Les Lutins urbains tome 4 Le Péril Groumf de Renaud Marhic

Synopsis :

« On a volé le jouet préféré du pacha-héritier ! C’est en visite dans la Grosse Cité que le jeune prince du Pépettochistan a été dévalisé. Du coup, son père menace de déclencher la 3e Guerre mondiale si le responsable n’est pas retrouvé…

Voilà un travail pour Gustave Flicman. Car selon les autorités, aucun doute : encore un coup des Lutins Urbains ! De retour à l’Université d’Onirie, c’est pourtant un tout autre voleur que notre héros découvre…

L’étrange coupable et son complice, Le Troll, ne tardent pas à quitter la ville. En voiture Simone ! Gustave décide de suivre le duo. Il ne sait pas que l’attend le plus fou, le plus périlleux des voyages qu’il n’ait jamais imaginé… »

 

Mon avis :

Je suis très attachée aux Lutins Urbains. Dans cette quatrième aventure qui prend des allures de « road-trip », on connait le voleur. On sait aussi qu’il affectionne les bons vieux doudous. J’ai vérifié : les miens sont toujours à leur place ;).

Notre Gus. a reçu de l’avancement. Il est désormais responsable du Service de Sécurisation et Bien-être du Président. L’affaire du Groumf est surement la plus difficile de sa carrière. Pourquoi ? Et bien parce qu’il va devoir prendre ce drôle de Yéti en flagrant délit.

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé les personnages qui font toute la douce folie de cette série. Liligoth m’avait manqué au moins autant que la bonne humeur et les savoureux jeux de mots de l’auteur.

J’ai passé une amusante fin de semaine en compagnie du petit peuple. Le récit de leurs aventures est déjà sur le chemin de leur région natale. J’espère que la Poste va prendre soin d’eux et qu’ils reviendront bientôt dans le sud de la France.

 

Date de sortie : 22 mars 2017
Editeur : P’tit Louis. Collection : ROMANS FEERIES
Tranche d’âges : 6 – 9 ans
185 pages
9 €
Site internet : http://www.editionsptitlouis.fr

Les Primitifs tome 2 Prima de Laëtitia Laosakoune

Synopsis :

« Adam ou Emeric ?

Charlotte pensait n’avoir qu’à répondre à cette question.

C’était sans compter sur le jeu malsain du destin qui la poussera à reprendre la fuite aux côtés des Agnos.

Auprès d’eux, la jeune femme devra une nouvelle fois affronter des ennemis bien plus dangereux et nombreux que ceux rencontrés auparavant dans une réalité qu’elle ne pensait pas imaginable.

Echaudée par les actes passés, Charlotte ne se laissera plus diriger par personne… pas même par les Aubriac ! »

 

 

Mon avis :

J’étais désireuse de retrouver les frères venus tout droit de la préhistoire et de savoir si « leur humaine » avait gagné en tempérament. Dans ce tome 2, Charlotte semble en effet plus sûre d’elle. Elle a même eu l’opportunité d’améliorer de manière significative sa forme physique et on peut dire qu’avec tout ce qui va lui arriver dans cette suite, cela va lui être utile.

L’écriture de Laetitia a également gagné en précision. Je la félicite en particulier parce que le contenu de Les primitifs – Prima, ne correspond pas du tout à ce à quoi je m’attendais tout en étant fort intéressant. Il ne répond pas du tout aux questions que je me pose depuis qu’elle m’a confié son « bébé ». Pour une fois que je me laisse prendre au jeu d’une fiction romantique, le triangle amoureux est laissé de côté (à mon grand désespoir), c’est pour mieux exploiter le thème de la manipulation.

Ma lecture a justement été perturbée par la nouvelle direction que prend cette histoire. L’arrivée de nouvelles espèces appartenant de prés ou de loin à l’ordre des Templiers plus le fait d’avoir été complètement déçue par Adam et Emeric rendent cette expérience de lecture assez singulière. L’héroïne ne sait plus à quoi s’en tenir vis à vis d’eux et moi non plus. On n’y est pas encore mais j’ai presque peur de lire le troisième tome tant je crains d’être à nouveau dupée. Ce mois de mai promet d’être riche en émotions !

