Génération K, Tome 2 de Marine Carteron

Alors qu’ils se sont réfugiés au pied d’un Vésuve prêt à déverser sa colère, Kassandre et Georges se font enlever par les hommes de main de Karl Bathory de Kapolna, père de Ka et Directeur Général des laboratoires pharmaceutiques Biomedicare.
Emmenés au centre de recherches, les deux Génophores, porteurs de six gènes K qui les font appartenir à une nouvelle espèce d’hommes dotés de super pouvoirs, sont préparés afin de subir les expérimentations qui permettront à certains humains, les plus fortunés, d’élever leur génome à un rang supérieur et, surtout, de survivre à la pandémie qui menace d’exterminer la race humaine.
De son côté, Mina fait la connaissance du Maître ainsi que d’Enki, le quatrième Génophore. Ensemble, ils offrent leur sang à leur Créateur pour qu’il se régénère jusqu’à revenir à la vie…
Ce processus révèle à Mina son histoire, vieille de plusieurs millénaires et la jeune fille comprend que si le Maître se réveille aujourd’hui, c’est pour punir les hommes, comme il l’a déjà fait par le passé, de l’affront qu’ils font à la Terre.
Une catastrophe est sur le point d’avoir lieu… L’espèce humaine y survivra-t-elle ?
Les quatre Génophores ont le destin de l’humanité entre leurs mains… Quel choix feront-ils ?

L’histoire de ce second tome commence dès la couverture avec cette denture qui émerge des ténèbres, attirée par les filets de sang. Elle symbolise le réveil du monstre incarné par le Maître et l’offrande que les Génophores devront faire pour ranimer leur Créateur. Elle symbolise aussi le travail de recherches du père de Kassandre qui est prêt à sacrifier les porteurs de gènes K afin de s’enrichir et d’offrir aux plus fortunés la possibilité de surpasser leur condition d’être humain en devenant des Homo superior…
Une chose est sûre, ce deuxième opus commence sur les chapeaux de roue et entraîne le lecteur dans un récit légendaire où le présent trouve ses origines dans un passé lointain, presque ancestral.
Grâce à Enki et Mina, d’abord, la trame des enjeux est révélée. Le Maître est une sorte de Dieu vengeur chargé de punir l’humanité chaque fois qu’elle prend une mauvaise direction dans son développement. Avec Georges et Kassandre, c’est l’autre volet qui est exploré, celui de la supériorité de l’homme face à la nature, de la science qui surpasse la croyance. Et, au fur et mesure du roman, ces deux visions du monde s’affrontent dans les faits mais aussi dans l’esprit des Généphores qui doivent choisir leur camp ou trouver une nouvelle voie…

Ce tome est aussi le récit de l’acceptation.
Georges accepte son dragon, Kassandre, l’amour de sa mère, Mina, sa part d’ombre et Enki de s’écarter du chemin tracé.
Les quatre Généphores remontent le fil de leur passé, découvrent les liens qui les unissent ainsi que ceux qu’ils ont tissés avec le Maître au cours de leurs rencontres précédentes.
Ils réalisent l’importance de leur rôle dans ce présent chaotique tout en ne pouvant s’affranchir du passé…

D’un point de vue structurel, le récit revient sur des points laissés en suspens lors du précédent tome. L’histoire du quatrième Génophore, celle du peuple tzigane chargé de veiller sur le Maître ainsi que celle de Völva, Celle qui écoute, personnage secondaire mais déterminant dans la résolution de cette affaire.

Le style est séduisant par son efficacité mais aussi par la force des émotions qu’il transmet. Chaque voix a sa propre caractéristique et c’est ce qui cimente toutes les pièces de ce puzzle.
Même si les actions ne sont finalement pas si nombreuses, le rythme est là et il nous tient jusqu’à cette conclusion formidable qui nous invite toujours à vouloir connaître la suite.

Au final, Génération K Tome 2 est un roman fantastique young adult original qui se lit bien et vite. Il pose des questions de fond tant du point de vue étique que philosophique (eugénisme, place de l’homme dans l’univers, confrontation entre science et croyance…) sans pour autant perdre de son dynamisme. L’œuvre est sombre mais réaliste, cohérente ; elle résonne avec la réalité de notre XXIe siècle tout en s’appuyant sur les mythes qui appartiennent à une culture commune. L’approche jeunesse respecte les codes attendus sans tomber dans la caricature. Les personnages sont extrêmement bien choisis et bâtis.

