Sorcières associées d’Alex Evans

Envoûtement de vampire, sabotage de zombies et invasion de gremlins font partie du quotidien du cabinet Amrithar et Murali, sorcières associées. Dans la cité plusieurs fois millénaire de Jarta, où la magie refait surface à tous les coins de rues, les maisons closes sont tenues par des succubes et les cimetières grouillent de goules, ce n’est pas le travail qui manque! Mais tous vous le diront: les créatures de l’ombre ne sont pas les plus dangereuses…

 

[Edit : Ce titre fait parti des livres sélectionnés pour le Prix littéraire de l’Imaginaire BooktubersApp 2018. J’ai eu l’occasion de le livre en 2015 alors qu’Alex Evans l’avait auto-publié, je vous remets l’article paru il y a deux ans (déjà !). Je ne doute pas que l’équipe d’ActuSF a amélioré l’édition qui était déjà pour moi de très bonne qualité.]

C’est le troisième texte d’Alex Evans que je lis, et j’insiste, j’adore son style !

Donc troisième livre, troisième univers.

L’auteure nous emmène dans un monde de fantasy et de steampunk donc de magie et de progrès technologique, c’est cohérent, aucune fausse note.

L’histoire commence doucement, nous apprenons à connaître les deux personnages principaux. Elles enchaînent les clients. Je me demandais où Alex m’emmenait, ça partait dans tous les sens tel un bouquet final de feu d’artifice.
Au fil des pages, le dénominateur commun commence à pointer le bout de son nez. Et… tout décolle, ça n’arrête plus jusqu’au dernier chapitre nous allons de rebondissements en rebondissements sans toutefois m’étouffer.

Je me disais même que l’auteure pourrait se servir de ces personnages pour nous en faire une série littéraire.

J’ai réellement pris un grand plaisir à la lire.

#PLIB2018,  #ISBN:978-2366298321

Ceux de Mercure de Catherine Loiseau

Automne 1890
Sainte-Victoire, la capitale de Kerys, connaît une paix relative : les brigades du mercure veillent au grain, contiennent les attaques d’Abominations et scellent les failles par lesquelles ces féroces créatures apparaissent.
Cette fragile quiétude vacille quand une bombe explose au cœur de la ville. L’enquête de la police semble impliquer un mécanicien des brigades du mercure. Le capitaine Honoré Rocheclaire doit faire la lumière sur cet incident. Mais rapidement, l’affaire prend des ramifications inattendues. Pourquoi des ressortissants austréniens, nation en froid avec Kerys, se mêlent-ils de la partie ? Que cache Maximilien Rocheclaire, le brillant oncle d’Honoré ? Pourquoi les Abominations, qui jusque-là s’étaient tenues tranquilles, recommencent-elles à attaquer ?
Face à ces questions, les certitudes que les mercuriens tenaient pour acquises pourraient bien voler en éclats…

 

Merci à la maison d’éditions Hydralune et à Catherine Loiseau de m’avoir permis de lire ce livre.

Deux articles d’affiler de cette maison et franchement, c’est du pur plaisir.

J’aime beaucoup le style de Catherine, c’est une plume fluide, moderne.
L’assemblage des personnages, histoire et univers est vraiment bien fait. L’équilibre est tout juste excellent. Nous nous imaginons aisément à Sainte-Victoire. Nous y suivons les personnages tant dans leurs aventures que dans leurs émotions et sentiments.

D’ailleurs, leurs interactions sont cohérentes avec l’univers steampunk de l’histoire avec ses.. J’aurai bien dit stéréotype mais ce n’est pas le mot qui convient, je dirai plutôt avec les mœurs qui avaient cours au XIXème siècle.
Mon personnage préféré est bien sûr Maximilien, il est excellent, puissant, touchant. Bref il est bon quoi.
Le trio capitaine/doctoresse/actrice est juste à mourir de rire.
Oui car ce n’est pas que du steampunk mais aussi beaucoup d’humour. En plus c’est vraiment bien intégré à l’histoire. L’auteure n’en fait pas de trop. Encore une fois bien équilibré.