 

Date de sortie : 1 mars 2017
Éditeur : Les Editions Livresque
210 pages
4,99€ / 18,90€
Le Site internet de la maison d’éditions : https://www.editionslivresque.com

La Bibliothèque magique de Tia Cotant

Amandine, 13 ans, se rend dans sa bibliothèque préférée pour faire un exposé sur la bibliothèque d’Alexandrie. c’est alors qu’elle va faire une découverte surprenante: elle peut voyager à l’intérieur des livres. Suivez ses aventures dans divers romans et laissez-vous porter par la magie …

 

Bonjour à toutes et tous

Je voudrai vous parler d’une toute jeune auteure : Tia Cotant.

Dès les premières lignes, vous êtes immergés dans son livre. Vous êtes avec elle à déambuler dans les rayonnages de cette bibliothèque.
Beaucoup d’émotions m’ont parcouru, c’est vraiment une jolie plume, fluide avec une imagination…
Je suis passé du rire avec les 7 nains, à la tristesse avec Anne mais aussi à la nostalgie de ne pouvoir voyager avec Amandine.

Et cette fin !!! Excellent !
Vivement la suite.

Vous l’aurez compris c’est un réel coup de cœur pour ce livre à découvrir, qui est de plus à un prix très abordable.

Bonne lecture à vous.

 

Biblical de Christopher Galt

Hallucinations collectives ou fin du monde imminente… ?
Du jour au lendemain, une vague d’hallucinations balaie le monde : visions, spectres, flashbacks du passé… Au début, ces visions n’ont rien de remarquable. Il s’agit souvent d’objets égarés dans le temps, d’ombres distinguées du coin de l’œil ou encore d’aperçus d’amis ou de parents depuis longtemps décédés. Mais progressivement, ces manifestations ont tendance à se prolonger et à se répandre, à devenir plus saisissantes. Plus terrifiantes.
Alors que ces phénomènes prennent une tournure réellement apocalyptique et que le chaos généralisé menace, certaines personnes se réfugient dans la religion, d’autres en appellent à la science.
Seul un homme, motivé par des raisons intimes aussi bien que professionnelles, est en mesure de soupçonner la vérité. Mais ce que découvre ce psychiatre, John Macbeth, dépasse de loin les frontières de la religion et de la science. Et cela pourrait lui coûter sa raison comme sa vie…

 

