Ça Commence comme ça de Claire de Lille

Qu’ont en commun, un pont, une elfe, une fée, un ogre, un dragon, un panda et une petite boîte noire ? Rien sinon qu’ils sont tous nés de la plume de Claire De Lille et se débattent dans ses univers étranges, souvent teintés de fantastique. Voici un recueil de vingt-trois nouvelles originales qui réunit les premiers textes de l’auteur, pour les plus grands comme pour les autres.

Ce recueil n’existe qu’en version papier.

 

Mon avis:

   C’est la première fois que je lis un recueil de nouvelles, ah non, je raconte une bêtise. J’en ai déjà lu un autre, mais cela fait longtemps et ce n’était pas du tout le même style : « Les contes du jour et de la nuit » de Maupassant.

   Bref, tout ça pour dire que j’en lis rarement. Et c’est sans doute une erreur, moi qui peste toujours après les sagas dont il faut attendre la suite.

   Les histoires de ce recueil « ça commence comme ça » sont épatantes. Et même si elles sont courtes, on entre facilement dans l’action au point qu’une fois fini, on aimerait en savoir davantage.

   Elles étaient amusantes pour certaines, glauques pour d’autres, mais une chose est certaine, elles m’ont amené à me poser des questions sur des aspects de notre monde, ou de nos connaissances.

   J’en retiens deux en particulier « Rituel barbare » (sûrement parce que je suis une femme) et « Clochette » (cette dernière était bien trop courte pour moi).

    J’ai passé un très bon moment en compagnie de la plume de Claire de Lille, une plume riche et simple à la fois qui se lit avec envie et addictivité.

   Je vous conseille ce recueil. Ça change !!!

 

 

Obia de Colin Niel

En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.

 

La Guyane…ben la Guyane ça me parle pas, sauf que c’est de là-bas que partent plein de fusées, qu’il y a la forêt amazonienne, qu’il fait chaud et humide. La Guyane je sais aussi que c’est un département français qui se situe sur continent sud-américain. Il y a quelques années j’avais proposé à ma femme (elle est prof!) de faire une demande de mutation là-bas: elle a refusé.

Ben elle a bien fait je me dis maintenant que j’ai tourné la 491 ème et dernière page de ce roman fleuve. C’était facile comme vanne mais c’est surtout important car ce fleuve court entre la Guyane et le Suriname et qu’il en charrie des drôles de poissons.
Des dangereux, des beaux, des innocents, des malheureux, des familles complètes et des solitaires, des qui sont en ballade, d’autres en quête, des perdus et des qui se noient…plein plein!

Finalement ce pays ne ressemble pas vraiment à un lieu de villégiature pour métropolitains en recherche d’exotisme. Non la Guyane, comme le raconte très bien Colin, est un état à part entière avec son histoire, chaotique et sanglante, avec ses populations mixtes, locaux et immigrés, avec ses croyances et ses langues. C’est un département français plus sombre, plus noir (je sais celle là aussi est facile) que son pays de rattachement.
Et pourtant.

Pourtant au travers de ce roman policier mettant en scène une galerie de personnages atypiques l’auteur nous plonge dans une tragédie historique, un drame amoureux et une enquête judiciaire digne de la France européenne.

La qualité de l’intrigue, les rebondissements, la touffeur de l’histoire et des réminiscences de l’Histoire de ce département se mêlent avec brio en une écriture stylisée par la culture locale, sans lourdeur et sans ennui.

Ces destins qui se croisent comme autant de chemins ou sentiers perdus au sein de la forêt nous emmènent dans l’horreur. L’horreur de l’Histoire, l’horreur des convictions politiques, l’horreur des traumatismes post guerre, l’horreur des chagrins et d’une jeunesse désenchantée.

Merci Mr Niel pour cette splendide promenade sous la futaie des forêts que vous connaissez si bien et que vous savez nous décrire sans excès de style, merci pour ce récit de ces vies toutes marquées par le passé, leur passé, un passé.
Merci et la prochaine fois que vous déciderez de nous y emmener je veux bien porter vos valises.

