Walking Disaster – Jamie McGuire

Présentation de l’éditeur:

Avant de quitter ce monde, la mère de Travis lui a donné deux conseils : « Joue, et ne cesse jamais de te battre pour ce que tu désires. »

Favori des combats clandestins de toute la région, Travis a mis à profit une partie de l’adage. Mais entre cette violence et les histoires d’un soir, il ne reste aucune place pour l’amour… pas plus que pour la déception.

Alors qu’il se croit invincible, la rencontre d’Abby va faire vaciller toutes ses certitudes…

Il est grand temps de faire vraiment la connaissance de Travis Maddox

 

L’avis de Thychat:

Ayant découvert beautiful disaster en VO grâce au blog le monde de Francesca et ayant eu un gros coup de cœur, c’est avec impatience que je voulais découvrir l’histoire du point de vu de Travis.

Au départ, j’avais peur que le surnom de Abby me gêne. Poulette c’est beaucoup moins mignon que pige ou pigeon dans la VO, mais au final, on n’y fait plus attention tant les émotions sont poignantes. Encore une fois, Jamie McGuire nous signe un chef-d’œuvre rempli d’émotions et de sentiments.

Si nous revivons toute l’histoire à travers Travis, je n’ai pas eu d’impression de redondance, car j’ai lu le premier tome il y a bien 2 ou 3 ans. Je me souvenais de l’essentiel, bien sûr, et pour moi qui ne relis jamais un livre 2 fois je dois dire que la magie opère toujours autant. Par contre, je déconseille d’enchaîner les deux romans d’affilée, vous risqueriez de trouver trop de redondances.

J’ai adoré être dans la tête de Travis, une première pour moi qui suis généralement des personnages féminins, mais là je tire mon chapeau à l’auteur qui à admirablement bien retranscrit le point de vu masculin et, encore une fois, superbement décrit le sentiment amoureux. J’ai eu beaucoup de peine pour Travis comme dans le tome sur Abby que j’ai autant détestée à certains moments. Dans ce roman,  on comprend beaucoup mieux Travis et il passe moins pour un taré qui veut frapper tout ceux qui font un pet de travers. Bon, il faut le dire, un mec qui gagne tous ses combats et peut même éviter tous les coups de ses adversaires tellement il est fort, ça n’existe pas, mais ça rend notre Travis encore plus craquant 😉

L’auteur sait rendre les situations réalistes et crédibles. Nous sommes totalement emportés dans son histoire même si certains passages comme à Las Vegas paraissent totalement surréalistes. Les dialogues sonnent justes, les personnages sont très crédibles et attachants. J’ai encore plus aimé América et Shepley.

Si à certains moments Travis peut sembler trop acharné pour récupérer Abby, au final on savoure encore plus la fin.

Merci à Jamie McGuire pour cet épilogue parfait que je ne me souviens pas avoir lu en VO.

En résumé, une romance envoûtante,  poignante et réaliste qui fera palpiter votre petit cœur. Un gros coup de cœur.

 

Ma note:

10/10
En savoir plus sur http://www.1001chroniquesenfolie.com/pages/walking-disaster-jamie-mcguire.html#J5vKSr0Ww4mTss77.99

La Sorcière rouge tome 1 Primum de Léna Jomahé

Mais pourquoi moi ? J’étais bien dans ma petite vie d’étudiante. J’avais un job plutôt sympa et carrément trop payé pour ce que je faisais, une meilleure amie un peu frappadingue, mais que j’adorais, des parents aimants et présents, et il a fallu qu’il entre dans ma vie. Oui… Lui… ! Il est arrivé avec ses gros sabots et il a mis un énorme coup de pied dans mes certitudes, faisant voler ma vie en éclats ! Me voilà donc, à vingt-deux ans, à devoir sauver ma peau dans un monde totalement irréel. Des vampires, des sorcières, et puis quoi, encore ?! Des loups-garous, pourquoi pas, soyons fous ? Ah… ben oui ! Et franchement il est tellement sérieux… aucun humour ! Non, je vous jure… On est mal barrés !