Le livre commence dans la salle de réunion d’un grand laboratoire de recherches, lors d’une présentation de travail. Là, une équipe propose de pratiquer des tests psychiatriques sur un cerveau artificiel afin de mesurer les effets d’une pathologie donnée sur une I.A. isolée de toutes autres données…
Dans le même temps, partout dans le monde, une série d’hallucinations individuelles comme collectives tend à se répandre tel un virus lors d’une pandémie. Les conséquences en sont nombreuses : suicides, attentats, actes de barbarie, violences isolées…
Très vite, les meilleurs scientifiques sont invités à se pencher sur la question et parmi eux, John Macbeth, éminent psychiatre et membre actif du projet P1 en charge de mettre à l’épreuve la fameuse intelligence artificielle face aux maladies mentales que l’homme peut rencontrer.
A travers les témoignages d’une dizaine de personnes, de tout âge, de tout sexe et de tout milieu social, le lecteur chemine dans un patchwork d’expériences où se mêlent visions et réalité, passé et présent.
Si le début du roman est marqué par la structure du thriller, le développement s’essouffle en nous proposant une collection d’événements sans réel rapport les uns avec les autres. Le personnage principal, John Macbeth, y contribue aussi pour beaucoup, car il n’endosse que très tardivement le rôle d’enquêteur et de « sauveur ». La fin est brillante mais peu étoffée si bien qu’elle nous laisse perplexes quant aux intentions de l’auteur qui ne cesse d’opposer la science à la religion pour finalement remettre en question toute cette analyse en considérant les réponses apportées par l’I.A. comme une singularité négligeable.
Les personnages sont convaincants bien qu’ils n’apportent pas tous quelque chose au récit. Les témoignages de certains d’entre eux compliquent parfois le scénario inutilement.
J’ai tout particulièrement apprécié celui du docteur Hoberman qui était, selon moi, la pièce maîtresse de ce puzzle mais dont l’auteur a préféré se séparer…
Le style est agréable, parfois compliqué, mais la structure connaît trop de lourdeurs qui plombent la tension narrative.
Biblical est un roman de science fiction intéressant par les questions qu’il soulève et les concepts scientifiques qui le sous-tendent mais qui manque malheureusement d’intensité dans son fil narratif. Le potentiel était pourtant là…
Pour ma part, je ne trouve pas cette lecture décevante car elle invite à la réflexion philosophique et nous apporte beaucoup d’éléments d’analyse tant au niveau scientifique que psychologique mais j’aurais préféré qu’elle suive un scénario plus entraînant plutôt qu’un catalogue de témoignages qui ne révèle sa fonction qu’au cours des trois dernières pages.

A Kiss in the Dark de Cat Clarke

Alex et Kate se sont connus grâce au site internet de leur groupe de musique favori. Très vite, ils ont sympathisé et échangé leurs numéros de téléphone. Après de longues conversations téléphoniques et moult échanges de SMS, ils ont enfin décidé de franchir le cap : se rencontrer pour la toute première fois, lors d’un concert au cours duquel ils sont évidemment tombés amoureux. Cachant leur idylle aux yeux du monde, ils se retrouvent en secret… Ce serait vraiment romantique si l’un d’entre eux n’était pas un menteur…

A Kiss in the Dark est un roman qui se déroule en deux actes.
Le premier est raconté par Alex, une jeune fille de quinze ans, pas très bien dans sa peau, qui se cherche. Elle nous raconte sa rencontre avec Kate ainsi que les semaines de pur bonheur que les filles vont partager avant que le terrible secret d’Alex n’éclate. Car Alex est une fille ! Une fille qui ment, qui se travestit et qui se cache aux yeux de tous afin de préserver cet amour unique qu’elle a réussi à construire malgré son peu de confiance en elle. Page après page, elle nous montre son ingéniosité, sa culpabilité aussi… Puis, la situation se complique et Alex, convaincue par son frère, décide de rompre avec Kate au lieu de lui avouer la vérité.
La seconde partie du roman est conduite par Kate, cette jeune fille larguée par un petit-ami parfait. Éplorée, Kate veut comprendre et finit par se présenter de manière impromptue au domicile d’Alex où le pot aux roses éclate… Se sentant trahie et bafouée dans son honneur, Kate veut se venger. Alors quand l’occasion se présente, la jeune fille laisse courir de sombres rumeurs. Alex l’aurait agressée… Et la situation dégénère. Alex est arrêtée.  Kate s’enfoncent dans ses mensonges et chose incroyable, Alex la soutient…

