion. Pour certains/certaines d’entre vous, et je le comprendrai, c’est parfois un peu trop.
J’ai donc suivi le périple de Sascha, Raphaël, Zekiel.Trois personnages pleins, puissants, profonds. Tout au long des trois tomes, j’ai suivi leurs évolutions et sans vous en dévoiler plus, ça bouge, ça crie, ça pleure (trop?!), ça s’affronte, ça flambe de partout.
Par conte, Kevin… C’est léger quand même M’dame Alice !!! Il faudrait peut être un tome 2,5, très à la mode.
J’ai aussi beaucoup aimé l’humour et l’autodérision des personnages.
Le côté urbain est très cohérent, je me suis immergé dans les aventures de Sascha, de voir apparaître vampires, loups garous, zombies… Sans que cela ne me choque. Tout naturellement. Moi qui ne suis pas fan de zombies, la scène est juste… A sa place, super cohérente, même d’une logique imparable.
Vous l’avez compris, cette trilogie m’a beaucoup plus. L’univers et le style d’Alice Scarling en fait une lecture très agréable, fluide, et tout, et tout.