 

Il n’y a rien à faire, j’adore la plume de Léna !

Bon… Dis moi Léna, maintenant que je t’ai brossé dans le sens du poil, qu’est ce que je vais pouvoir bien dire de ça ? Oui j’ai bien de ÇA !

C’est de l’urban-Chick-Bit-Lit-fantasy ! YES !!! J’ai créé une nouvelle (sous, sous, sous) catégorie littéraire. Vous l’aurez compris, ce livre est un mélange et un joli mélange de tout cela.
Bit-Lit parce que Erika a pour garde du corps (de très près) un vampire et qu’elle est pourchassée par un autre très méchant. Chick-Lit pour le côté très girly, et chieuse. Et pour finir Urban Fantasy parce que… c’est l’histoire d’une sorcière 😛 à notre époque.

Tout au long de l’histoire je voyais Léna se marrer en train d’écrire ce livre, pourquoi ? Certainement parce qu’elle est aussi peste que son héroïne.
Erika est un personnage comme je les aime et que vous aimerez, nous avons tous une peste dans notre entourage qui nous énerve mais que l’on adore. J’en ai une ! (Ou deux…)
A la différence des autres ouvrages que j’ai pu lire dans ce genre, j’ai toujours eu envie de gifler les personnages principaux, à chialer toutes les deux pages. Mais pas là ! Erika est entière, adorable, horripilante, avec un humour à deux balles, une grosse dose d’auto-dérision et complètement barrée (dixit Léna).
J’ai trouvé tout de même qu’elle prenait son nouveau statut de sorcière trop bien, trop facilement. mais bon… c’est bien fait quand même.

L’histoire tient debout, ça va de ce côté là, je ne vais pas faire le lourd, même si la fin du livre est pour moi trop rapide. Je m’attendais à une colère noire avec un déchaînement de pouvoir, et la situation d’Isabel un peu trop prévisible (aie ! mais je n’ai rien dit moi). Il fallait bien que quelque chose dérange le chieur professionnel l’être exceptionnel que je suis (po-si-ti-ve !).

Dans ce livre ce qui me plait le plus est la plume de Léna Jomahé, son style, son rythme, ça se lit tout seul. Tu ouvres, tu lis, tu pars dans l’univers de l’auteure, tu fermes et tu fais « m…e zut quoi ! »

Cette superbe histoire est clairement à destination des jeunes femmes entre 15 ans (pour les plus précoces 😛 ben oui, il y a quelques passage olé olé) à 25 ans. Mais les autres vous vous régalerez aussi.

J’espère que la suite arrivera vite avec certainement une réédition du tome 1 chez… chut ! (j’ai une petite idée) et surtout une nouvelle couverture, de ce côté je fais confiance à … (mais chuttttttttteu !). Mais je crois surtout qu’il va falloir être patient 😥
Une très bonne lecture que je conseille chaudement !

Anienda d’Alexandra Streel

Elwyn est un aventurier. Chaque jour, il parcourt les bois et forêts qui entourent la maison de son grand-père, jusqu’au jour où il découvre une porte mystérieuse, cachée dans la roche d’une grotte que seul le pendentif de son médaillon peut ouvrir …
Derrière, le jeune garçon ne le sait pas encore, s’ouvre un monde oublié, peuplé de créatures magiques qui va lui délivrer le secret de ses origines.