Dès le début de l’histoire, Cat Clarke joue sur l’ambiguïté, laissant Alex s’exprimer comme s’il était vraiment un garçon. Puis, à mesure que la situation devient trop pénible à gérer, la vérité stylistique éclate. Alex n’est qu’une usurpatrice qui nous livre pas à pas ses choix, sa différence, ses ressentis ainsi que son désarroi, allant jusqu’à assumer un crime qu’elle n’a pas commis dans le seul but de se faire pardonner sa faute. Tout au long de ce passage, le lecteur n’a qu’une seule question en tête : comment Kate fait-elle pour passer à côté de la vérité ? Car sans être totalement honnête, Alex n’est pas non plus une as du camouflage.
Si les chapitres concernant Alex sont un peu longuets, se perdant dans les détails du quotidien, la partie exprimée par Kate est, quant à elle, complètement addictive à cause du second mensonge, presque pire que le premier, et, surtout, de ses conséquences désastreuses… A chaque page, Kate nous renvoie sa stupidité et sa honte. Honte de ne pas avoir vu, honte de ne pas avoir compris… Elle nous confie son immense chagrin qui commute finalement en vengeance personnelle. Le lecteur est alors saisi d’effroi en constatant que la jeune fille est résolue à aller au bout de sa démarche, qu’Alex va bel et bien être punie pour un crime, mais pas pour celui qu’elle a commis.
Dans ce livre, les deux actes se répondent par leur similitude. On y retrouve dans le même ordre : la souffrance, le mensonge, la culpabilité, l’entêtement et enfin l’abandon. C’est comme si les deux héroïnes se répondaient en écho, l’une faisant revivre à l’autre ce qu’elle a ressenti.

La force de ce roman réside essentiellement dans le choix des personnages qui sont touchants de naïveté et de candeur, qui sont aussi tellement humains. Ils dénoncent sans détour certains travers de l’homme comme l’égoïsme, la malhonnêteté, le manque de courage… mais défendent également certaines valeurs : l’amour véritable, le sacrifice de soi, le pardon, l’acceptation des différences…
Alors même si je me suis un peu ennuyée en accompagnant Alex dans sa trahison, ce livre m’a quand même touchée par les émotions qu’il dégage.
A Kiss in the Dark est une romance réussie, pleine de surprises et de sentiments qui donne matière à réfléchir sur nos prises de décision ainsi que sur les comportements que nous adoptons, en particulier face à la différence des autres…

Perfect world de Rie Aruga

Synopsis :

« Tsugumi, à 26 ans, est décoratrice d’intérieur. Un soir, lors d’une soirée de travail, qu’elle est sa surprise de retrouver autour de la table Hayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n’aura la force (et l’envie) de fréquenter un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle… »

 

Mon avis :

A quelques jours du festival « Nice Fictions », je bouillonne. J’ai du mal à me concentrer sur mes lectures du moment même si elle sont géniales. J’ai donc décidé de faire une pause manga.

Dans ce premier tome de « Perfect World » de RIE ARUGA, on assiste aux timides retrouvailles de deux amis de lycée. KAWANA se souvient bien des papillons dans le ventre qu’elle essayait de retenir lorsqu’elle était en présence d’HAYUKAWA. Ils aimaient discuter ensemble de leur avenir professionnel. Ils s’étaient perdus de vue mais le destin va les réunir. A l’approche de la trentaine, ils vont devoir collaborer sur un projet d’aménagement d’une maison qui abrite une personne à mobilité réduite. L’ancien basketteur connait bien ce problème puisque q’un accident de la route l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant. C’est avec la même maladresse que celle des gens valides que l’auteure pose les bases d’un scénario dans lequel le personnage principal est handicapé moteur. Ce n’est pas un reproche, juste une constatation.

Les graphismes sont très agréables à regarder. Ils illustrent vraiment les émotions de ces jeunes dont les humeurs sont changeantes.Tant bien que mal, ils luttent contre les doutes qui envahissent souvent leurs esprits et tentent de s’adapter à cette situation. A tord, ils pensent que la santé fragile du garçon peut nuire à leur amour naissant. Pour ma part, je pense qu’une infirmité quelle qu’elle soit, entretient l’attention que deux amoureux peuvent se porter au quotidien. J’ai bien aimé cette bande dessinée japonaise malgré une trame à l’eau de rose.

A suivre !