La Geste du sixième royaume d’Adrien Tomas

Cinq royaumes se font la guerre depuis des générations, ils s’unissent enfin pour détruire le sixième situé en leur cœur, une immense forêt sauvage dont on dit qu’elle abrite toutes les créatures des contes et des légendes. Mais voici six personnages aussi différents que l’eau et le feu qui se découvrent les protecteurs du Sixième Royaume.

 

Ce livre est énorme !

Pas seulement dans son volume, 694 pages au format poche sans quasiment aucune marge. J’ai mis un temps fou à le lire !!!

Mais il est aussi énorme par son histoire. De la pure Fantasy avec ses elfes, ses nains, ses humains, dragons et autres créatures; et bien sûr sa guerre.

Il n’est pas question d’une guerre entre le bien et le mal, non ! Non ! C’est bien plus subtile que ça. Pour schématiser, c’est une guerre entre deux Êtres primordiaux, le monde du rêve et celui du progrès, la création et la destruction. Mais tout comme une guerre entre le bien et le mal, le rêve ne peut vivre sans le progrès et vice versa. L’anéantissement de l’un provoquera la décadence de l’autre.

Le concept est très intéreesant

Le rythme est surprenant. Les chapitres se succèdent rapidement mais ne concernent le vécu que d’un seul personnage. On y découvre qui ils sont, leurs aspirations, leurs passés, leurs évolutions et leurs émotions. Ils sont nombreux et superbement bien construit (sauf peut être Moineau).

Tout y passe. Les stratégies militaires, les intrigues et les complots, les amitiés et les trahisons, les croyances, l’amour et la folie, les émotions et sensations. Adrien Tomas nous offre un superbe livre complet.

Comme je le disais plus haut, c’est de la pure fantasy, de la High Fantasy pour les puristes. C’est du grand, du gros, du fort. Pour les fan du genre, jettez vous deçu !!!

 

La dynastie du royaume de Floss tome 2 Sarina de Margot Aguerre

Kahena a instauré une paix fragile sur ses terres mais entre jeux politiques et complots, le pays semble sur le point de basculer dans un nouveau conflit. L’ombre de Veinar plane sur le royaume. La reine de Floss a-t-elle réellement gagné la guerre ?

La princesse Sarina, aidée de mystérieux inconnus, découvre une face cachée d’elle-même. Suivra-t-elle les traces de sa mère ? Entre un passé torturé et un futur incertain, Sarina osera-t-elle s’abandonner à cet homme au cœur changeant dont elle a croisé le chemin ?

 

Ahhhhhh ! Margot, que m’avez-vous fait là ?

Seulement vous avez envoûté mon fils de 6 ans (Monstre de ProseCafé #1) qui me tanne pour que je lui lise le tome 1, il a porté les badges pendant tout le weekend, mais en plus je ne sais que dire de ce tome 2.

Que vous est-il arrivé entre les deux tomes ? Vous avez grandi, muri…

J’avais fini la chronique du tome 1 par : « J’ai, maintenant, hâte de lire la suite. »

Que vais-je dire de celui-là?

Bon vous connaissez tous le ying et le yang, et bien là c’est pareil!

Autant Kahena est douce, posée, consensuelle, diplomate, autant Sarina est son contraire. Elle le veut, elle l’a. Ses conseillers sont, à la limite, consultatifs.

Côté écriture, style, j’adore toujours. Margot a un style moderne comme je les aime. J’ai eu l’impression de vivre en même temps que Sarina, ses aventures, ses émotions.

D’ailleurs, côté émotions, Sarina est bien mieux travaillée que Kahena.

Le rythme ? Pfff!!! Ça bouge, ça défile, il y a un vrai mouvement dans l’écriture. Pour exemple, vous avez 594 pages et 118 chapitres. Ils sont courts et vivants.
Malgré la multitude de personnages, nous nous y retrouvons grâce à ce rythme dans l’écriture.

Mais qu’en est-il du rythme de l’histoire ?
Comme je le disais, l’écriture de Margot Aguerre est moderne et c’est vraiment fluide, limite addictif.
Heureusement que les chapitres sont courts pour que nous puissions prendre des pauses, genre dormir ou manger, s’occuper des monstres.