Avant de vous livrer mon avis sur ce roman, je tiens à remercier Alexandra Streel, l’auteure, qui a eu la gentillesse de me confier le premier tome de sa saga fantasy.
Pour commencer, je tiens à souligner que l’univers de ce livre est riche, fascinant, extrêmement bien décrit. L’auteure détaille les décors ainsi que les personnages avec force et précision, si bien que le lecteur baigne dans cette ambiance un peu elfique mais surtout magique.
Concernant les personnages, j’ai trouvé que le travail était inégal. Certains d’entre eux sont crédibles et attachants, en particulier Elwyn, le héros humain qui pénètre dans cette quête de façon un peu candide et qui s’affirme au fil des pages, à mesure que les gens et les difficultés se dressent sur son chemin. J’ai beaucoup apprécié aussi la petite Iryane et la relation presque fraternelle qui s’établit entre elle et le garçon. D’autres personnages, en revanche, manquaient de profondeur et de substance ou sonnaient faux, l’auteure voulant, sans doute, cultiver le mystère au détriment de l’empathie nécessaire au lecteur pour s’identifier.
D’un point de vue purement structurel, le récit est cousu d’actions que j’ai parfois eu du mal à relier les unes aux autres, dans un premier temps (je me suis demandé à plusieurs reprises où l’auteure voulait en venir), et puis, vers la fin, tout s’est éclairé et j’ai finalement pu mettre du sens sur les détails qui me gênaient. Avec le recul et la vision d’ensemble du premier tome, j’aurai préféré que le récit soit moins étouffé par des anecdotes du quotidien qui alourdissent considérablement le texte.
Question style, Anienda nous propose une lecture plutôt fluide et sympathique mais manque, par moment, de tension et d’intensité.
Au final, j’ai trouvé ce premier tome intéressant et convainquant et, même si la fantasy pure et dure n’est pas tout à fait mon genre littéraire de prédilection, c’est avec grand plaisir que je replongerai dans l’univers de cette saga avec le second tome.

Instinct, Tome 3, de Vincent Villeminot

Après la mort du professeur McIntyre, les trois amis partent pour les États-Unis afin que Tim règle les derniers détails de son ancienne vie. Shariff, quant à lui, n’est plus que l’ombre de lui-même. Alors, lorsque Flora intercepte un message lui apprenant que la bande de Paul Hugo sème le chaos un peu partout en Europe, le jeune garçon part seul dans l’espoir de venger son père. Mais que peut un homard de douze ans face à une meute de prédateurs déchaînés ? Tim et Flora parviendront-ils à rejoindre leur ami avant le carnage ?

C’est avec émotion que j’ai refermé ce troisième et dernier tome de la série Instinct.
Tristesse d’abord de devoir quitter ces trois héros hors du commun, tristesse ensuite car la fin de cette trilogie est aux portes du drame … Comme toujours avec Vincent Villeminot, il y a des morts. Dans les deux camps …
Le scénario de ce troisième volet est volontairement sombre, surtout que Shariff n’est plus d’attaque pour asséner ses petites citations caustiques et drôles. La chasse se transforme rapidement en vengeance personnelle et l’histoire s’emballe, laissant peu de place aux temps morts.
Du point de vue narratif, le rythme est donné. Les chapitres sont courts ce qui accentue l’impression de vitesse, de mouvement. La voix d’Inès apporte beaucoup de relief au début du récit. Il y a d’ailleurs à ce moment là un jeu de quiproquo intéressant qui sème le trouble dans la tête du lecteur.
Le final est brutal mais nécessaire, bien amené, si bien qu’il paraît naturel, même si le lecteur est comme les survivants, abattu !
En conclusion, la trilogie Instinct est captivante du début à la fin, sans véritable pause. C’est une œuvre cohérente et touchante que je vous recommande chaudement, surtout si vous êtes amateurs de thriller 😉

Ravensbrück mon amour de Stanislas Petrosky

Gunther, jeune artiste allemand enrôlé de force au moment de la construction du camp de Ravensbrück, en devient l’illustrateur officiel, obligé de mettre son talent de dessinateur au service des autorités nazies Rien n’échappe au crayon affûté du jeune homme : l’horreur des camps, les expériences médicales, les kommandos, les mœurs des officiers, la vie, la mort.