L’univers steampunk que l’auteure nous propose est assez… Hummm… déroutant !
Il y a des androïdes de combats mais dans le même temps ils n’ont pas encore développé la radio sans fil. Pour le coup j’ai un peu tiqué. Mais bon, ce n’est qu’un détail.
Par contre ce qui m’a beaucoup gêné, ce sont les répétitions à partir d’à peu pré la page 100. Ça ne gâche pas l’histoire mais… Passons !

A part ces deux détail j’ai vraiment pris un grand plaisir à lire cette histoire que je ne peux que vous conseiller. Si je l’avais lu plus tôt, je l’aurai certainement proposé au Prix littéraire de l’Imaginaire BooktubersApp 2018, malheureusement c’est trop tard.
Je suis impatient de lire la suite !!! Surtout avec une fin pareil 😛 .
Je vous souhaite une très bonne lecture !

 



QQ Sweeper, tomes 1 à 3 – Kyousuke Motomi

Mon avis : 👍

Genre : fantasy, psychologique, romance
Public : à partir de 12 ans
Statut de la série : terminée, mais se poursuit sous le titre Queen’s Quality
Tomes parus en VF : 3
Tomes parus en VO : 3

 

Résumé éditeur

Fumi Nishioka au rapport ! Orpheline sans le sou fraîchement débarquée en ville, je n’ai qu’une idée en tête : épouser un homme riche ! En attendant, j’ai été attirée par l’aura mystique d’un bâtiment inhabité de mon futur lycée. Et alors que je m’étais endormie sur place, j’ai été réveillée par un jeune homme aussi séduisant qu’horripilant ! D’ailleurs, ce sadique répondant au nom de Kyûtarô Horikita s’avère être un élève de ma classe. Aux yeux de tous, c’est un virtuose du ménage, mais en ouvrant une porte qui m’a menée à un dédale sombre et infesté d’insectes, j’ai découvert à mes dépens, qu’en réalité, il s’agissait d’un “nettoyeur d’âme” ! Quelqu’un peut me dire ce qui se passe ?!

 

La raison pour laquelle j’ai souhaité lire QQ Sweeper tient en deux mots : Kyousuke Motomi. Le mangaka m’a enchantée, fait vibrer, rire, pleurer avec son excellent Dengeki Daisy (qu’il faudrait que je relise pour le chroniquer), un shojo qui ne tourne pas entièrement autour de la romance mais propose aussi une intrigue prenante. Sans ça, je ne suis pas certaine de m’être penchée sur un titre qui parle de… ménage ! Non, ne partez pas en courant, ce manga est bien plus intéressant que cette activité barbante, qui est finalement une métaphore.

Car ici Kyûtarô nettoie avant tout les esprits torturés des gens, sa famille est gardienne d’une partie de l’inconscient collectif, dans laquelle elle intervient pour supprimer les parasites. Ces insectes, myriapodes et autres joyeusetés dégoûtantes et grouillantes, noirs et agressifs, représentent les pensées négatives qui peuvent envahir le coeur d’un individu, voire infester son entourage. À mi-chemin entre la magie et la psychologie, sous couvert d’une aventure de fantasy urbaine, QQ Sweeper parle donc des émotions humaines, de leur importance, leur impact et leur traitement.

Ces trois tomes sont en quelque sorte l’introduction de la suite en cours de parution, Queen’s Quality. Le tome 1 met en place l’univers et les personnages principaux, et dès le second il devient difficile de lâcher la lecture qui approfondit les mystères autour de l’univers des nettoyeurs, mais surtout du personnage de Fumi.

Avec cette dernière, l’auteur nous présente une héroïne qui n’a pas froid aux yeux. À la fois drôle – avec des idées parfois étranges comme épouser un homme riche ? -, mystérieuse, sensible et autonome, Fumi est une ado attachante, qui ne reste pas dans l’ombre de son partenaire. Comme dans Dengeki Daisy, le duo principal formé par celle-ci et Kyûtarô est dynamique, amusant et touchant à la fois. Le jeune homme est du genre peu sociable (bon d’accord, carrément ours), nul pour la communication et les rapports humains hors de son travail de nettoyeur – où il excelle par ailleurs -, sévère, mais aussi respectueux et juste. Bref, difficile de ne pas avoir un coup de coeur pour lui.