A lire de toute urgence !

The Young Elites, Tome 2 : La Société de la Rose de Marie Lu

Après la mort d’Enzo, Teren , contre l’assentiment de sa Reine, décide de persécuter tous les Malfettos du royaume de Kenettra. De son côté, Raffael emmène les Dagues se réfugier dans le royaume de Baldain, près de la Reine Maeve, leur alliée. Ensemble, ils projettent de ressusciter Enzo et d’attaquer le royaume de Kenettra pour renverser Guillietta sans savoir qu’Adelina, dans le Royaume de la Nuit, envisage elle aussi de recruter une armée pour se venger de la reine et prendre sa place… Dans ce climat de vengeance et de lutte de pouvoirs, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui et tous les coups sont permis.

Dès le début de ce tome, l’auteure nous plonge dans l’action et la stratégie.
Si Adelina choisit d’essayer de conquérir le soutien d’Elites légendaires pour constituer son armée, Raffael, lui, s’appuie sur ses anciens alliés. Et tandis que la jeune fille se lance dans une quête où elle devra faire étalage de ses dons pour parvenir à ses fins, le consort accepte de vendre son âme à la Reine Maeve afin de rétablir ses rêves : placer Enzo sur le trône de Kenettra, tout en sachant que ce dernier, revenu du royaume des morts, ne sera plus qu’un pantin aux pouvoirs immenses. Dans un troisième temps, à Kenettra, Teren, bafoué par sa Reine à laquelle il n’obéit plus, ronge ses sombres pensées. Et la vengeance devient le leitmotiv de tous nos personnages pendant que la jalousie alimente les rancœurs…

Dans ce tome, on retrouve Adelina telle que nous l’avions laissée : isolée, marginalisée, assaillie par un pouvoir grandissant qu’elle peine à contrôler et qui la conduit peu à peu vers la folie.
Raffael, quant à lui, sort de son rôle de recruteur pour devenir ce « mendiant » prêt à tout pour rétablir son rêve, désormais inaccessible, de voir Enzo monter sur le trône. Dans son combat, il n’hésite pas à sacrifier son Roi, son Amour, pour contrer les projets de Teren et d’Adelina. Au cours de sa quête, il confie au lecteur son enfance, son parcours ainsi que ses faiblesses. Nous comprenons mieux ses choix , emprunts de jalousie et nous le découvrons sous un jour plus manipulateur, presque intriguant.
Teren perd ici de sa superbe. Destitué par sa Reine de ses fonctions de Grand Inquisiteur, il s’enferme dans son « racisme » à l’égard des Malfettos avant de virer de bord pour soutenir la cause d’Adelina par pure vengeance à l’encontre de la Reine.
Hormis ces trois grands héros, La Société de la Rose nous permet de mieux faire connaissance avec d’autres personnages, comme Lucent, Maeve ou Violetta.
Nous rencontrons également Magiano, cet imitateur un peu voleur qui tente d’épauler Adelina, et de Sergio, le faiseur de pluie rejeté par les Dagues.

Avec La Société de la Rose, Marie Lu choisit d’appuyer son roman sur la vengeance et la jalousie en utilisant les faiblesses de ces trois grands héros pour faire basculer l’histoire dans une ambiance sombre et machiavélique où la morale recule à chaque instant.
Le défaut majeur de ce livre est qu’il ne se passe pas grand chose dans ce volet pourtant conséquent… Et les seules actions conduites sont trop prévisibles…
Alors pourquoi ai-je tout de même adhéré à ce récit ? Pour son style simple mais indéniablement bien travaillé. Pour la profondeur psychologique des personnages aussi. Est-ce cependant suffisant pour continuer l’aventure ?
Seul le troisième et dernier tome me permettra de répondre à cette question. Une chose est sûre, j’attends de lui qu’il me transporte dans une bataille finale extraordinaire pour propulser cette œuvre vers le suspense qui lui manque.