Après toutes ces éloges, vous vous demandez certainement pourquoi je suis dans tous mes états au début de l’article ! Non ? Allez !!!

Le tome 1 est ouvert, plein d’espoir avec un personnage qui fédère, une ambiance douce et plein d’amour.
Et bien là c’est tout autre. Sarina est aux antipodes de Kahena, mais côté ambiance aussi. Nous sommes à la frontière de la Dark Fantasy. Du moins c’est mon impression. L’ambiance est lourde, mortelle.

Puis cette fin ! Zut quoi !!! J’espère ne pas attendre trop longtemps pour lire le tome 3, parce que oui il y aura une suite.

Cress, Les Chroniques Lunaires Tome 3, de Marissa Meyer

Tandis que Cinder, Scarlet, Loup et Thorne tentent de rejoindre l’Afrique, ils sont contactés par Cress, emprisonnée seule à bord d’un satellite. Cinder décide que la jeune fille représente un atout dans sa lutte contre la reine Levana et souhaite qu’elle se rallie à leur groupe. Mais le sauvetage tourne mal car la thaumaturge Sybil s’invite inopinément à la fête. Obligé de se battre, le groupe se divise. Thorne et Cress restent coincés à l’intérieur du satellite qui menace de se crasher. Scarlet est kidnappée par la thaumaturge. Quant à Cinder, elle doit sauver Loup, gravement blessé. Ensemble, ils atteignent l’Afrique sans savoir ce qu’ils trouveront là-bas. Seulement le temps presse car le mariage du Prince Kai et de la Reine Levana approche. Cinder n’a pas d’autres choix que de se jeter dans l’action, sans renfort ni arme, pour détrôner sa rivale.

Avec Cress, c’est une version originale et futuriste de Raiponce que Marissa Meyer nous propose.
On y découvre un nouveau personnage, celui de Cress, emprunt de candeur et de naïveté qui peine à comprendre le monde qui l’entoure mais qui lutte de toutes ses forces pour échapper à son triste destin.
De son côté, l’histoire suit son cours. Cinder ne perd pas ses objectifs tandis que Scarlet nous initie au mode de vie des lunaires, froid et cruel.
L’intrigue bat toujours son plein, jusqu’à la dernière seconde. C’est pourquoi il me tarde de lire le quatrième volet de cette série ainsi que le hors-série consacré à Levana.
Pour les amoureux de SF.

Block 46 de Johana Gustawsson

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Etrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse… Pourrait-il s’agir d’un tandem de sociopathes ?

 

Johana Gustawsson. Un nom à retenir.

Son roman, Block 46 est une tuerie, dans tous les sens que tu voudras bien donner à ce terme. Des cadavres, bien sûr. Plein.

Grave casse-gueule, parce qu’il y a des gamins. Pas simple de torturer et de faire mourir des gosses dans un roman. On touche au sacré.

Grave casse-gueule, parce qu’on visite Buchenwald, et pas en touriste. Pas simple de parler de ce qui s’est passé entre 1939 et 1945 sans passer par la case lacrymale. On touche au plus que sacré.

Les personnages sont parfaitement campés. Quand je dis parfaitement, ça veut dire que tu les voies vivre juste devant tes yeux. Que tu te prends à les aimer, à les considérer comme des proches, et à t’inquiéter pour eux…

J’ai adoré visiter la Suède avec Johana, ressentir le calme bienfaisant qui règne là-bas. Comme une envie de voyage qui s’est inscrite pendant la lecture. Une écriture d’une qualité rare. Cette capacité à passer du sacré au sordide, sans même que tu trébuches sur la marche…

Cette nana, elle a tout.
J’ai failli aimer le tueur.
Et là, c’est un coup de bluff terrible. Parce que la mère du tueur, elle est toujours sa mère, même après qu’il a assassiné 25 personnes. Elle aime toujours son fils, parce que c’est son fils. Moi, les tueurs en série, je les aime pas, habituellement.