Côté graphismes, j’aimais déjà le style de Kyousuke Motomi dans Dengeki Daisy, mais ici il a encore mûri pour nous offrir un trait superbe et expressif – qui prendra encore plus d’ampleur dans Queen’s Quality ! Non seulement les personnages transmettent vraiment leurs émotions, mais le jeu des contrastes plonge le lecteur dans l’ambiance qui les entoure : du noir effrayant des parasites ou de moments de désespoir, à l’atmosphère brillante des cœurs apaisés, le dessin est vraiment au service de l’histoire.

Prochaine chronique avec la suite, Queen’s Quality (spoiler : c’est un coup de coeur !)

 

Heaven Forest tome 3 D’une Terre à Une Autre d’Andréa Deslacs

Après une nuit à feu et à sang sur les quais, la journée de jeudi sera-t-elle plus calme à Darkwood et dans la Grande Forêt? Sans doute pas…
Le cerf et ses compagnons d’infortune ne sont pas au bout de leurs peines dans leur quête au sein des bois sombres d’Another. Le danger les guette et peut se cacher derrière le moindre tronc.
Le périple de l’inspecteur Rhys Overlake, accompagné de la revêche veuve Lisbeth Other, n’est pas non plus une promenade de courtoisie. Les ruelles sordides du quartier de Filenza n’ont pas gagné leur surnom de « jungle » sans raison. Mais pour résoudre le mystère « Else Other », il faut être prêt à se frotter à d’inquiétants individus.
ça s’agite vraiment en Heaven Forest. Les esprits s’échauffent et le spectre du passé et de la Grande Peste hante les esprits. Camps angéliques et sacrifiés resserrent leurs rangs et chacun se tient prêt.
A l’orée d’une possible nouvelle guerre, la vérité sur les meurtres des derniers jours paraît pourtant à portée de main.

 

Je voudrai remercier Hydralune et Andréa de continuer à me faire confiance avec cette lecture du tome 3 d’Heaven Forest.

Là je suis bien embêté. Comment faire un article sans parler des tomes précédents.
Bon ! d’accord j’ai tout de même une idée, ça va venir.
Mais en faisdant de petite recherche, je me suis aperçu (et oui Yannick est un poisson rouge) qu’Heaven Forest n’est pas le premier écrit d’Andréa dont je fais un article.
Vous voyez, vous non plus, vous ne vous en souvenez pas 😛
Il y a un peu plus de deux ans, j’ai fait un article sur Les Cordes écarlates et j’avais déjà beaucoup aimé la plume de cette auteure.
Tout ce paragraphe pour vous dire que j’apprécie toujours autant la plume de dame Deslacs. C’est toujours autant fluide, moderne, liant les émotions, les personnages et l’histoire.

Dans ce tome, nous en apprenons plus sur l’histoire d’Else Other, le pourquoi du comment. Bon je vous avouerai que nous commençons à comprendre que c’est l’histoire Else qu’au 2/3 du livre. Comme quoi, l’auteure nous distille son histoire à compte goute pour nous garder dans ses filets (coquine va !)
Maintenant il nous faut attendre de lire le tome 4 pour connaître ses origines pour le moins mystérieuse, parce que cet épilogue nous laisse dans l’espectative, impatient d’en savoir plus.

Ce que j’aime également dans cette saga, c’est le mélange des genres. Le tome 1 commence par un Steampunk soft, le tout monte en puissance et en noirceur au fil des tomes.

C’est une saga a découvrir d’urgence !!!
Bonne lecture :-*

Le Jour des Morts éditions Marabout de Nicolas Lebel

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine : un patient vient d’y être empoisonné.
Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie… Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur : celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ? Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une soeur, une ex, et la chasse aux sorcières s’organise. Mais derrière l’Empoisonneuse, c’est la Mort elle-même qui est à l’oeuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera.