Ombres funestes – Adrien English de Josh Lanyon

Synopsis : 

« Un beau matin, Adrien English, libraire et aspirant auteur vivant à Los Angeles, se retrouve face à un meurtre. Son ancien camarade de lycée (et employé) a été trouvé poignardé dans une ruelle après qu’il ait été vu en pleine dispute avec Adrien le soir précédent. Naturellement, les flics ont quelques questions à poser à Adrien. Ils ne sont pas vraiment impressionnés par ses réponses et, quelques heures plus tard, quand quelqu’un s’introduit dans la boutique d’Adrien et la vandalise, la police a tendance à penser qu’Adrien essaie de détourner les soupçons qui pèsent sur lui. Mais Adrien n’est pas dupe. Adrien sait qu’il est le prochain sur la liste ».

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Mystère m/m – Josh Lanyon est un auteur reconnu pour ses histoires alliant suspense et mystère. Adrien English est le premier tome d’une saga haletante, une des meilleurs séries M/M dont le succès outre-atlantique n’est plus à prouver ».

 

Mon avis :

Je suis membre d’un groupe très actif sur Facebook intitulé : Les passionnés de littérature M/M. Le premier tome des aventures d’Adrien English m’a été conseillé par Nathalie Marie. Elle aussi est auteure de romances masculines. J’avais d’ailleurs adoré Croire

Ombres funestes – Adrien English est un policier qui a eu le mérite de me délasser. Le personnage principal est un homme bien. Il est foncièrement gentil et honnête et nous ne pouvons que compatir au deuil de ses amis. C’est à lui seul, de trouver les preuves qui le disculperont de ces meurtres.

On ne s’ennuie pas une seconde car monsieur Lanyon a le sens du détail et de la délicatesse mais j’ai noté quelques erreurs de traduction et le trait qui sépare le texte des notes du traducteur m’a parfois dérangé : rien de bien grave !

Cette histoire de vengeance est très bien écrite. J’avais de sérieux soupçons quant à l’identité du coupable. J’ai apprécié le fait qu’elle ne soit pas centrée sur l’attirance qui existe entre Adrien et le mystérieux Riordan. Je commanderai surement la suite de cette saga en avril !

 

Date de sortie : 19 février 2015. Éditeur : Mxm Bookmark. Collection : Mystère. 227 pages
15€ / 4,99€
Site internet : http://www.mxm-bookmark.com

Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir de Judy Chicurel

Synopsis :

« Depuis sa rue de Comanche Street, à Long Island, Katie Hanson fait partie de cette jeunesse qui regarde de loin le rêve américain. Alors qu’en 1972 commence son dix-huitième été, que les soirées rallongent, que les rues et la plage s’animent, elle a le sentiment que sa vie reste en suspens. Ses pensées sont ailleurs, tournées vers sa mère qui l’a abandonnée, et vers Luke qu’elle aime secrètement et qui revient, transformé, de deux ans au Vietnam.

Entre les confidences de ses meilleures amies et les soirées au bar de l’hôtel Starlight où le jukebox entonne les classiques de l’époque, il y a pourtant de quoi la divertir. Mitch, vétéran à la jambe de bois qui noie son traumatisme dans l’alcool, y a élu domicile. Tous deux se lient d’amitié. Sous la chaleur écrasante et moite, le temps semble suspendu et propice à la réflexion sur la route à prendre, sur ceux qui nous entourent et que l’on va quitter ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Judy Chicurel écrit pour de nombreuses revues dont Granta et collabore souvent avec The New York Times et Newsday, entre autres. Dramaturge, ses pièces sont jouées à New York et elle est très impliquée dans la scène théâtrale new yorkaise. Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir est son premier roman. Elle vit à Brooklyn ».

 

Mon avis :

Les éditions NiL m’ont proposé de participer à la découverte du titre : Si j’avais su que tu deviendrais si belle, je ne t’aurais jamais laissée partir. J’ai accepté parce que le contexte historique du roman est intéressant et qu’il me change des années 1920, 1930, 1950 auxquelles j’aime prendre part le temps d’une lecture.

Ici, nous sommes en 1972, soit quatre ans avant la fin de la guerre du Vietnam. Les américains la considère alors leur premier échec marquant. De ce fait, je m’attendais à retrouver une certaine violence, une certaine lassitude, venant d’adolescents qui semblent avoir échoués sur une plage en pleine guerre froide. Je ne me suis pas trompée puisque pour venir à bout des mille et une questions qu’ils se posent sur un avenir qu’ils qualifient eux-même d’incertain, ils vivent à fond leur jeunesse en s’essayant à l’alcool, à la drogue et au sexe. Trop n’était jamais assez !