 

Le Corbac trouve qu’il y a du Merle (Robert cf La Mort est mon métier ) dans ce premier roman…
Le sujet est fort et le traitement violent. La réalité est dure et l’Histoire terrible. Mais ce qui aurait pu être un sempiternel bouquin sur les camps est en réalité une ode.
Ode à la vie, à l’amour, à l’espoir, et à l’art…
Pas l’art mortel de l’humiliation et de la perversion, ni celui de la souffrance et de l’ignominie. Encore moins celui d’un régime frénétiquement en quête d’extermination.
Non l’art de survivre et l’art de garder son humanité, celui de se préserver et de trouver dans chaque petit geste d’un quotidien imposé et noirci par les fumées des fours une once d’humanité.
Avec une plume taillée comme un crayon de graphite Stanislas Petrosky nous dessine une galerie portraits. Des haineux et des amoureux. Des forts et des faibles. Des dominés et des dominants. Des lâches et des courageux. Des humanistes et des avilis. Des charcutés et des opérés. Des battus et des massacrés. Des détruits et des qui tentent de se reconstruire…Après.
Parce que même si cela ne prend qu’une vingtaine de pages, le plus dur reste après.
Comment en sortir? Y survivre? Se reconstruire ? Re vivre si c’est possible…
Entre fusain et nature morte, planches anatomiques et dissection de la folie d’une époque Stanislas nous offre une peinture…fine et ardente, brûlante et terrifiante mais si belle!
Un roman sombre et noir que nos enfants devraient lire pour comprendre de quoi est fait l’Homme.

Nid de vipères – Edyr Augusto

Castanhal, dans l’État du Para. Afin de lui extorquer sa scierie, Wlamir Turvel, trafiquant en pleine ascension, tabasse Alfredo Pastri, puis viole sa femme sous les yeux de leurs enfants, Isabela et Fred. Ceux-ci jurent de venger leurs parents. Mais des années plus tard, Fred s’est installé aux États-Unis, s’est fiancé à une chanteuse et s’est éloigné de toute idée de revanche.
Isabela, elle, n’a rien oublié. Déterminé à aller jusqu au bout de sa vengeance, elle a suivi l’ascension de Wlamir Turvel, devenu l’un des maillons les plus importants du trafic de drogue dans l’Amazonie, et qui est depuis peu gouverneur de l’État du Para. Elle est devenue sa maîtresse. Elle est enceinte de lui. Elle connaît tous ses secrets. En éclatant, sa vengeance va tout emporter sur son passage.

 