 

Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas la qualité de son enquête.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas le complexe intérêt de son intrigue.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas la sympathie éprouvée pour son équipe de flics.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas cette capacité à mélanger avec une facilité déconcertante à la fois la vie privée et la vie professionnelle de ses personnages principaux (et secondaires).
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas l’humour travaillé qui se propage dans ce deuxième roman à chaque page et qui atténue le sérieux douloureux de son récit.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas le travail de recherche sur l’Histoire pour écrire une histoire.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas sa manière ironique de mettre le doigt sur les travers politiques de nos »dirigeants  »
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas ses références culturelles judicieusement dispensées pour égayer l’enquête et nous faire sourire.
Moi ce que j’aime chez Nicolas ce n’est pas son analyse des travers humains ni des dysfonctionnement du système.
Moi ce que j’aime chez Nicolas c’est la qualité de son écriture!
Je ne sais pas si c’est dû à mes études passées (ouarf ça remonte à vingt ans!!!) mais j’aime sa plume. J’aime ses phrasés et ses mots, cet écoulement fluide de ses phrases, la construction de son texte. À lire il est un régal littéraire et je me surprends parfois à me demander ce qu’il serait capable de faire en sortant de ce contexte polar.
Il y a dans ce livre, plus encore que dans le premier, une maîtrise de la langue et des règles qui fait que l’on peut en arriver à se dire que c’est un exercice de style pour lui que d’écrire.
Merci Nicolas de prouver par ta plume que le roman policier mérite d’être catalogué dans la rubrique Littérature !

Les Enfants de la Baleine, tomes 4 à 7 – Abi Umeda

Mon avis : coup de 💕

Genre : fantasy
Public : ados et adultes
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 9
Tomes parus en VO : 10

Chronique des volumes précédents : tome 1tome 2tome 3

 

Résumé éditeur

Au plus fort de la guerre contre les troupes apathoïa, les enfants-combattants de la Baleine de glaise tombent les uns après les autres, emportant avec eux leur détermination, leurs espoirs et leurs promesses. Alors qu’une tempête de sable fait rage, dans un coin de ce triste champ de bataille, deux folies sont sur le point de s’affronter…

 

‼️SPOILERS DES TOMES PRECEDENTS‼️

Difficile de parler de la richesse de ces quelques tomes, de ce qui me touche tant sans les spoiler : Les Enfants de la Baleine est un manga qui, loin de s’essouffler, se bonifie au fil des volumes. Y compris visuellement : s’il est magnifique dès le départ, je tombe un peu plus amoureuse à chaque page. Les influences art nouveau sont de plus en plus évidentes, notamment celle de Gustave Klimt qui saute aux yeux sur la couverture du tome 5 et certains passages comme celui avec Emma ci-dessous.

Côté intrigue, nous reprenons en pleine bataille contre les Apathoïas sur la Baleine de glaise, tandis que le groupe de Chakuro, Lycos, Ohni et les autres est tombé dans un piège lors de son infiltration sur Skylos. L’horreur des combats est entrecoupée de moments de poésie, de développement de personnages, notamment à l’aide de flash-backs. Les évènements les obligent tous à évoluer, chacun selon son passé, sa culture et sa personnalité. Tous les protagonistes semblent ainsi vivants et l’on s’attache tant à eux qu’il est difficile de démêler qui sont les héros de l’histoire des personnages secondaires.

Au fil de ces quatre tomes nous en apprenons plus sur le monde qui entoure la Baleine de glaise, sur la véritable nature de celle-ci et de certaines personnalités. De scènes d’action en flash-backs révélateurs, de réflexions poétiques ou philosophiques en construction de l’univers, de moments d’horreur à ceux enchanteurs… Les Enfants de la Baleine nous entraîne dans une multitude de voyages sur la mer de sable et nous fait passer par toute une palette d’émotion.

Et c’est bien le but : comme je l’écrivais déjà dans ma chronique du tome 3, le lecteur sent peu à peu une thèse se dégager de cette histoire. Ce manga n’est pas seulement un excellent récit d’aventure fantasy – ce qui serait déjà bien, surtout avec un tel graphisme -, c’est une oeuvre empreinte de thématiques riches et profondes. À travers la folie de Leodari, Abi Umeda nous fait comprendre à la fois l’horreur et la beauté du coeur humain ; en opposant les Apathoïas avec le peuple de Phaleina elle nous montre combien nos émotions sont précieuses.

Il reste encore beaucoup de symboliques mystérieuses toutefois. Si Ohni est le Daimonas de Phaleina, Suoh est représenté comme une figure angélique, quant à Chakuro il semble avoir un lien spirituel avec la Baleine. L’origine et la nature des noûs reste également très floue – comme des Dieux ? -, les nombreuses références grecques également. Je sens bien que la mangaka sait où elle va, mais l’évidente iconographie religieuse me laisse encore perdue sur son but : ce mystère m’a fait tourner les pages sans m’arrêter – si ce n’est pour admirer les planches splendides.