Katie en tant que personnage principal, est plus optimiste que les autres membres de sa bande. Elle refuse toutes les pratiques qui vont au-delà du joint d’herbe. Cela étant dit, je l’ai trouvé incroyablement naïve quand à ses relations amoureuses. Pourquoi attendre de dire les choses telles qu’on les ressent ? Qu’il s’agisse pour vous, d’un comportement normal pour son âge ou d’une raison de la trouver exaspérante, cela n’enlève rien au talent de cette nouvelle auteure qui nous offre un bel éventail d’émotions et des protagonistes complexes venant de tous les horizons dont elle s’applique à défendre le point de vue avec impartialité.

Restez à l’écoute de Prose-Café et de Crocbooks pour toujours plus d’idées lecture ;-).

 

Date de sortie : (16 mars 2017). Éditeur : NiL. 414 pages.
20€ / 14,99€
Site internet : http://www.nil-editions.fr

Heaven forest tome 1 Darkwood d’Andréa Deslacs

En cette fin du XIXe siècle, l’Empire de Double Breytain vit une révolution industrielle réfrénée depuis l’exploitation du manaschiste, combustible fossile issu des mines de Heaven Forest. Adieu le dieu charbon, la fée électricité répand ses bienfaits sur le monde grâce à l’ange manaschiste !
Ce siècle est celui des mutations : celles de la science et du mode de vie, mais aussi celles des gens… On note en effet de plus en plus d’anomalies physiques parmi les habitants de Heaven Forest. Cependant, cela préoccupe bien moins les autorités que de lutter contre les trafics de manaschiste afin de préserver les bénéfices des grandes sociétés. Ainsi pour renforcer les effectifs de police et combattre la criminalité galopante de Darkwood, l’inspecteur détective Rhys Overlake est muté dans cette vaste cité portuaire dédiée au commerce du précieux minerai.
Chargé dès sa première nuit de devoir résoudre un meurtre sordide et d’enquêter sur un botaniste sans histoire, comment Rhys aurait-il pu prévoir qu’il plongeait dans une croisade entre les mondes ?

 

Je voudrai remercier les éditions Hydralune et Andréa Deslacs de me faire confiance.
J’ai découvert Andréa Deslacs avec Les Cordes écarlates qui m’avait bouleversé.

Alors que dire de ce roman ?
Pour commencer, j’ai découvert un nouveau sous-genre du fantastique, le Gaslamp fantasy.
Mais Darkwood n’est pas que cela. C’est une uchronie steampunk fantasy de type victorienne avec une enquête policière au premier plan. Oui rien que ça.
Ça m’a fait pensé à la série Les Enquêtes de Murdoch sur France 3 à l’époque où je regardais encore un peu la télé.

Le travail et l’univers est énorme ! J’ai pu vivre dans ce monde tant les descriptions nous permettent de l’imaginer. Bon cela ressemble énormément à l’Angleterre du XIXè siècle.

Les personnages sont un peu caricaturés mais pas trop, ils sont ce que l’on attend d’eux !

Mais pour moi, c’est surtout le style, le rythme, la finition de cette histoire qui m’a bluffé.
C’est un des livres les plus aboutis qu’il m’a été permis de lire, même si c’est un peu académique comme façon d’écrire, pour moi.
Il a cet équilibre que j’adore entre l’histoire, l’univers, les personnages et les émotions qu’il distille.

Tout comme dans Les Cordes écarlates, j’ai voyagé. Je devais me forcer pour faire des pauses.
Je suis arrivé à la dernière page et… J’en veux encore !

Vous l’aurez compris, pour moi c’est un #CoupdeCoeur.
Faites vous plaisir en découvrant cette plume mais également ce livre.
Bonne lecture.

 

Six of Crows, Tome 1 de Leigh Bardugo

Embauché par le Conseil des Marchands de Ketterdam pour faire évader un scientifique qui a mis au point une drogue amplifiant les pouvoirs des Grishas, Kaz, le chef de gang redouté et sans scrupule, réunit autour de lui une équipe de cinq personnes aux talents particuliers mais aux objectifs très différents…
Si Jasper, le tireur d’élite, le fait pour rembourser ses dettes de jeu, Inej – dit le spectre ou le fantôme car elle se déplace en toute discrétion – utilisera l’argent de la récompense pour recouvrer sa liberté. Wylan, le spécialiste des explosifs, espère, lui, trouver dans ce groupe une nouvelle famille. Quant à Nina, la Grisha qui d’un mouvement de main intervient sur les fonctions vitales des gens, et Matthias, le chasseur de Grishas, ils veulent tous deux effacer leurs erreurs passées…
Ensemble, il devront trouver un terrain d’entente pour mener à bien leur mission, afin d’accompli ce pour quoi ils se sont engagés au péril de leurs vies.

