Réveiller les lions de Ayelet Gundar-Goshen

Synopsis :

« L’homme, il le percute précisément au moment où il songe que c’est la plus belle lune qu’il a vue de sa vie ».

« Le Dr Ethan Green est un homme bien. Il sauve des vies. Il aime sa femme. Il adore ses deux petits garçons. Le Dr Ethan Green a de la chance : il est né du bon côté. Cette nuit-là, pourtant, le neurochirurgien prend la fuite après avoir percuté un homme sur une route, dans le désert. Le lendemain, la femme de la victime se présente à la villa du médecin : elle a tout vu. Sirkitt, qui partage une caravane avec d’autres clandestins soudanais ou érythréens, découvre un monde de confort. Cependant, ce qu’elle exige d’Ethan en échange de son silence ne se quantifie pas en argent… Alors que l’enquête sur le chauffard est confiée à son épouse, inspecteur de police, Ethan Green s’engouffre dans la mécanique de la double vie, sur fond de trafics, de violences – et de désirs inavouables ».

 

Mon avis :

Je me suis surprise à guetter la publication du fichier numérique de Réveiller les lions, le second roman de AYELET GUNDAR-GOSHEN sur https://www.netgalley.fr. C’était plus fort que moi ! Il fallait que je lise le second roman de cette écrivaine israélienne, en croisant les doigts pour qu’il soit aussi bon que le précédent intitulé Une nuit, Markovitch. Merci encore à NetgalleyFrance et aux éditions Presses de la Cité pour la transmission de cette avant-première.

Dans ce thriller humanitaire, on retrouve un neurochirurgien du nom d’Ethan Green qui, lorsqu’il décide de défier les dunes de sable au volant de son 4X4, percute un homme avant de prendre la fuite. J’ai pensé : comment quelqu’un, à plus forte raison, un médecin peut-il s’enfuir après avoir provoqué la mort d’une personne ? Puis, j’ai réalisé que cet accident était un prétexte trouvé par l’auteure pour mettre le doigt sur un sujet brûlant en Israel tout en exposant à l’air libre les failles de la nature humaine. Cette constatation a lentement fait dériver mon esprit jusque prés côtes de la Mer Rouge pour ne serait-ce que pour entrevoir la précarité chevillée aux corps des migrants africains. Sous les traits d’une belle érythréenne, nous prenons la mesure des émotions contenues dans ce titre de la Rentrée Littéraire. En lisant ce livre, je m’attendais à beaucoup de rebondissements mais certainement pas à ceux qui sont présentés ici. Croyez le ou non, j’ai écarquillé les yeux de surprise. Je croyais que  SIRKITT, la témoin et l’épouse de la victime allait demander une rançon en échange de son silence mais elle est bien plus maligne que ça. Cette femme mystérieuse que la vie a tant de fois malmenée a un tel aplomb ! Elle va obliger le bon docteur Green a soigner les plaies purulentes des clandestins qui, bientôt seront des centaines à faire la queue devant une sorte d’entrepôt désaffecté. Là, se pose les limites du praticien.

Les pages de cet ouvrage se referment sur son personnage principal à la manière d’un piège.  Bonjour les secrets, la culpabilité, les fantasmes et la violence, au revoir la vie de famille. L’écriture est dense. Derrière le jargon médical, j’ai reconnu l’humour et la poésie que j’appréciais déjà l’an dernier. Je me demande encore : comment un couple peut bien survivre a tant de mensonges ? C’est officiel les bibliophiles, AYELET GUNDAR-GOSHEN fait désormais partie de mes auteurs favoris.

 

Date de sortie : 7 septembre 2017
Editeur : Presses de la Cité
416 pages
15,99€ / 22,50€
Site internet de la maison d’éditions : http://www.pressesdelacite.com

Et un jour, disparaître de Frédérique Hoy

Depuis cet hiver 2010, les Verley tentent de survivre à la disparition de leur fille cadette. Si Agathe en particulier ne peut s’y résoudre, c’est qu’on n’a jamais retrouvé le corps de Juliette. Et alors que tout le monde l’encourage sur le chemin du deuil, sa rencontre passionnelle avec un homme plus qu’énigmatique va raviver le souvenir et l’obsession dans son cœur. C’est en tissant des liens avec le passé qu’elle finira par comprendre l’effroyable destin de Juliette.