 

Date de sortie : 13 octobre 2016
éditeur : Akata. Collection : L.
6,95 €.
Site internet : http://www.akata.fr

Le Souffle des muses Livre premier La Gardienne des chimères de Sébastien Reymond-Laruinaz

Il existe un monde où les arts remplacent science ou magie. La musique, l’écriture, les parfums possèdent d’extraordinaires pouvoirs que les hommes ont appris à exploiter pour améliorer leur quotidien, se soigner, voyager et faire la guerre avec plus d’éclat… Dans ce monde, quatre grandes guildes dominent. Elles sont le creuset des arts, à la fois gardiennes du savoir et sources du progrès technologique. Présentes de manière visible ou invisible dans toutes les strates du monde moderne, elles en sont les véritables instances dirigeantes, conseillant ou contrôlant les gouvernements, se livrant une guerre froide continuelle pour gagner toujours plus d’influence et de puissance.
Gaelyn Hastin est une jeune chercheuse en féérie. Lorsque au cours de ces travaux elle essaye de mélanger les arts de différentes guildes, elle est immédiatement rappelée à l’ordre par ses pairs et placée sous surveillance.
Mais en essayant de brider la jeune femme, ils ont provoqué une réaction des plus hasardeuses… Têtue en phase terminale, Gaelyn refuse de se laisser museler par la Guilde des Jeux et prend la fuite, bien décidée à aller au bout de ses travaux. Et si le Monde n’est pas prêt, tant pis pour lui…

 

Voilà une façon originale de traiter la fantasy !!!
Et je remercie l’auteur de m’avoir confier son ouvrage.

Dans le même temps, je pense que ce livre aurait été plus sympa si il avait été traité de façon plus classique.
Malgré cela, le style est aisé à lire. Ce n’est pas un page-runner, ni addictif mais il se lit tout seul.

Parce que vous avez tout ce qu’il faut dans cet ouvrage pour passer un bon moment.

Des personnages attachants, surtout Gaelyn qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui ne comprends pas pourquoi elle ne pourrait pas créer un moyen de transport en faisant une recherche multi-disciplinaires. Et ce danseur énigmatique, anti-héro et traître devient malgré lui le protecteur de Gaelyn.

Nous sommes dans un monde figé par ses traditions tout en étant dictatorial. Cette société est faite d’intrigues, d’espionnages, de révolution et de trahisons, un peu à la vénitienne.

Malgré que ce soit de la fantasy, l’auteur s’appuie sur notre monde réel, nous nous retrouvons en terrain connu même si tout est un peu mélangé, on est dans de la fantasy tout de même.

J’ai passé un bon moment de lecture, que je vous conseille pour, au moins, son originalité mais l’intrigue et le style son les points forts de ce livre.

Vivement le deuxième livre !
Bonne lecture

La première Fois que j’ai été Deux de Archibald Ploom

Nous sommes au début des années 2000, Karen Traban est en Terminale et vit seule avec une mère dépressive. Elle est brillante, musicienne et adore danser mais l’amour n’est jamais au rendez-vous, les garçons de son âge lui semblent sans intérêt. Quand un jeune anglais, Tom, arrive au milieu de l’année scolaire dans sa classe, Karen le prend immédiatement en grippe… Elle ne sait pas encore que ce jeune homme si différent des autres va changer sa vie.

Tout d’abord, je tiens à remercier Archibald Ploom qui a eu la confiance et le courage de me confier son roman, ce qui n’est pas forcément chose aisée quand on est jeune auteur.

En ouvrant mon courrier, j’ai été surprise de découvrir une couverture un peu girly mais sobre, qui invite au voyage, tandis que, de son côté, le synopsis évoque plutôt une romance duelle. Et bien La première Fois que’ai été Deux est un savant mélange de tout cela…