Avec ce premier tome, la duologie fantasy Six of Crows démarre en douceur, presque trop lentement, en dressant le portrait de nos six protagonistes avant de les jeter dans l’action, redirigeant le roman vers l’accomplissement d’un exploit dans la veine d’un Ocean Eleven en plein milieu d’un monde magique.
Si l’intrigue n’est pas très originale, la profondeur des personnages ne manque pas d’interpeller le lecteur qui se laisse séduire par cette narration à cinq voix qui conjugue le passé, le présent ainsi que les espoirs de nos héros pour former une œuvre riche en émotions et en subtilité.

Le style de l’auteur est affirmé. Il dépeint un univers étrange, presque déroutant, auquel il faut se familiariser peu à peu. Il retrace aussi le parcours de jeunes gens que la vie n’a pas épargnés.

Souvent déçus par une société dépravée ou dictatoriale, obéissant la plupart du temps à un système de castes tacite, nos six personnages vont devoir aller au delà de leurs préjugés, de leurs peurs, de leurs certitudes aussi, afin d’accepter leur identité et tout ce que cela comporte.

Si les premiers chapitres ne m’ont pas spécialement accrochée par leur flou et leur éloignement du sujet principal, j’ai ensuite été happée par cette quête impossible puis par cette romance improbable entre Matthias et Nina, le prédateur et la proie dangereuse, qui entretiennent une haine passionnelle sans précédant. J’ai également apprécié connaître chacun des protagonistes, ses écorchés vifs qui sont prêts à tout perdre pour raviver l’espoir. Enfin, j’ai adoré le traitement, un peu scientifique, des questions magiques. J’ai trouvé cette approche différente de ce que l’on peut lire habituellement dans ce genre d’ouvrage.
La fin du roman m’a beaucoup surprise et promet un rebondissement à venir intéressant.
A suivre…

Young Elites, Tome 1 : Young Elites de Marie Lu

1361. Dans le royaume de Kenettra, Adelina est devenue une malfetto depuis qu’elle a contracté un virus qui lui a laissé pour souvenir une chevelure grise et une balafre à la place de l’œil gauche. Maltraitée par son père qui veut s’en débarrasser en la vendant à un inconnu dont elle deviendra la maîtresse, la jeune fille ne voit plus qu’une seule option pour échapper à sa vie : fuir, loin et vite… Armée de son seul courage, Adelina s’exécute mais son père la rattrape en plein coeur de la nuit. Il veut la ramener dans leur demeure quelle qu’en soit la manière. Acculée, l’adolescente tente de se défendre quand une force inexplicable lui vient en aide, terrassant son père. Arrêtée par les soldats de l’Inquisition, Adelina n’a plus aucune illusion quant à son avenir. Elle va mourir sur le bûcher… Ce qu’elle ignore, cependant, c’est qu’elle vient d’être repérée par une organisation secrète et rebelle : Les Dagues et qu’ils sont venus pour la sauver. En retour, ils veulent qu’Adelina use de son pouvoir pour leur cause, renverser le régime monarchique qui réprime les malfetto et en particulier les Elites, ces êtres aux étranges pouvoirs…

Avec ce premier tome de cette dystopie young adult fantastique, Marie Lu pose les bases de son décor et de son histoire avec force et caractère. Le lecteur y découvre une héroïne, Adelina, habituée à être exclue, prisonnière, rejetée pour sa différence et qui, du jour au lendemain, va être propulsée dans une sorte de confrérie rebelle dont les membres sont tous dotés de pouvoirs extraordinaires. Ensemble, ils luttent contre la monarchie afin de rétablir l’égalité entre tous les hommes. Perdue, déboussolée et en colère, Adelina perçoit d’abord cette organisation comme un cadeau tombé du ciel, le moyen d’avoir une famille, des amis qui la comprennent et l’apprécient pour ce qu’elle est. Alors elle fait des efforts pour s’adapter et être acceptée, aimée, protégée. Elle développe grâce à leur entraînement son don d’illusionniste avant de se rendre compte que son passé la poursuit… Repérée par l’Inquisiteur en chef, la jeune fille n’a d’autre choix que de devenir agent double afin de sauver sa petite sœur des griffes de la monarchie qui la retient prisonnière. Ballottée entre les deux camps, l’héroïne finira par y perdre son âme ainsi que ses illusions…