 

Impressionnant roman noir -voire très noir ?- je l’ai lu d’une traite ! J’ai aimé l’écriture, le jeu des chapitres levant le voile sur l’histoire, nous laissant imaginer la suite pour les chapitres suivants, et nous surprenant par des rebondissements loin de ce que nous avions pensé. Félicitations Fred !!! Ma classe de neige avait un caractère plus enfantin, lol

Livre à lire ! J’adore la personne, et maintenant j’adore l’auteure ! 😀 Je suis impatiente de lire les prochains romans, noirs ou non

Pyromane (Wojciech Chmielarz – Agullo Noir – Traduction Erik Veaux)

À Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital.
Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotovs par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…

 

A y est Agullo a encore mis le feu.
Pyromane est un excellent roman policier tout ce qu’il y a de plus classique pourtant mais tellement bien construit.
Un commissariat et deux flics, des maisons qui brûlent, un hiver polonais bien rude et une enquête qui pourrait tourner à la Berezina pour le Kub.
Le Kub, sacré flic qui rappelle un peu ses confrères du Nord de l’Europe ( divorcé, des enfants etc etc) sauf que lui il picole pas comme un trou et se lamente pas tout me temps dans un état semi-dépressif.
Le Kub, un bon flic à l’ancienne: droit et honnête, un type comme les autres qui a foi en son métier.
Le Kub qui vit en colocation avec des étudiants, qui a tout laissé à son ex-femme, qui s’occupe de ses enfants comme il peut, qui mène ses enquêtes avec passion.
Le Kub nous fait visiter une Pologne qui comme chez nous se trouve gangrénée par des truands opportunistes, une Pologne qui semble encore arrêtée à la fin des années 80 et qui a du mal à avancer, à évoluer.
L’intrigue de Wojciech Chmielarz est magistralement bien construite. Il s’est fait le temps de 410 pages ébéniste pour construire un buffet massif à multiples tiroirs et fonds cachés. Tout y est ouvragé, fait de trompe l’oeil et de faux semblants. Les moulures dissimulent des dorures qui reposent sur un fond tronqué.
Les pages brulent les doigts tellement on veut avancer et comprendre cette intrigue qui s’étale comme un gros nuage de fumée. D’une affaire à une autre les braises se rallument parfois soudainement, parfois sournoisement pour nous enfumer dans les méandres d’une intrigue sournoise.
Pyromane est un véritable feu de joie pour les amateurs d’intrigues fouillées.
C’est un énorme coup de coeur et Le Corbac reprendrait avec plaisir une tasse de Kub.

Chroniques de la mort blanche L’Intégrale de Nicolas Cluzeau

Les magiciens, garants de la paix dans l’Archipel, désertent les Marches de l’Orlandie pour se réfugier dans leurs domaines des Franges féeriques. Pourtant ils n’y trouvent pas la paix. La mort blanche, fléau inexpliqué et implacable, qui ne décime que les êtres doués de magie, les infecte les uns après les autres. Derniers porteurs d’espoir, deux jeunes magiciens, un troll puissant et un limier humain se mettent en route vers la Tour d’Émeraude où ils pensent pouvoir trouver les clefs de ce mystère. Délaissé par les magiciens gardiens de l’ordre, le reste de l’Orlandie est à la merci du féroce seigneur Endrew qui se proclame Haut-Roi et menace de destruction tous les territoires qui refusent son autorité. De dangereux alliés l’assistent dans ses noirs desseins et l’Archipel sombre dans une guerre sanglante…

 

Encore une fois, merci aux éditions du 38 de m’avoir proposer l’intégrale des Chroniques de la mort blanche.
J’avais déjà écrit un articles sur le tome 1 ->ICI<-, il m’a semblé normal de lire la suite.

Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai dit sur le tome 1, je ne changerai pas un seul mot.

L’auteur nous propose un panel de personnage très intéressant. Il utilise bien sûr les magiciens, nécromanciens et autres trolls ainsi que d’autres races de sa création, par contre pas de nains ni elfes mais c’est pas grave :-D.
Nous avons deux personnages principaux et pour les autres M’sieur Nicolas nous fait tourner un effectif digne d’une équipe de football de ligue 1. Ça meurt à tour de bras mais ça revit aussi et ça re-meurt, si si je vous jure !!!
Attention, ce n’est pas une histoire de zombies.