Dans ce roman, le lecteur suit les pas de Karen, jeune fille de dix-sept ans, élevée par une mère dépressive qui a pourtant su lui communiquer sa passion pour la littérature, la philosophie ainsi que la musique des années 60 – 70. A l’abri des remparts qu’elle a érigés avec la somme de ses différences, Karen observe le monde qui l’entoure, celui du début des années 2000, avec maturité et discernement. Elle repousse les garçons tout comme l’amour, évite les fêtes et les débordements en tout genre… soucieuse de ne pas reproduire les erreurs de ses proches. Celles de sa mère, bien sûr, qui s’est retrouvée mère-célibataire du jour au lendemain et qui, depuis, traverse l’existence enveloppée d’un brouillard médicamenteux. Celles de sa meilleure amie ensuite qui collectionne les conquêtes comme pour cultiver ses désillusions…

L’univers de Karen, rassurant de routine, bascule le jour où Tom débarque de son Angleterre natale. Il est si loin de tous les garçons qu’elle a rencontré jusqu’alors… La suite n’est que logique : les deux adolescents reconnaissent en l’autre ce qu’ils cherchent depuis toujours. Leur histoire démarre lentement, dans la subtilité et le romantisme, puis s’accélère quand le jeune homme doit quitter la banlieue parisienne pour regagner sa vie londonienne. Karen l’accompagne, un peu malgré elle, à l’occasion des vacances scolaires sans savoir qu’elle s’apprête à vivre une aventure aussi éphémère qu’incroyable…

Ce récit linéaire, racontée à la première personne du singulier, plonge le lecteur dans la vie et les pensées d’une jeune fille sage mais idéaliste, qui dessine son existence comme un roman d’amour d’une autre époque pour vivre pleinement, sans compromis… la première fois qu’elle a été deux.

Si la structure du scénario souffre parfois de longueurs et manque ça et là d’intensité, elle rebondit cependant avec grâce sur bon nombre de sujets. Histoire, musique, vie amoureuse, société consumériste, politique, religion, philosophie… Karen passe au crible tout ce qu’elle observe et nous livre son analyse très mature de la situation.

Question style, il ne faut surtout pas s’arrêter aux tournures familières des toutes premières pages car l’auteur développe par la suite une plume subtile, très agréable, qui regorgent d’images et de références souvent émouvantes, parfois amusantes mais toujours justes et pertinentes. Les dialogues ont, quant à eux, été ma petite bête noire. Peu naturels et empruntés, j’ai trouvé qu’ils tombaient parfois dans le théâtral. Voire le caricatural.

Malgré ces quelques petites maladresses, j’ai apprécié ce voyage initiatique aux côtés de Karen. J’ai aimé prendre le temps de la découverte amoureuse, analyser le monde à travers les yeux d’une héroïne en décalage avec son époque, réfléchir à l’avenir avec une lucidité et un sang-froid enviable. Mais ce que j’ai surtout adoré, c’est suivre les mots jetés avec une grande élégance sur le papier…

La première Fois que j’ai été deux est une romance un peu vintage qui se déguste sur fond de rock’n roll à la lueur tamisée des bougies.

Ma Vie de (grand et parfait) Génie incompris de Stacey Matson

Arthur est en cinquième et depuis le décès de sa mère, il y a quelques mois, il s’est enfermé dans l’idée qu’il allait devenir, plus tard, un écrivain célèbre qui gagnerait beaucoup d’argent. Obsédé par ce projet, l’adolescent s’inscrit à un concours de nouvelles mais l’inspiration ne vient pas…
Les mois passent, l’échéance approche mais Arthur n’a toujours rien écrit. Ses proches pensent tous qu’il planche d’arrache-pied sur un projet énorme alors qu’en réalité le jeune garçon se débat pour trouver une solution au plus vite…