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié cette lecture à la fois fantastique et rythmée. Bien que le récit suive les codes attendus de la dystopie, ceux d’une faction qui s’insurge contre le pouvoir établi, il bouscule un peu les convenances en s’appuyant sur une héroïne sombre, qui n’a aucune conviction politique et dont les pas sont simplement mus par ses besoins ou ses émotions. N’ayant ni conscience du bien ou du mal, Adelina utilise essentiellement son don pour se protéger sans prendre le temps de réfléchir au bien fondé de ses actes, s’attirant du même coup les foudres de ses ennemis comme de ses amis. Ces derniers sont d’ailleurs assez bien choisis pour le déroulé de l’intrigue puisqu’ils campent des alliés dont elle devrait se méfier : un amoureux en perpétuel doute et un ennemi qui lui ressemble tellement…

Question décor, là encore, pas de réelle surprise. L’histoire évolue dans une atmosphère moyenâgeuse et merveilleuse tantôt romantique et tantôt guerrière.

Le style de l’auteure est agréable. Il se décline en phrases courtes et simples qui font la force des récits jeunesses.

Young Elites est donc un roman plaisant qui cache une conclusion originale et surprenante invitant le lecteur à poursuivre cette aventure au plus vite…

Les indésirables de Diane Ducret

Synopsis :

« Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne «la goulue», Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

« D. Ducret est romancière et essayiste. Elle est l’auteur des best-sellers Femmes de dictateur (Perrin, 2011), traduit dans vingt-cinq langues, La chair interdite (Albin Michel, 2014), ou encore L’homme idéal existe. Il est québécois (Albin Michel, 2015) ».

 

Mon avis :

Les indésirables est le dernier livre de Diane Ducret. Le résumé m’a sur le champ, donné envie de me le procurer. En discutant, j’ai confié à ma grande amie blogueuse sur http://laplumedejennifer.com une liste de trois titres que je pensais acheter prochainement. Je vous laisse imaginer mon ravissement lorsque le 10 mars, j’ai déballé mes cadeaux d’anniversaire au restaurant niçois Les Palmiers et que j’ai découvert les sourires timides d’Eva et de Lise. J’ai commencé ce roman historique romancé juste après ma fête et quelle claque !

Je n’avais qu’une vague idée de ce qu’avaient été les conditions de détention des personnes considérées comme ennemies du régime nazi dés le mois de mai 1940. L’écrivaine parle au nom des Combattants Républicains Espagnols, des Volontaires des Brigades Internationales, des Patriotes et Résistants Français, des Juifs Immigrés et des Juifs Allemands du pays de Bade et de ceux arrêtés sur le sol français par Vichy. C’est avec beaucoup d’application que le quotidien désastreux du camps de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques nous est conté.

Le récit est rendu plus vivant grâce aux lettres et aux chansons écrites par les réfugiés pour se soustraire aux privations, aux bases besognes et aux extrêmes climatiques. Le lecteur ressent de l’empathie pour ses compagnons de fortune qui sont si authentiques. Pour ma part, j’ai surtout éprouvé de l’admiration quand à la façon dont ils luttent contre la désespérance. La musique de cabaret insuffle un élan frénétique à ce lieu d’internement où la grâce féminine est trainée dans la boue. Finalement, de tous les préjudices qu’ils /elles ont subi, le plus dure à vivre reste celui de ne pas être un parent aimant mais parce que rien n’est jamais perdu, l’espoir renaîtra dans et à travers les yeux du petit Noé

J’en ai pris bonne note dans mon cahier de lecture, je dois urgemment mettre la main sur les deux volumes de Femmes de dictateur.

 

Date de sortie : 1 mars 2017
Éditeur : FLAMMARION. Collection : FICTION FRANÇAIS
311 pages
19,90€ / 13,90€
Site internet : http://editions.flammarion.com

Un Cri sous la glace de Camilla Grebe

Synopsis :

AVEZ-VOUS DÉJÀ PERDU LA TÊTE
PAR AMØUR ?

Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper,
qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main.
Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle.
Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve
dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée.
Personne ne parvient à l’identifier.

Peter, policier émérite, et Hanne, profi leuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.

Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre. À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ?

 


Quelques mots sur l’auteure :

« Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur et finaliste du prix Best Swedish Crime Novel of the Year. Un cri sous la glace, son premier livre en solo paru en 2015 en Suède, fut un bestseller dès sa sortie. Thriller captivant dans la veine des Apparences de Gillian Flynn, il est sur le point de devenir un phénomène mondial ».

 


Mon avis :

Je ne suis pas du genre à me laisser séduire par une illustration même lorsque comme ici, celle-ci correspond exactement à mes goûts. Ne vous y trompez pas, ce sont bien les commentaires positifs de mes copines blogueuses qui m’ont donné envie de lire ce polar nordique.

Je suis friande des textes qui ont pour fonction de sonder l’esprit humain. Emma, Peter et Hanne vont devoir faire face à leur plus grandes peurs pour résoudre une enquête difficile. Le temps s’efface avec de cette parenthèse pour le moins violente. Le(s) suspect(s) ne laisse(nt) pas de traces ni de preuves évidentes renforçant ainsi les frissons d’angoisse ressentis par ce cher lecteur.

J’ai franchement aimé la lenteur avec laquelle l’écrivaine sème les indices conduisant à l’identité du coupable. Ce premier roman est impossible à lâcher et sa fin est comment dire… épatante. Retenez ce nom CAMILLA GREBE.

 

Date de sortie : 1 février 2017. 448 pages. 21,90€ / 15,99€
Site internet : https://s2.netgalley.fr / http://calmann-levy.fr

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi de Laurent Gounelle

Synopsis :

Tout commence le jour où Alice, une jeune femme dynamique et audacieuse, retrouve son ami d’enfance, Jérémie. Devenu prêtre de campagne, il lui confie être accablé par le faible nombre de fidèles qui le suivent. Athée et conseillère en communication, Alice se met en tête de l’aider à sa manière. Amenée par la force des choses à se plonger dans le monde de la spiritualité, du christianisme à l’hindouisme, du taoïsme au bouddhisme, Alice va découvrir une vérité universelle particulièrement troublante. Une vérité concernant l’homme et la clé de son épanouissement, passée sous silence par les religieux, perdue au fil des siècles…

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Ancien spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis, conférencier à l’Université de Clermont-Ferrand, il a pendant de nombreuses années sillonné le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, chacun à sa manière, apporte des éclairages sur la question fondamentale entre toutes : comment s’épanouir et donner du sens à sa vie. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Ses romans sont des best-sellers traduits dans le monde entier ».

 

Mon avis :

Il y a quelques temps, l’administratrice du blog http://jess.livraddict.com avait signifié son grand intérêt pour l’oeuvre d’un homme qui aimer écrire sur la psychologie, la Programmation Neuro-Linguistique, les thérapies comportementales ou encore le Développement Personnel.

Dans Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, il est davantage question de spiritualité et de philosophie. Le discernement d’Alice est très utile pour aider son ami Jérémie à étendre le message du Christ au sein de sa paroisse. Elle pose des questions passionnantes qui m’ont rappelé mes cours de théologie. Comme elle, notre professeur s’appliquait à multiplier les analogies entre le caractère concret de l’existence et les différents niveaux de lecture des idées défendues par les représentants des religions monothéistes.

Ici le Christ, Lao Tseu et Bouddha pour ne citer qu’eux, encouragent le lecteur à se défaire de ses oripeaux. Il espère ainsi qu’il apprenne à se montrer reconnaissant envers la vie elle-même.

Je n’ai rien à redire concernant la version audio du dernier roman de L. Gounelle. Cependant, il va sans doute me falloir écouter un de ses anciens titres car la religion est un sujet qui me met immanquablement mal à l’aise. Cet article bien que positif n’est donc pas complètement objectif.

 

Auteur : Laurent Gounelle. Lu par : Ingrid Donnadieu
Version intégrale | Livre audio. Durée : 6 h 46 min
Date de publication :15/02/2017
Éditeur : Audiolib
Lien profond : http://www.audible.fr/mt/freetrial/?source_code=VER30DFT1BkSoMe121815000H / http://www.laurentgounelle.com