Tout ce petit monde se mélange dans une société très évoluée où les implications politiques, les intrigues et complots ont un grand rôle à jouer dans une course vers le progrès.

En tout cas, nous avons ici un univers sombre, très bien monté. L’écriture est fluide, moderne.
Lire l’intégrale est peut être trop en une seule fois, toutefois j’ai pris un grand plaisir à le lire.

Bonne lecture !

 

Le Ferry (Mats Strandberg- Bragelonne)

Ce soir, mille deux cents passagers se réjouissent de faire la traversée maritime entre la Suède et la Finlande, à bord du ferry luxueux qui les emporte sur la mer Baltique. L’espace de vingt-quatre heures, ils abandonnent derrière eux leur vie quotidienne et se laissent aller à être quelqu’un d’autre.Mais le mal rôde à bord. Et au c?ur de la nuit, au milieu de la Baltique, il n’y a pas d’échappatoire possible. Surtout quand tout contact avec la terre ferme est mystérieusement coupé…Si face à l’adversité certains se comportent en héros, cette nuit fatidique fait parfois surgir le pire chez d’autres ? et à mesure que les disparitions inexplicables s’enchaînent, il devient vital que le ferry n’arrive jamais à destination…

 

ENFIN!
Enfin un suédois qui nous pousse pas au suicide, enfin un gars du Nord de l’Europe qui nous cause d’autre chose que des états d’âme d’un flic alcoolique, dépressif, divorcé etc etc….
Enfin un mec qui a de l’humour et qui crée autre chose…
Ok je suis de mauvaise foi: d’abord c’est pas drôle (quoique ce côté trash est quand même assez marrant…) et puis on n’est pas dans le même registre…
MAIS QUAND MÊME QUOI…
Le mec, Mats Strandberg, il te prend des trucs de base: un huis clos, des comportements exacerbés, des personnages typés et une situation de tension extrême…ben ça lui fait pas peur.
Déjà (vision française peut-être ) je les trouve pas caricaturaux ses personnages, limite je les trouve totalement « normaux ».
Puis après ce ferry est une réalité.
Je m’explique. Ma femme qui est prof d’anglais a souvent fait des trajets Irlande Angleterre en ferry, et elle me racontait que les gens passaient leur temps à picoler et faire la fête.
Donc ça c’est du vrai pour celui ci entre la Suède et la Finlande.
Et puis Mats il te reprend un bon vieux mythe qu’on avait remisé aux cartons ( la faute aux morts vivants qui reviennent en force…), il te le dépoussière et il te le rend sanglant à souhait.
Yep, Le Ferry c’est un super bouquin. La tension monte, les travers humains et l’âme de chacun sont mis à nus.
Ça tranche, ça gicle, ça éclabousse mais ça tâche pas. C’est du propre ( peut être qu’on aurait aimé un combat après la cuisine…) qui te fait stresser et te donne envie d’aller plus loin.
Un conseil ne prenez jamais un bateau avec Mats Strandberg, il vous mettrait les crocs.

FERRY GOOD FOR YOU

Voyage au pays de l’envie par Frédéric Marcou

Ce livre est un recueil de cinq nouvelles fantastiques teintées de science-fiction. Il se veut ancré dans la réalité tout en laissant une large place à l’imagination et à l’imaginaire.

 

Je voudrai remercier Frédéric pour m’avoir confié son recueil de nouvelles.

Ce qu’il y a d’original, c’est cette petite présentation/genèse à chacune des nouvelles.

C’est noir ! L’auteur l’annonce dans sa présentation, mais c’est également teinté d’un certain humour, ironie ou dérision.
M’sieur Marcou nous offre surtout une ambiance, une espèce de mal-être.

Une chose est sûr est que le style est moderne et se lit très facilement sauf quand il part dans un délire psychotique.

Pour les adeptes du Noir avec une pincée de fantastique, c’est parfait.
On n’en sort pas indemne !