J’ai donc vraiment hâte de lire la suite. Si Les Enfants de la Baleine reste sur ce niveau de qualité il pourrait clairement entrer dans mes mangas préférés – haut la main.

 

Ronces Blanches et Roses Rouges de Lætitia Arnould

Résumé éditeur :

Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.
Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.
Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.

ISBN : Broché : 979-10-97222-00-0 | Numérique : 979-10-97222-01-7

Pages : 244

Date de parution : 27 Février 2017

 

Mon avis :

Avec Ronces Blanches et Roses Rouges, l’auteure immerge le lecteur dans un univers de conte tel qu’on pouvait en lire, enfant, assis sur les genoux de nos parents.
La magie est à chaque page et nous transporte dans un récit où vengeance rime avec mélodies enchanteresses et passé oublié.

Dans ce conte, on suit deux sœurs, Blanche et Rose, filles d’un illusionniste qui croit que son jour de gloire vient d’arriver. Et tandis qu’il se rend sur son lieu de spectacle, la ville subit un tremblement de terre qui bouleverse son existence ainsi que celle de ses filles. Les deux sœurs sont kidnappées par une marâtre qui les séquestre dans une maison perdue au fond des bois.
Ayant perdue la mémoire, les deux fillettes grandissent dans cet univers étrange où chaque sortie est un défi contre la nature et surtout contre l’ours qui semble les traquer. Leur quotidien oscille entre corvées et ennui jusqu’au jour où la marâtre décide qu’il est grand temps que Blanche se marie…
Atterrée par cette décision qui l’oblige à quitter sa sœur et la maison, Blanche s’enfuit… Mais en pensant échapper à son destin, la jeune femme ne fait que s’enfoncer davantage dans un plan machiavélique fomenté contre elle depuis longtemps. Un plan qui met en scène un Pianiste aux mélodies envoutantes…

Si l’histoire se concentre essentiellement sur Blanche, cette jeune fille courageuse et sage, qui ne cesse de vouloir protéger sa sœur envers et contre tout, le lecteur croise également la route d’un geôlier aussi froid que charmant mais aussi celle d’un ours plutôt protecteur, d’une petite sœur pétillante en proie aux sautes d’humeur, d’un nain énigmatique et d’une marâtre manipulatrice.

J’ai adoré le personnage de Blanche ainsi que celui du Pianiste. J’ai aimé leurs duels ainsi que leurs rapprochements, l’univers dans lequel leur affrontement s’exerce… J’ai aimé aussi la revisite, ses codes et les références multiples aux histoires traditionnelles qui font notre culture commune : Boucle d’Or, le Petit Chaperon Rouge, Hansel et Gretel, la Petite Sirène, la Reine des Neiges, Blanche-Neige, la Belle aux Bois Dormants…
J’aurais cependant voulu que la marâtre et le nain soient davantage mis en lumière et que la seconde partie du récit soit mieux développée pour que le suspense et la tension puissent pleinement prendre leur envol.

Du point de vue du style, j’ai globalement apprécié la plume de l’auteure qui, là encore, s’est mise au diapason du genre littéraire qu’elle voulait créer : un conte traditionnel. J’ai toutefois regretté, par moment, certaines lourdeurs dans les tournures de phrase.

Malgré ces quelques bémols, l’aventure Ronces Blanches et Roses Rouges vaut vraiment le coup d’être tentée car la magie est là, sous nos yeux, au fil des pages, et elle opère pour nous faire revivre des sensations oubliées, des sensations de petite fille émerveillée qui n’attend que le dénouement de l’histoire pour reprendre son souffle.
Amateur(e)s de Grimm ou d’Andersen, ce roman est pour vous.

Prix littéraire de l’Imaginaire Booktubersapp 2018

Bonjour les proseurs

Il y a quelques semaines, je vous annonçais que je postulais afin d’être juré pour le #PLIB2018 (Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubersapp 2018).

Voilà ! Nous pouvons dire que c’est parti.
Les propositions des jurés sont closes. En effet, chaque juré se devait de proposer 1 à 3 titres parus en maisons d’éditions dans le cours de l’année 2017. Nous avions jusqu’au 5 décembre pour donner nos titres. Les organisateurs vont avoir la lourde tâche de faire la liste de tous les titres proposés. Là va se jouer une lutte d’influence pour que nos chouchous sortent du lots et fassent parti des 7 titres sélectionnés.