L’autre piège dans lequel il ne fallait pas tomber, c’est celui du mélange des genres sans aucun lien. Elle est pas tombée dedans. Elle est forte. Très forte.
On est face à un roman qui nous parle de camps de concentration, et qui nous emmène dans le quotidien de l’assassin. Dans ses réflexions sur comment mieux faire ce geste, et parfois, une vague idée de ce qui l’a conduit juste là. Une vague idée, parce que les pistes s’échappent tout au long de ce roman. Quand t’es sûr de savoir, sûr d’avoir compris, Johana te met un coup de boule, et te dis, « Ben non, c’est pas ça du tout… »

L’homme est capable du meilleur. C’est un postulat.
Un autre postulat, c’est qu’il est capable du pire. On est en plein dans ce pire-là…

Je vous fais grâce du couplet sur la famille de Johana, et sur le chemin qui l’a conduite ici, sur ce clavier, pour nous raconter des histoires… Pas utile. Vous le lirez sur la 4e de couv.
Il est possible que vous fermiez un peu les yeux, à certains passages. Jamais d’hémoglobine gratuite, mais des descriptions plutôt précises sur les gestes liés au boulot d’assassin. C’est là qu’on se rend compte que c’est pas un métier facile, tueur en série. Tu dois pas te louper, sinon tes crimes ne ressemblent à rien.
Et l’art, c’est important…
Ne ferme pas les yeux à la lecture des passages sur Buchenwald. Ça semble inventé, mais c’est vrai. Ça a eu lieu. Il y a des types qui ont vraiment fait ça.
Un de ceux qui étaient là-bas, en regardant des hommes et un enfant se balancer avec une corde autour du cou, a désigné l’enfant quand on lui a demandé où était Dieu, et il a dit :
« Il est là… »

http://humeurs-noires.org/block-46-johana-gustawsson.html

Felicity Atcock tome 1 Les anges mordent aussi de Sophie Jomain

Synopsis :

« Je n’ai vraiment pas de bol : il aura suffi d’une morsure, d’une seule, pour que je me retrouve embarquée dans une histoire sans queue ni tête. Je ne sais pas exactement comment ça a commencé, et je ne sais pas non plus de quelle manière tout cela va finir. Quoi qu’il en soit, celui qui fera en sorte que les jeunes vampires arrêtent de se pointer pour s’enterrer dans mon jardin sera mon héros. Et si en plus il est beau, riche et intelligent, je ne me plaindrai pas ! Je veux retrouver ma vie d’avant, tranquille et ennuyeuse à mourir ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Après avoir exercé le métier d’archéologue pendant des années, Sophie Jomain s’est découvert une passion dévorante pour l’écriture. Depuis le succès de sa première série fantastique Les étoiles de Noss Head, elle n’a eu de cesse d’être saluée unanimement par la critique ».

 

Mon avis :

J’ai longtemps hésité avant de me procurer l’un des ouvrages de l’écrivaine française car je craignais que le style « girly » combiné au langage familier qui fait toute la fraîcheur de ses romans m’exaspèrent. Merci aux 1160 abonnés de mon blog littéraire Crocbooks qui m’ont encouragé à découvrir ce récit peuplé de suceurs de sang, de démons et d’anges. Félicity Atcock – Les anges mordent aussi 1 a été une surprise livresque qui m’a fait du bien au moral surtout après les attaques meurtrières du 13 novembre 2015 au Bataclan à Paris.

La plume de la romancière est légère et incroyablement addictive. Le lecteur embarque pour l’Angleterre puis sans vraiment s’en rendre compte, il s’attache à la trop gentille humaine de l’histoire. La frontière entre le Bien et le Mal est mince, c’est encore plus vrai pour cette jolie jeune femme qui semble éprouver des sentiments pour un ange gardien nommé Terence tout en étant attiré physiquement par un mi-ange mi-démon du nom de Stanislas. Autant vous dire que les allusions au sexe et les scènes érotiques ne manquent pas. Traitées avec beaucoup d’humour, elles sont à mon sens moins gênantes que l’empressement dont fait preuve le soit disant protecteur vis à vis de notre héroïne.