Ce titre me fait penser à ce « jeu » consistant à plonger sa main dans un pot, un trou ou autre emplis de serpents venimeux et d’en ressortir sans s’être fait mordre. Ce qui évite de crever la gueule ouverte, en bavant et en convulsant ( ce qui est quand même fort peu agréable). Dans ce jeu tout est question de vitesse.
Vitesse c’est l’un des mots qui colle bien à cette histoire de vengeance. Parce le livre se lit vite; non non ce n’est pas lié à son épaisseur mais au rythme donné par Edyr. Ça c’est le premier point important ! L’histoire va vite, très vite. L’écriture permet d’enchaîner les actions et les réactions, les réflexions et les souvenirs et nous donne un rythme effréné, limite frénétique. Il faut aller vite si l’on veut s’en sortir, si l’on veut réussir à survivre parce qu’une fois au milieu de la fosse à serpents on se rend vit compte de la fulgurance de leurs réactions et de leur instinct de survie.
Ça c’est le deuxième point: les vipères ! Elles sont nombreuses, elles sont puissantes, possédant et l’argent et le pouvoir, sans scrupules elles ne pensent qu’à sauver leur peau et conserver ce territoire qu’elles ont chèrement conquis. Parce que ce roman est aussi un roman sur la force du pouvoir, sur la puissance de l’argent dans les sphères politiques, sur la reconnaissance ( en fait non sur le chantage et les secrets par lesquels la Sainte hiérarchie politico-financiere tient en laisse ses amis…)
Mais les vipères c’est aussi la manière dont cette vengeance est organisée : sournoise, vicieuse, violente. La proie ne voit rien venir parce que le serpent a pris le temps de se faufiler et de s’installer dans sa vie, de se lover dans un coin, au chaud, attendant juste de pouvoir enfin mordre quand l’occasion se présentera.
Le troisième point c’est la quantité foisonnante d’émotions qui transparaissent dans ce sombre roman. Vengeance, amour, fidélité, trahison, honte, humiliation, respect de soi, fraternité, pouvoir, influence….Oui je sais; cela fait un peu liste de course pour un épisode de Santa-Barbara…ben non. Non parce que cela est diffusé on compte goutte, judicieusement placé par petites touches au moment où on a besoin d’une pause, quand on aurait juste besoin de reprendre son souffle dans cette course effrénée.
Parce qu’au final c’est ça Nid de Vipères une course, un sprint final! Une cavalcade à la survie, une poursuite à la vengeance où le hasard n’a rien n’a voir tellement elle est préparée méticuleusement. Outre le récit d’un traumatisme qui se doit d’être purgé, Nid de Vipères est un roman Noir sur le jusqu’au boutisme, sur la force de volonté, sur la notion de justice et surtout sur le choix!!!
Choix d’agir ou choix de se terrer et d’accepter. Choix de conserver sa haine et sa rancune ou choix de passer à autre chose…
Un roman sombre sous le soleil, un roman Noir comme la bassesse humaine où le hasard n’est qu’une suite de petites circonstances adaptées à notre convenance…

Erenik de Yannick Neuzillet

Tout va pour le mieux à Erenik. La parcelle vit au rythme de la nature qui se montre des plus généreuses avec ses habitants. Mais quand le premier signe de déclin vient troubler cette quiétude, les Erins sont en émoi. Il s’avère que les sages vont devoir choisir celui qui devra quitter les siens pour enrayer les évènements qui les menacent…

 

Je voudrai remercier Yannick Neuzillet de m’avoir envoyé son livre.

J’ai aimé et pas aimé ce livre. C’est dur de dire ça ! L’auteur y a mis son âme, son cœur, son temps…

Pourtant le scénario est bon. L’histoire est bonne même si certains passages manquaient de développement.
Le personnage de Bost est vraiment bien travaillé mais tout ce qui tourne autour de Tano manque cruellement, surtout quand on connait la fin.
L’univers, le monde créés par l’auteur est cohérent, nous emmène, nous donne envie de voyager.

Mais là où je suis le plus mitigé c’est la fin. Deux lignes et c’est fini, C’est pour moi un peu brutal, ça m’a laissé sur ma faim.
Et dans le même temps j’ai adoré, parce que ça fini… Je ne m’attendais pas à ça.

Malheureusement je n’aime pas la plume, le style, le rythme. Les goûts et les couleurs…

Vous comprendrez que c’est une lecture mitigé. C’est un univers riche avec un personnage principal riche et une fin à couper le souffle.

Forget Tomorrow de Pintip Dunn

En ce jour anniversaire de ses 17 ans, Callie s’apprête à recevoir son souvenir du futur, celui qui révélera son avenir, sa vie. Callie voudrait tellement devenir un grand chef cuisinier … Mais lorsqu’elle s’assoit sur le siège, recouverte de capteurs, la jeune fille ne peut s’empêcher d’appréhender. Et si son souvenir du futur lui montrait un événement affreux ?
Non, ce n’est pas possible ! Cela n’arrive presque jamais …
Et pourtant, Callie va connaître l’inimaginable, elle sera une tueuse de sang froid ! A partir de maintenant, rien ne sera plus jamais comme avant …