Bonne lecture

« Waylander » tome 1 de David Gemmell

« Le Roi de Drenaï a été assassiné. Une armée d’envahisseurs déferle sur le pays, avec pour mot d’ordre de tuer hommes, femmes et enfants. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules de celui que la nation surnomme Waylander. Seul, il va s’aventurer en territoire nadir pour retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole de liberté.
Mais peut-on faire confiance à ce Waylander ?…
Après tout, c’est lui qui a assassiné le roi. »

 

Je pense que l’auteur n’est plus à présenter ! Ou alors vous avez vécu dans une grotte ces trente dernières années, mais j’espère pas pour vous …

Ah oui, au fait, je suis nouvelle dans l’équipe ! Enchanté. Ça biche pour vous ? Moi au poil !

Ce n’est pas ma première expérience avec Gemmell, j’avoue, mes autres lectures étant « Légende » (originalité bonjour !), tous les tomes du « Lion de Macédoine » (épique !!) et puis « Renégats » ( … no comment), et je dois avouer que si j’ai adoré le premier, les autres ont été très en demi-teinte, pour pas dire décevants. J’ai l’impression qu’entre l’auteur et moi, ce sera compliqué. Mais j’aime bien les défis !

Comme prévu, « Waylander » s’est révélé intéressant, dans le sens où il s’agit du premier tome de la série Drenaï si on s’amuse, comme moi, à lire le cycle dans l’ordre chronologique des événements (sinon je sais bien que le tout premier tome publié c’est « Légende », chut dans le fond !) et l’ayant lu, alors qu’il se déroule de très nombreuses années après les aventures de Waylander l’Assassin, et bien j’ai retrouvé quelques indices dans ce texte me permettant de penser que certains événements pourraient se dérouler … et de fait, je vous confirme qu’ils se déroulent bel et bien.

Oui enfin, je me comprends.

C’est difficile à expliquer. Disons que l’auteur a su créer un cycle étonnamment complet, et chacun des tomes semblent liés les uns aux autres malgré les siècles qui parfois les séparent, et les personnages principaux qui changent presque à chaque fois (bien qu’il y ait quelques têtes d’affiche, comme Waylander justement, ou Druss). Créer et travailler un tel univers sur une ligne temporelle aussi vaste, c’est quand même quelque chose de fou !

Mais il y a un petit bémol quand même. Pour moi j’entends. Dans chacun des textes que j’ai pu lire de lui, il m’a été difficile de me sentir concernée par ce qui arrive aux personnages. Ils me sont toujours distants, je n’arrive pas à éprouver grand-chose pour eux, ni même pour ce qu’ils traversent. Les actions et les situations s’enchaînent généralement trop vite, personnellement il me faut un peu de lenteur pour me laisser le temps de m’attacher aux protagonistes, et Gemmell n’en met pas assez. Il a tellement travailler la complexité de son univers, que c’est finalement ce qu’il semble y avoir de plus important, les personnages n’étant là que pour servir l’Histoire et le Temps de l’empire Drenaï, ainsi que de tous les pays, plus ou moins grands, qui gravitent autour.

A bien y réfléchir, ce n’est pas aux personnages que je m’attache, mais à Drenaï lui-même, à ce que vit ce royaume à travers les âges, les dangers et les guerres.

Ah oui les guerres, parlons-en un peu ! Faut bien reconnaître que le père Gemmell était un sacré stratège dans son genre ! Martin n’a rien à lui envier avec son Trône (nan mais si ça non plus vous ne connaissez pas, je ne peux rien faire pour vous là !) Parce que les batailles qu’il met en scène, bien que ce soit le thème principal de chacun des romans, ne se ressemblent jamais, c’est à chaque fois une redécouverte totale ! Oui, j’avoue, n’ayant lu que peu de livre du cycle ( … deux, en fait) si ça se trouve je me plante totalement mais que voulez-vous, j’adore me contredire ! Et puis, comme j’ai bien l’intention de lire tous les bouquins de la série, qui sont au nombre de 11 si je ne me trompe pas, et bien on verra, vous et moi, si j’ai raison ou pas, puisque j’ai l’intention de les chroniquer tous ! Si si, tous. Vous allez en souper du Gemmell avec moi mes pauvres ! (nan mais rassurez-vous, je ne chroniquerai pas que ça non plus)

Donc, dans l’ensemble, disons que : humainement, « Waylander » est un peu décevant pour moi, mais concernant le reste : l’Histoire, la complexité et les multiples possiblités d’avenirs nombreux qui s’offrent à nous grâce à tous ces indices distillés dans un simple tome, c’est stupéfiant ! Ebouriffant ! J’ai vraiment pris une claque sur le museau.