Vous devez commencer à me connaître un peu, je ne suis pas fan de best-sellers et privilégie les petites maisons d’éditions. Je ne sais pas pourquoi mais le combats va être rude.

Il a fallu donc que je propose 1 à 3 titres pour le 5 décembre, je savais que quelques titres avaient déjà la faveurs de plusieurs blogueu(rs)ses et booktube(rs)uses. Le problème pour moi, cette année est que soit j’ai continué des sagas (il faut que ce soit un tome 1), lu des livres paru dans les années antérieures (donc c’est mort) ou des auto-publiés (c’est mort aussi). Mais je veux rester fidèle à moi-même, je vais devoir défendre mon steak parce que j’ai proposé des livres parus cette année dans de petites maisons. Sur les trois que j’ai proposé, je n’en ai lu qu’un seul. Je vous propose de découvrir mes trois titres. TADAMMMMMM !!!!!

Le premier est Lauburu tome 1 La croix du destin de Rose J. Kalaka publié chez Something Else Editions. Ce livre a été une bonne supprise, tout en découverte. C’est du fantastique ou de la fantasy urbaine, tout dépend comment l’on se positionne. Vous pouvez retrouver mon article >ICI<.

Les deux autres livres que j’ai proposé me sont totalement inconnu, pourtant…

Le deuxième livre est Ray Shepard tome 1 Amnésie de Morgane Rugraff Plume Blanche Editions, un roman de fantasy. Alors pourquoi celui-ci. Pour commencer, c’est une maison d’éditions que j’apprécie, que j’ai découverte avec la duologie Les Oubliés de Léna Jomahé. L’autre raison est que j’ai lu de très bons échos sur ce premier tome d’une saga dont le deuxième tome est prévue pour 2018.

Et le troisième livre que j’ai proposé est un autre roman fantastique, Le puits des âmes d’Emilie Ansciaux publié chez Livr’S. Pourquoi ? C’est un OneShoot, un unique tome et la deuxième raison est que l’auteure a une plume qui m’est agréable.

Je pense que je vais devoir me défendre contre des best-sellers et/ou de grosse maisons d’éditions. Souaitez moi bon courage 😛 .

A bientôt pour de nouvelles aventures !!!

La tour sombre Tome 1 : Le pistolero de Stephen King

 » L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait…  » Ce Pistolero, c’est Roland de Gilead, dernier justicier et aventurier d’un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée de tous les temps et de tous les lieux. Roland surmontera-t-il les pièges diaboliques de cette créature? A-t-il conscience que son destin est inscrit dans trois cartes d’un jeu de tarot bien particulier ? Le Pistolero devra faire le pari de le découvrir, et d’affronter la folie et la mort. Car il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables…

 

Editeur : Editions J’ai Lu

Genre : Fantasy

Note : 14/20

 

Mon avis : Pour moi Stephen King reste un maître incontesté en matière de romans que cela soit en horreur ou en fantastique. La Tour Sombre s’inscrit dans un challenge tout personnel de relecture avec cette envie profonde de chroniquer ses œuvres.

Ma chronique ne sera donc pas forcément des plus neutres, étant donné que ce n’est pas une première découverte de l’univers pour moi. On entame ce premier tome de la tour sombre, « le pistolero », avec Roland étant à la poursuite d’un mystérieux homme en noir. La plume du King nous transporte dans ce nouvel univers sauce Western avec une touche post-apocalyptique, et j’ai envie de dire, heureusement ! Le gros souci de ce premier tome est que je le trouve totalement décousu, des brides d’histoires collées les unes avec les autres.

Je reste délibérément vague pour cette critique, sachant d’avance que l’œuvre trouve sa place à partir du second tome et que, comme c’est le cas pour beaucoup de fans, il faut un peu outre-passer ce premier tome, ne reflétant en rien l’œuvre magistrale qu’est la tour sombre. En même temps, je ne pouvais pas laisser de vide pour le tome 1. J’ai vraiment hâte de pouvoir continuer à suivre cette saga, et redécouvrir tout ce qui m’avait tant charmé dans cette fresque épique.