J’aimerais connaître l’évolution de ces personnages hauts en couleur. C’est pour cette raison que le le tome 2 intitulé Felicity Atcock – Les anges ont la dent dure et le tome 3 Les anges sont de mauvais poils ont déjà intégré ma pile à lire. ( Petite anecdote personnelle, mon nouvel ours-vampire en peluche a été baptisé Stanislas ! )

 

Date de sortie :15 janvier 2014. Éditeur : J’ai lu. Collection : J’ai lu Darklight. 318 pages. Prix du format papier : 4,99€. Prix du format numérique : 6,90€. Site internet : http://www.jailu.com / – http://www.sophiejomain.com

Kimiko aux enfers de Thierry Gagnon

Synopsis :

« Prise au milieu d’un conflit millénaire entre les dieux de l’Olympe, KIMIKO doit traverser les Enfers grecs et trouver le moyen de sauver l’âme de ses parents, injustement condamnés à une après-vie qui n’est pas la leur. Armée seulement de son courage et de son téléphone, elle devra faire face aux monstres terrifiants, aux hordes d’âmes désespérées, et aux dieux à bout de nerfs qui se dresseront sur son chemin. C’est ainsi que commence une vaste épopée qui explore la collision entre le monde des légendes et le nôtre ».

 

Quelques mots sur l’auteur :

Thierry Gagnon est un homme avenant. Il a gentiment accepté de répondre à mes questions concernant son parcours d’écrivain.

« Durant ma jeunesse, j’aimais élaborer verbalement des univers grandioses et farfelus avec mes copains. Cela a évolué en la production de fanzines de BD que l’on photocopiait et distribuait aux amis. Cette passion pour la BD a culminé pour moi avec le projet Gerbilman (http://www.archives.thierrygagnon.com/gerbilman/francais/) que j’ai complété en 1995 avant d’abandonner la BD pour l’écriture.

À l’époque, j’expérimentais avec la poésie expérimentale et l’analyse des rêves. C’est durant cette période que j’ai écrit mon premier roman, La boue, un roman surréaliste très noir et étrange, mais dont je suis très fier.

Ce fut au CÉGEP (lycée), en 1988, que j’ai rencontré Mathieu Pigeon et que l’on a commencé à développer la saga mythologique dont Kimiko aux Enfers est le premier volume. C’était un projet de BD à l’époque. Suite à mon expérience avec La boue, et après avoir constaté que nous n’avions plus l’ambition d’être dessinateurs, j’ai choisi d’entreprendre ce projet sous forme de romans. L’origine BD du projet transparait dans le ton souvent burlesque de Kimiko aux Enfers et l’organisation des chapitres qui reflètent le découpage des épisodes que nous planifions faire en bande-dessinée ».

 

Mon avis :

Cette lecture correspond exactement à mon envie de redécouvrir la Grèce antique à travers mes lectures. Alors dès les premières pages, mon esprit s’est envolé jusqu’à Athènes et cela bien avant l’arrivée de la jeune japonaise à proximité de l’Acropole et du Parthénon.

Pendant qu’Hermès conduit toujours plus d’âmes aux enfers afin d’attiser la colère de Prométhée qui n’est autre que le protecteur de la race humaine, l’adolescente rebelle affronte les terrifiantes créatures de la mythologie. Le lecteur est admiratif devant le courage de l’héroïne. Il est fasciné par la richesse de l’univers décrit par le romancier. Je félicite monsieur Gagnon pour sa capacité à « moderniser » et donc à rendre plus accessible une période complexe de l’histoire de l’Humanité.

Vous l’avez sans doute compris, ce livre a été un coup de coeur absolu pour moi. Je conseille fortement cet ouvrage à la dimension pédagogique certaine et j’attends le second volume qui sortira l’année prochaine avec impatience.

 

Date de sortie : 7 janvier 2015. Éditeur : NUM Éditeur. 140 pages. Prix du format numérique : 8,32€. Site internet : http://www.numediteur.com / – http://thierrygagnon.com

Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet

Lecture commune avec Rachel du blog HOPEANDBOOKS :

Synopsis :

« Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes »…

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Philosophe de formation, Charlotte Bousquet a écrit une trentaine de romans.