Il me semble que Gemmell est le seul auteur qui me fasse ressentir ça. Bon, il y a bien Robin Hobb et ses Six-Duchés, mais c’est différent car ses personnages sont vraiment les figures centrales de ses romans, au point qu’ils sont pour moi comme des frères et sœurs. Mais je tremble rarement pour l’avenir de son monde. Alors que là, j’ai clairement peur pour celui de Drenaï, et il me tarde de connaître la suite !

Je vous salue bien bas amis blogonautes (si si, ce mot existe, ne chipotez pas !) et je vous dit à bientôt !

Pourquoi, je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré

 » Je pars pour le Dakota du Sud. Direction Amsterdam, puis Minneapolis, où un troisième avion m’emmènera à Rapid City, ville située aux pieds des Black Hills, en plein territoire indien. Là-bas, une voiture de location m’attend. Je vais conduire jusqu’à la petite ville de Deadwood, pour y rejoindre l’hôtel que j’ai réservé en ligne, il y a quelques mois. L’établissement s’appelle le Mineral Palace Hotel & Gaming et possède son propre casino. Alors que l’avion décolle, mon esprit continue à s’interroger, à revenir en boucle sur tous les curieux événements qui m’ont poussée à entreprendre ce voyage.  »
Quand Sitting Bull apparaît mystérieusement dans sa cuisine, Claire, scénariste parisienne et mère de deux enfants, cherche à décrypter le sens de cette vision… Sa quête la conduit d’abord chez une chamane russe, puis auprès d’Ernie LaPointe, l’arrière-petit- fils du célèbre chef indien.
Ce périple insolite en terre sioux permet à Claire Barré de nous raconter, non sans humour, sa découverte du chamanisme et nous offre une plongée dans les coulisses de la création littéraire et de ses imprévisibles sources d’inspiration.

 

Je dédie cette critique à mon oncle JERRY, dont le grand père paternel était un indien des plaines d’Amérique du Nord. Nous avons souvent parlé de lui, tous les deux.

Dans « Pourquoi, je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull », Claire Barré nous fait part des circonstances et des raisons de son initiation au chamanisme. En ouvrant ce titre de la rentrée littéraire 2017, le lecteur devra faire preuve d’ouverture d’esprit si il veut saisir les subtilités de cette histoire très personnelle. Rassurez-vous, l’écrivaine sait mettre les formes pour raconter les effets de cette pratique centrée je crois, sur la méditation entre le monde des hommes et celui de la Nature, des morts ou des divinités…  Ce n’est pas tout, car on en apprend aussi beaucoup sur son métier ainsi que sur l’histoire des amérindiens.

Doucement apparait en filigrane, la question de la rationalisation des esprits occidentaux. Je n’entre pas dans les détails car je considère que un voyage à accomplir seul(e). L’expérience peut vous plaire ou vous rebuter complètement… Personnellement, j’ai trouvé cette lecture vivifiante. Après coup, je m’interroge encore sur l’identité de mon animal totem et sur les aptitudes réelles d’un « passeur d’âme » car il semblerait que j’ai certaines connexions avec l’au-delà.

En commentaire sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à me dire ce que vous feriez en apprenant de source sûre, que vous êtes médium ?

Comme un blues (Aníbal Malvar- Asphalte- Traduction Hélène Serrano)

Un soir d’hiver 1996, à Madrid, Carlos Ovelar, propriétaire d’une agence de photographie, reçoit un étrange coup de téléphone. Le mari de son ex-épouse lui demande de les aider à retrouver leur fille Ania, âgée de 18 ans et introuvable depuis plusieurs jours. Ayant passé quelques années dans les services de renseignements espagnols, Carlos accepte de mener l’enquête.