J’ai découvert la sortie de ce roman en consultant une masse critique Babelio. Aussitôt, le titre, la couverture et le synopsis de ce livre m’ont accrochée. Je me suis dit : « Tiens, voilà un roman jeunesse rigolo ! » et ni une ni deux, lorsque je l’ai aperçu sur l’étagère des nouveautés de la bibliothèque municipale, je me suis jetée dessus !
Si le livre démarre plutôt bien en tenant ses promesses, la suite se gâte… Arthur, le petit héros, reste dans son registre, cultivant son complexe de supériorité à l’excès, s’imaginant une vie qu’il n’aura jamais… Bien qu’autour de lui, ses camarades ainsi que ses professeurs essaient tous à leur manière de lui venir en aide, Arthur s’entête. Il est persuadé qu’il aura une aventure amoureuse avec Kennedy, sa partenaire d’écriture, et qu’il sera un écrivain célèbre ou, à défaut, un acteur célèbre, puisqu’il doit jouer Roméo dans le spectacle de l’école.
Durant les deux cents premières pages, il ne se passe pratiquement rien. Le lecteur assiste, impuissant, aux délires tantôt drôles, tantôt impertinents ou carrément lourds d’Arthur, qui tente de s’illustrer en classe de littérature, à la rédaction du journal du collège ainsi qu’aux répétitions de théâtre. Même si ses interventions sont touchantes et marquent sa profonde détresse, les obsessions d’Arthur finissent par agacer.
Pour pallier la monotonie du texte, l’auteure a choisi de multiplier les genres textuels en faisant cohabiter des lettres, des e-mails, des devoirs de classe ainsi que leurs consignes et leurs corrections, des pages du journal intime d’Arthur, des comptes-rendu de séances de soutien scolaire, des articles écrits pour le journal de l’école et des notes prises pour jouer le personnage de Roméo. Cet ensemble apporte une certaine dynamique qui aurait pu fonctionner s’il y avait eu davantage d’actions.
Les personnages sont soigneusement décrits par leur style littéraire, leur références, leurs arguments ou les conseils qu’ils prodiguent à Arthur. Chacun joue un rôle, qu’il s’agisse de la prof de français qui doucement mais sûrement va l’inciter à évoluer ou bien Kennedy qui va l’obliger à regarder ses erreurs en face ou Robbie, l’ennemi dont il va se rapprocher malgré lui en découvrant qu’ils partagent des problèmes communs…
Le récit se réveille sur la fin en nous apportant une conclusion optimiste car, malgré les apparences, Arthur a changé, il s’est finalement rendu-compte que ses rêves ou les promesses qu’il avait faites pouvaient évoluer pour mieux s’adapter à la réalité.

Au final, j’ai aimé le mélange de texte, le fait que chaque personnage se définisse par son style littéraire ; en revanche, je me suis profondément ennuyée… et je n’ai pas treize ans !
Ma Vie de Génie incompris est donc un roman intéressant d’un point de vue de l’analyse littéraire mais je doute qu’il trouve réellement son public parmi les adolescents d’aujourd’hui.

Les Fils du Vent – Livre VI La Fille du Magicien de Aurélie Chateaux-Martin

Khamsin a réussi l’impossible, il a déplacé Al Jadida au cœur du désert et sauvé la ville tout entière des envahisseurs qui se préparaient à l’assaillir… Alors qu’il s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire, émergent des souvenirs. Son passé lointain, par lambeaux, se révèle à lui, par le biais de son oncle, Gwalarn, décidé à faire la paix avec son passé et à reconstituer enfin la véritable histoire de sa sœur, la mère de Khamsin, Alizée, fille d’Esalf.

Ymelda, née Alizée, a grandi à Suly, au sein de l’Ecole Salâam, comme chaque magicien de sa génération. Protégée par le Doyen, Amalf, ignorée par son père qui ne sait pas qu’elle existe, elle ne s’en sent pas moins différente des autres enfants. Bien qu’elle ne sache pas qui elle est, bien qu’elle ignore sa véritable nature d’enfant des fées, la jeune fille découvre en grandissant son héritage, un héritage fait de pulsions et de passions. A Salâam, l’amour est défendu, la sexualité, un crime grave. Ymelda saura-t-elle résister aux désirs qui couvent en elle ?