Elle est également scénariste de bande dessinée. Ecrivaine engagée, passionnée par l’histoire, la poésie et les contes, elle est aussi à l’aise dans les univers de fantasy (Cytheriae, prix Elbakin 2010, prix Imaginales 2011) que dans les thrillers (Le dernier ours, prix Lire pour demain 2014), les récits historiques ou intimistes.

Chez Gulf Stream Editeur, elle a publié plusieurs polars dans la collection Courants noirs, un documentaire, Précieuses, pas ridicules, ainsi qu’une série de romans graphiques avec l’illustratrice Stéphanie Rubini. Et elle ne compte évidemment pas s’arrêter en si bon chemin ! »

 

Mon avis :

J’aimerais dédier cette lecture à ma grand-mère paternelle qui portait le même prénom que la protagoniste de ce livre. Je remercie la gentille Rachel du blog Hopeandbooks d’avoir partagé cette belle lecture avec moi.

Le point de vue des femmes sur la vie quotidienne pendant de la première guerre mondiale est très intéressant. Le courage de ces épouses, de ces mères est incontestable. Certes, elles ne combattaient pas dans les tranchées aux côtés des poilus mais elles travaillaient dur, résistaient avec ferveur, se mobilisaient régulièrement contre l’oppression.

Par le biais d’une correspondance entre amies, nous allons découvrir la violence sous toutes ses formes. Les lettres qui dénoncent la précarité des conditions de travail dans les ateliers à l’arrière et celles qui arrivent du front laissant imaginer les soldats en train de patauger dans la boue et le sang. Les civiles et les compagnons armés sont prisonniers d’un même sentiment : ils se sentent coupables de survivre là où tombent les anges.

D’un point de vue littéraire, j’ai trouvé que le rythme saccadé du récit illustre parfaitement l’instabilité de la situation. Grâce à des personnages plus ou moins jeunes, de classes sociales différentes, la parole est donnée tantôt aux femmes tantôt aux hommes qui tentent de préserver leur intégrité.

Je vous encourage vivement à prendre connaissance de ce livre « coup de coeur ». Rassurez-vous chers lecteurs, le langage est tout à fait accessible. Le récit ne contient que les dates qui permettent de se repérer chronologiquement. Si il traite d’un évènement passé douloureux pour l’Humanité, le texte est porteur d’un espoir, d’une fraicheur novatrice.

 

Date de sortie : 3 septembre 2015. Éditeur : Gulf Stream Éditeur. Collection : Electrogène. 395 pages. Prix du format numérique : 10,99€. Prix du format papier : 17€. Site internet : http://www.gulfstream.fr

The Revolution of Ivy d’Amy Engel

Synopsis :

« J’ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L’homme que j’aime.

Ce serait facile de capituler, de fermer les yeux et d’attendre que la faim et la soif aient raison de moi. Ou bien qu’une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant… Mais je refuse d’abandonner. J’en ai terminer avec la lâcheté. Il est temps pour moi d’agir, enfin.

Bishop me l’avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c’est encore pire. L’hiver approche, et si je veux survivre il va me falloir trouver de l’eau, des vivres, un abri. D’autres condamnés avec lesquels m’allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d’avant, me venger de ceux qui m’ont trahie… ou mener, purement et simplement la révolution ?

Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

Amy Engel est née au Kansas. Dans son enfance, elle a voyagé à travers le monde et a aussi habité dans plusieurs régions des Etats-Unis. Elle sera avocate avant de comprendre que ce métier ne la satisfait pas pleinement et qu’elle a besoin d’écrire pour se sentir en accord avec sa personnalité.

The book of Ivy est son premier roman. The revolution of Ivy est la suite et la fin des aventures de son heroine.