Forget Tomorrow m’a plu immédiatement, dès les premiers mots de la première page. Le récit à la première personne du singulier, l’univers futuriste et machiavélique, le thème (Sommes-nous prédestinés à faire ou à vivre certains événements ou bien sommes-nous libres de choisir notre destinée à notre guise, à tout moment ?), le style … Tout n’a été que délices du début à la fin, ou presque.
L’histoire débute un peu comme dans Promise d’Ally Condie ou  Divergente de Veronica Roth, Callie, l’héroïne, est partagée entre deux feux. Elle se languit d’une part d’obtenir son souvenir du futur, de passer à l’âge adulte pour commencer cette nouvelle vie que la société lui a vendu comme fabuleux parce que sous contrôle, mais en même temps elle appréhende énormément ce moment qu’elle sait crucial, irréversible. Et puis, comme dans ses pires cauchemars, tout dérape et le récit plonge dans une sorte de Minority Report. le souvenir révèle le crime, complètement improbable, mais qui va conduire Callie en prison. Là, elle va bientôt réaliser que la société qui l’entoure n’est pas ce qu’elle espérait, qu’elle vit dans une dictature qui protège les « bons » citoyens pour mieux persécuter et étudier les autres, ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Dans ce contexte, et si elle ne veut pas accomplir ce pourquoi elle semble prédestinée, Callie n’a d’autre alternative que de s’échapper pour rejoindre une communauté de gens qui, comme elle, a choisi de sortir des sentiers battus. Ce qu’elle va découvrir alors va changer sa vision du monde et elle n’aura de cesse de se battre pour sauver sa famille, ses amours ainsi que … le sort de l’humanité.
Un premier tome très réussi qui plante le décor d’une dystopie et d’une romance qui s’annoncent des plus captivantes.
Un premier roman écrit d’une main de maître avec un style très affirmé.
Un univers à découvrir absolument !

Douze ans, sept mois et onze jours de Lorris Murail

Douze ans, sept mois, trois jours. C’est l’âge de Walden lorsque son père l’abandonne dans une cabane du Maine, au cœur de la forêt.
Pendant quelques instants, le garçon pense à une blague. Non, son père ne peut pas partir ! Et puis les minutes deviennent des heures. Jack Stephenson ne revient pas. Walden, terrorisé, se terre dans son abri … jusqu’à ce que ses premiers besoins le fassent sortir. Walden a soif. Walden a faim. Walden veut montrer à son père qu’il est capable de surmonter cette épreuve, comme un homme. Alors Jack sera fier de lui … à moins que …

Douze ans, sept mois et onze jours. Quel titre énigmatique ! Porteur de suspense … presque de terreur.
Le livre de Lorris Murail se découpe en trois parties :
– un prologue pour le moins étrange, que l’on ne situe pas bien dans la chronologie de l’histoire mais qui apporte un climat incroyablement intense et qui dessine le personnage du père comme un être profondément égoïste, intransigeant, froid et terriblement amer.
– un développement écrit presque comme un récit de vie où Walden décrit abondamment ses journées dans ce nouvel enfer qu’est devenue sa vie.
– un dénouement, enfin, dans lequel on retrouve le père et ses redoutables révélations qui font plonger ce roman vers un genre encore différent, celui de l’effroyable fait divers dont Jack est indéniablement le héros. Tout prend sens et le lecteur comprend alors qu’il s’est complètement fait manipuler, depuis la première ligne, par le style, merveilleusement précis, ainsi que par la structure du scénario.
Le final est bluffant et laisse le lecteur avec une impression étrange, entre soulagement et résignation.
Avec ce récit, Lorris Murail transforme un banal fait divers en un véritable thriller poignant ; il joue avec les jours d’une banalité affligeante et les relations tendues entre un père et son fils pour nous révéler sa conclusion si loin de tout ce que l’on avait pu imaginer au départ. L’effet est donc réussi, pour moi, mais je doute cependant que ce roman plaise aux ados, il est davantage construit pour un public patient et avisé … A bon entendeur !