 

Il est beau ce livre; pas triste pour un sous mais plutôt nostalgique.
Il est beau comme le passage de l’automne à l’hiver, quand le climat se mortifie pour mieux ressusciter, quand la végétation se transforme et se parre des couleurs du deuil, quand le poids de la nuit trop vite tombée pèse sur le moral des gens, les fait se retourner sur leurs printemps passés, sur leurs étés regrettés.
Comme un blues c’est lent et minutieux, c’est insidieux et bourrelé de regrets, sombre et si éclatant pourtant.
Comme un blues c’est une promenade dans l’Histoire post franquiste de l’Espagne.
Comme un blues c’est l’histoire de Carlos Ovelar, photographe madrilène que son passé rattrape par le biais du mari de son ex-femme.
Comme un blues c’est un état des lieux d’une Espagne qui n’en a pas encore fini avec son histoire, qui se voit corrompue petit à petit malgré les convictions de chacun, qui se voit rongée par la corruption, la drogue et la raison du plus riche.
Comme un blues c’est la remise en question d’un homme qui se regarde enfin dans une glace et qui ose se dire les choses en face.
Comme un blues c’est la paternité mal venue, c’est l’amour rejeté et sali, c’est l’espoir qu’avec les années passées on puisse pardonner ou comprendre.
Comme un blues c’est la colère, le dégoût, l’amitié, les liens de l’honneur, la reconnaissance des erreurs commises, de l’aveuglement stupide et accepté.
Comme un blues c’est un homme en quête de son pardon au travers d’une enquête qui remue toute la boue et la fange de son passé.
Comme un blues c’est un très grand roman de Aníbal Malvar.
A lire avec une bouteille de Jack et un bon vieux disque de Keith Jarret

Saga Le Sang des 7 rois de Regis Goddyn

25 juillet 806

Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable, ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.

 

Cela faisait plusieurs fois que cette saga m’attirait mais 7 tomes quoi !

Après avoir lu la saga, j’ai fait le tour des différents avis pour les confronter au miens. De manière général, j’ai à peu près le même. J’ai lu un avis qui démontait le tome 1, il fait mention de (trop de) références. Certes. N’ayant jamais lu les « classiques »… Je ne saurai vous le confirmer. Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est que quand on se lance dans une série de 7 tomes, il faut s’attendre à des longueurs.

Bien sûr qu’il y a des choses que je n’ai pas aimé, comme le côté très/trop descriptif de l’auteur. Autant j’aime savoir dans quel univers je me trouve autant me gaver de détails sur les tenues, ou un paysage… m’endort.

Mais heureusement l’auteur cesse assez vite, du moins compte tenu des 7 tomes. Parce que pour moi, on ne peut s’arrêter au tome 1, il faut lire toute la saga.

Bon je vais arrêter là la comparaison avec les autres lecteurs et vous parler de mon ressenti.

Alors ! Je me suis enfilé les 2450 pages en l’espace de 10 jours. Sincèrement, à part les longueurs et le descriptif, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu une aussi bonne saga de fantasy médiévale.

Les personnages sont traités d’une façon dont je n’avais pas ou peu vu. C’est à dire que tu es dans leurs réflexions, leurs sensations et émotions. Entant ordinaire, tu assistes à leurs évolutions. Mais ici l’auteur t’emmène dans leur tête, tu es eux, c’est toi qui vis cette épopée.

tu es donc à une époque médiévale, l’action se déroule de façon très classique et puis vient un chapitre… Tu te demandes ce qu’il fait là. Une coquille lors de l’édition. Puis tu continues à lire et tu t’aperçois que ce drôle de chapitre fait suite au déroulement de l’histoire. Plus rien à ce sujet pendant 200 pages et re… V’là que ça recommence mais en plus long, plus détaillé. Toi mon gars t’es en train de m’embrouiller et ça devient énorme.

Le rythme rend l’histoire addictive. Tu passes d’un personnage à un autre qui te laisse en haleine. Du coup tu lis, et lis, tu fais défiler les chapitres, les tomes jusqu’à la délivrance. Dans le 7ème tome, le rythme est un peu chaboulé, mais n’enlève rien.

Le style est assez moderne, fluide. Les noms, les lieux sont à la portée. En sommes, la plume se laisse facilement lire.

Une fois les 7 tomes avalés, une chose m’est venue à l’esprit. Je ne suis pas forcément un adepte, j’ai eu l’impression de regarder une partie d’échec. Il faudra que l’auteur m’en dise plus.
Les cavaliers deviennent de simples pions qui se font massacrés, les rois sont en fait des fous ou des tours. Des pions qui sont des cavaliers. L’auteur nous balade, nous fait tourner en bourrique pour au final s’apercevoir que le fou est.. le roi.

Bon j’en ai assez dit comme ça !

Si vous aimez de la bonne fantasy médiévale, jetez vous sur cette saga, vous ne serez pas déçu.

Bonne lecture