 

L’avis de la Noble Demoiselle :

Le premier volume de cette série n’avait pas été un coup de cœur. Pourtant, j’attendais de voir Ivy vivre en milieu hostile pour me faire un véritable avis sur cette histoire. J’ai aimé voir comment la jeune femme allait se nourrir, se protéger du froid et aussi en cas d’attaque extérieure. En luttant contre ses instincts et les divagations de son esprit, elle gagne en profondeur et est donc susceptible de conquérir le cœur du public. Je regrette vraiment que la recherche d’un abri ne se soit pas prolongée sur plus de pages.

Le mot « révolution » me revenait souvent en tête pendant la lecture. Je me demandais quel sens l’écrivaine allait lui donner. En deux mots et c’est ce qui m’a beaucoup plu, l’exclusion permet à l’héroïne de faire le point sur les choix qu’elle devra faire pour être en accord avec elle-même. Comme elle, le lecteur passe par beaucoup d’émotions. Il en vient à réfléchir sur le comportement à adopter en cas de remise en cause de la gestion d’une société et de sa population même si le soulèvement d’opinion à Westfall ne viendra que bien plus tard dans le texte.

Les personnalités des intervenants sont très bien travaillées. En effet, Caleb et Ashley apportent l’assurance et l’amitié à Ivy et toujours plus d’action au récit. Tandis que l’amour à toute épreuve que partage Bishop et sa compagne apporte de la douceur, de la tension, et de l’intensité à l’intrigue. Tout est une question de point de vue mais j’aurais sans doute été totalement conquise par le scénario original de cette duologie si son rythme n’avait pas été si irrégulier.

Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à découvrir ces romans. Je respecte Ivy pour sa capacité à se remettre en question et cela jusqu’à atteindre le bonheur.

Je suis ravie d’avoir partagé cette expérience livresque avec une autre chroniqueuse du blog Prose-Café ! Merci Mélissa Macy.

 

L’avis de Mélissa :

Second tome de cette dystopie politico-romantique, The Revolution of Ivy nous propose une Ivy en pleine transformation.
Maintenant qu’elle est séparée de sa famille et de Bishop, la jeune fille se recentre sur elle-même. Elle apprend à survivre, certes, mais elle apprend surtout à se connaître et à laisser parler son cœur ainsi que sa tête, pour la première fois de sa vie. C’est ainsi qu’elle se crée une famille avec Ash et Caleb, deux jeunes qui vivent depuis toujours dans les plaines, s’habitue à faire confiance et noue des liens affectifs comme elle n’en encore jamais connus.
Puis arrive Bishop, venu la chercher, et, là, Ivy découvre enfin l’amour pur et total, sincère et intemporel. Mais les événements la rattrapent, poussant l’adolescente à finalement affronter son passé ainsi que sa famille. La romance s’habille alors de responsabilités pour laisser place à la politique.
Si j’ai beaucoup apprécié la première partie du livre, celle où Ivy s’initie à la vie en dehors de Westfall, je l’ai néanmoins trouvée un peu longue, ne sachant pas trop où l’auteure voulait en venir, surtout quand elle parlait de révolution. Pour ce qui concerne la seconde partie, celle où Bishop et le passé resurgissent, je l’ai littéralement adorée et j’ai enfin compris ce qu’était finalement la révolution d’Ivy !

Au final, j’ai trouvé qu’Amy Engel nous livrait une histoire forte, portée par des personnages charismatiques qui défendent de vraies valeurs telles que la loyauté, l’honnêteté (par opposition aux mensonges d’Ivy qui ne lui portent que préjudice) et l’amour / l’amitié, le tout dans un univers impitoyable et dangereux.

Le style est délicieusement direct, sans manquer de nuances.

Le fait que le récit soit raconté du point de vue d’Ivy permet au lecteur de pleinement vivre l’aventure, comme s’il y était.

Pour moi, The Revoltion of Ivy est un roman à ne surtout pas manquer même s’il ne s’agit pas véritablement d’un coup de cœur comme le précédent tome, mais ce livre recèle quelques passages savoureux (cf les citations que j’ai déjà partagées) qui méritent le détour …

Merci à La Noble Demoiselle pour cette co-chronique, au plaisir de renouveler l’expérience 😉

 

Date de sortie : 4 novembre 2015. Éditeur : LUMEN. 321 pages. Prix au format papier : 15€