Victor London – L’Ordre Coruscant de Patrick Mc Spare

Synopsis :

« 1867, Londres. Orphelin âgé de treize ans, Victor endure la triste vie des quartiers miséreux et s’évade en rêvant aux aventures d’Oliver Twist, son héros préféré. Quand de redoutables inconnus l’enlèvent, la réalité dépasse soudain la fiction. Deux ordres occultes rivaux, les Coruscants et les Impérieux, cherchent la force souterraine qui changera le monde. Dans l’Angleterre Victorienne, sciences et techniques secrètes se confrontent à la sorcellerie. Victor se retrouve otage d’une lutte sanglante.

Est-il vraiment l’Elu censé découvrir la Source ? Pour survivre, il devra intégrer les Coruscants, jusqu’à croiser celui d’entre eux qui se prénomme aussi Victor et répond au nom de Hugo. Mais cette fois, il ne s’agit pas de lire un roman. Le plus dangereux des voyages commence… »

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Patrick Mc Spare, est l’auteur de deux séries chez Scrineo. Les Héritiers de l’Aube et Les Hauts conteurs qui a connu un large succès ( Prix des incorruptibles, Prix Elbakin du Meilleur roman fantasy français jeunesse, finaliste du grand prix de l’imaginaire, Finaliste du Prix Chimère 2012, finaliste du Prix Garin des Collèges 2012 ).

 

Mon avis :

Avant de vous donner mon avis sur ce livre, j’aimerais remercier les attachés de presse des éditions Scrinéo pour leur disponibilité et surtout leur patience. Les retards et /ou les pertes de colis par la Poste sont un cauchemar pour les blogueurs. En effet, en raison de mon déménagement à la toute fin de l’année 2015, ce livre a dû m’être renvoyé à deux reprises. Je tiens également à préciser que Patrick Mc Spare a été très compréhensif face à cet imprévu.

Je ne dois certainement pas être la seule à trouver que la couverture de cet ouvrage est superbe. Croyez-moi sur parole, elle illustre parfaitement le contenu du roman et plus particulièrement la fusion volontaire de l’univers de la Fantasy avec celui du Steampunk.

J’avais hâte de dévorer cette œuvre. La finesse de la plume de Patrick Mc Spare est comparable à celle des auteurs classiques. L’histoire est très bien menée et cohérente. Le personnage principal ne peut se fier à personne ce qui donne lieu à bon nombre de rebondissements. Le rythme est haletant pour le plus grand plaisir du lecteur. Autant de qualités me font noter que Victor London – l’ordre Coruscant peut s’adresser à un large public.

J’ai beaucoup apprécié l’exploration des décors et des mœurs du Londres du XIXe siècle. Certains détails des mutations sociales et techniques sont inédits. Par ma part, j’avais par exemple, pris connaissance de l’existence d’un métro en 1836 dans des revues spécialisées au moment de l’écriture de mon mémoire de recherche sur l’évolution du mythe du vampire mais jamais dans un récit de fiction.

Le coup de cœur n’est pas passé loin mais malgré tous mes efforts, plusieurs développements m’ont manqué. D’une manière générale, je ne suis pas parvenue à m’attacher au héros ni aux protagonistes de second plan qui frôlent parfois la caricature.

C’est désormais à votre tour de plonger au cœur des mystères de l’époque victorienne…

 

Date de sortie : 15 octobre 2015. Éditeur : Scrineo. Collection : JEUNESSE. 295 pages. Prix du format. papier : 16,90€. Prix du format numérique : 9,99€. Le site internet de la maison d’éditions et le compte Facebook de monsieur Mc Spare : http://scrineo.fr / https://www.facebook.com/Patrick-Mc-Spare-Patrice-Lesparre-168207623333121/