Obstinée et persévérante, la jeune fille n’aura de cesse que de comprendre ses origines et de découvrir son père. Mais saura-t-elle lutter contre les lois d’un Ordre rigide qui l’empêche de rencontrer le jeune Esalf ? Pourra-t-elle en apprendre plus sur qui elle est vraiment ? Aura-t-elle un jour la possibilité d’exprimer son potentiel, qu’à l’Ecole on brime en refusant de la laisser explorer les arcanes cachées de la Magie ?

Peut-être… si elle parvient à passer au-dessus de l’immense fascination qu’elle éprouve pour Iros, ce jeune étudiant un peu plus âgé qu’elle, qu’elle ne parvient à aborder tant elle se sent timide et captivée en sa présence… Pourtant… pourtant quelque chose lui dit qu’il est la clef de son futur. Aura-t-elle le courage d’aller le trouver, et de le supplier de lui révéler ses secrets ? Mais qui se cache, au fond, derrière ce jeune homme aussi humble que réservé ? Plus qu’il n’y paraît, elle en est persuadée…

Avec ce Tome 6 de Les Fils du Vent, Aurélie Chateaux-Martin poursuit sa saga fantasy érotique à Al Jadida avec Khamsin. Nous retrouvons ce héros au prise avec la Coalition qui ne supporte pas de voir émerger une cité qui accueille ceux qui ont le Don afin de les former mais aussi où le droit des femmes s’exerce pleinement. Après avoir déplacer la ville dans le désert, Khamsin cherche des alliés. D’abord dans les Terres orientales, puis à Suly où bon nombre de magiciens ayant soutenu Iros, son père, se joignent à lui. Et tandis que la guerre fait rage, le Fils du Désert fait la connaissance de son oncle, Gwalarn, qui lui révèle l’histoire de sa mère.

A travers les pages du journal intime de ce dernier qui a enquêté auprès des proches de sa sœur, le lecteur remonte le temps et découvre Alizée, fille ainée de Esalf, enfant arrachée à sa mère pour rejoindre l’école de magie et l’Ordre dont elle ne souffre les règles, trop rigides.

Avec elle, l’histoire revient sur la jeunesse de certains personnages tels que Zephir, Esalf, Gwalarn et Iros mais aussi sur le fonctionnement de l’École de Magie de Salâam. Le lecteur y suit la progression d’une jeune fille rebelle, qui transgresse et manipule afin d’évoluer plus vite que de coutume, tant au niveau de la magie que du côté de la sensualité et de la découverte du plaisir.

Ce 6e tome est, à mon sens, le plus réussi de la saga. Le lecteur navigue entre magie et érotisme, entre guerre et compromis. La bataille est partout. Les sacrifices aussi. Dans le désert, aux côtés de Khamsin qui lutte pour défendre ses idées ainsi que les siens, mais aussi à Suly, dans le coeur d’Alizée.

La psychologie des personnages est toujours au centre du roman.

Personnellement, j’ai aimé entrer dans l’école de Salâam, suivre le parcours d’Alizée, participer à la naissance du projet d’Iros. J’ai apprécié également me battre parmi les Djinns et contre les Mages noirs afin de défendre des convictions. J’ai moins aimé, en revanche, la précocité d’Alizée et l’absence de romance dans le début de l’histoire. Même si je comprends les choix de l’auteure et la dimension dramatique qu’elle a tissée tout au long du récit, j’aurais voulu vivre un premier amour plus emprunt d’espoir, de rêve et d’absolu… Idéologies propre à cet âge.

La Fille du Magicien est un roman agréable à lire par sa fluidité. C’est aussi un récit prenant car Alizée entraîne le lecteur dans un tourbillon d’émotions.

Ce 6e opus de Les fils du Vent est donc un roman que je vous conseille, surtout si vous aimez les héroïnes fortes et convaincues. Le texte est cohérent et bien amené. La tension narrative vous fait tourner les pages à une vitesse incroyable.

A découvrir si ce n’est pas déjà fait 😉 !