Glaise, Franck Bouysse, La manufacture de livres

Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.
Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin. Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes. Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette. L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

 

Cher Monsieur,

Je me permets de vous vouvoyer, ce qui sera plus simple au vu de ce que j’ai à vous dire : je vous déteste.

Vous nous commencez un splendide roman, tel Roger Martin du Gard et ses Thibault ou Emile et ses Rougeon pour nous laisser tomber comme deux ronds de flan ou retomber comme un splendide soufflé.

Vous me semblez pourtant extrêmement doué : le juste mot collé au bon sentiment, des descriptions champêtres dignes d’un Jean Giono, voire d’un Pagnol hors concours…. Vous savez nous toucher et nous atteindre comme un Cesbron, nous diffuser la tension de votre récit comme un Simenon dans la force de sa créativité pour finalement nous arranger une fin à l’arrachée digne d’un Stephen King.

Mais vous n’êtes pas un Stephen, vous êtes un Franck, le Franck, le Bouysse même. Un individu à la plume poignante, à l’écriture si naturelle, aux serments et aux senteurs si naturelles pourtant…Comment avez-vous pu ainsi vous laisser aller ?

Vous nous bâtissez un récit ardu et semé d’embûches étymologiques, au vocabulaire si précis, si détaillé et si riche que souvent j’en ai regretté de ne pas avoir un dictionnaire sous la main afin de parfaire ma culture. De prime abord ardu, votre richesse d’écriture a su me conquérir et m’accrocher, même si votre lecture fût longue, mais c’est une question de situation.

Tissé dans le fil de l’Histoire sociale et politique d’une époque que les moins de 100 ans ne peuvent connaître (sauf au travers des pages si souvent tournées de ces manuels d’Histoire que nous ont contés nos chers enseignants parce que cela était leur métier…), vous avez su toucher ma fibre familiale, me faire me souvenir qu’un jour je fus adolescent, qu’un jour je fus amoureux pour la première fois.

Pour cela, mille et un merci. Mille et un merci d’avoir su raviver ces braises d’émotions, ces fagots de sentiments depuis si longtemps éteints, ce feu si vite effacé.

Merci aussi d’avoir su nous chanter la complainte du paysan (sans arrière-pensée aucune sur ce mot : celui qui travaille la Terre) qui quoi qu’il arrive, entre la croupe d’une vache et les semis à  planter, n’oublie jamais le droit du sol, le pouvoir de l’argent et la force de la terre mère.

Parce que la mère quand elle n’est pas Terre est néanmoins très terre à terre dès qu’il s’agit de perpétuer la race ou le nom ou le sang, que cela soit vrai ou fabulé, que la malédiction tombe encore une fois au même endroit ou qu’elle tente par tous les moyens de préserver sa progéniture.

Parce la progéniture monsieur c’est tout ce qui leur reste à ces braves gens, et même quand elle est morte, on en garde encore le souvenir chevillé au corps et le souffle enchainé au cœur au point de fabuler, au point de se perdre, au point de transposer sur d’autres ce trop-plein d’amour que l’on ne sait exprimer autrement que par la brusquerie, les confidences incertaines et tâtonnantes, la hargne et la rancœur contenue.

Donc Monsieur Bouysse vous avez su d’une part conquérir mon cœur et mon âme mais Dieu seul sait que je vous en veux ! Car d’un récit que je ne voulais pas voir se terminer, de ces personnages que vous croquez avec tant de simplicité et que vous plongez dans les affres de la vie pour leur donner corps vous nous offrez une fin si fine et si légère que je ne peux qu’être colère malgré toutes ces émotions que vous avez su faire renaître.

Donc, même si ma colère à votre encontre est justifiée, n’en gardez pas le souvenir et donnez-moi juste le plaisir de lire une de vos fresques paysannes si bien écrite et qui sait si bien se mêler au rythme des saisons et au son des cris de cette multitude animale qui nous entoure et que nous oublions d’écouter.

Merci Monsieur Bouysse pour ce merveilleux moment d’écriture si vite terminé, pour cette histoire trop facilement terminée alors qu’elle est si bien contée.

Je vous souhaite une bonne continuation et j’ai hâte de vous relire encore et encore (et rien à secouer des lames de mon plancher).

Cordialement

Le Corbac.