Le jeu du chat et de la souris, tomes 1 et 2 – Setona Mizushiro

Mon avis : coup de 💕

Genre : romance, BL, psychologique
Public : public averti
Statut de la série : terminée
Tomes parus en VF : 2
Tomes parus en VO : 2

Résumé éditeur

À cause de son caractère indécis, Kyoïchi s’est laissé prendre plusieurs fois au piège de l’adultère. Mais un jour, apparaît devant lui un homme que son épouse a engagé pour enquêter sur ses infidélités : il s’agit d’Imagasé, un garçon qu’il a connu à la fac. Ce dernier accepte de garder le secret, mais en échange, il lui réclame son corps…

Ce titre est un des premiers BL que j’ai lu, peu après l’incroyable L’Infirmerie après les cours de la même mangaka. C’est une romance tortueuse, avec une relation complexe, voire toxique. Ses personnages imparfaits sont terriblement humains, l’un se débat avec des sentiments amoureux destructeurs, jusqu’à frôler la folie ; l’autre est trop lâche pour le repousser, se laisse porter par les autres. Aucun des deux n’a un comportement vraiment moral, aucun d’eux n’est « un type bien », et c’est probablement parce qu’ils sont truffés de défauts qu’ils paraissent crédibles et sont fascinants.

Si Le Jeu du Chat et de la Souris est un manga résolument érotique, les scènes explicites ne sont pas gratuites : elles sont le reflet des pulsions frustrées ou refoulées de l’un ou l’autre. Chaque étape montre l’évolution de leur relation, de leurs sentiments, mais surtout les réflexions qui agitent Kyoïchi sur le désir et le plaisir charnel. Alors qu’il est homme à se laisser porter par les évènements, son caractère passif n’est pas seulement une position au lit, mais son comportement habituel et tout l’enjeu de ce personnage est de savoir s’il va finir par prendre sa vie en main à un moment.

Car Imagasé bouscule toutes ses conceptions sur son identité et sa sexualité. L’idée d’entretenir une relation avec un homme n’a jamais traversé l’esprit de Kyoïchi et il a bien du mal à déméler ses sentiments et sensations. Alors qu’il craint de se perdre dans les bras d’Imagasé, de s’éloigner de la « normalité » ou de ce qu’il pense connaître de lui-même, il doit peu à peu se redéfinir.

Les deux hommes avancent également avec des conceptions de l’amour et du bonheur bien différents, et pas forcément toujours compatibles. Imagasé, amoureux depuis toujours d’un hétéro, se perd dans une relation apparemment impossible, incapable de lâcher prise, passer à autre chose ou même s’y perdre complètement. Pourtant il a une approche du couple bien moins égoïste que son compagnon qui considère l’amour comme quelque chose qu’il prend plutôt que de donner.

Alors qu’ils se chassent, se déchirent, se retrouvent parfois, le lecteur se demande s’ils parviendront à un moment à trouver un véritable terrain d’entente entre eux. Setona Mizushiro nous propose ainsi une de ces histoires d’amour dont elle a le secret, mature, à la psychologie complexe, sans conclusion magique comme on en trouve parfois dans les romances.



Les Nyxers de Fémi Peters

Un monde où la nuit aurait disparu…rêve ou cauchemar?

Qui n’a jamais pensé : « Ah ! Si les journées étaient plus longues pour avoir le temps de tout faire ? Ah ! Je ne courrais plus après le temps ! Ah ! Tout ce temps perdu à dormir ! ». Véïane, elle, vit dans un monde où la nuit a disparu…mais à quel prix ?

Merci à Fémi de m’avoir permis de lire sa nouvelle.

Mais cette nouvelle est horrible !
Vous êtes pris à la gorge, aux tripes.

Les deux tiers ne sont qu’émotions. Des émotions fortes, puissantes, douloureuses.
Je l’ai lu en 5 minutes mais j’ai dû m’arrêter au bout de 2mn30 pour reprendre mon souffle et le terminer.

Le dernier tiers nous amène un vent d’espoir, de renouveau. Comme quoi rien n’est figé, ni inéluctable.

Je vous laisse découvrir cette très bonne nouvelle.

Bonne lecture !

Rêveurs d’Eux de Laurent de Coudenhove

La Tribu marche. Depuis ce jour où à Ur, leur précédent foyer, Eux leur a demandé de partir. Non pas un exil, non pas une quête, mais une attente, Eux reviendront.
Batir, le Rêveur de la Tribu le sait. Il faut qu’ils restent unis, qu’ils ne se laissent pas détourner de leur route par certains visionnaires ambitieux.
Sarah, la combattante, Saphira la gamine des rues et Bachir, un jeune garçon de la tribu vont unir leur force et sceller leur destin.

Merci à Laurent de Coudenhove de m’avoir confier son ouvrage.

J’ai découvert sir Laurent sur le site d’atramenta.net il y a de cela quelques années avec Lassa Les Mots De Pouvoir tome 1. Ce livre a fait parti de mes premiers coups de coeur.

Avec Rêveurs d’Eux, Monsieur de Coudenhove récidive.
Mais cette fois-ci, il nous offre tout une société divisée entre les nomades (les rêveurs d’Eux) et les sédentaires.

Il n’y a pas à proprement parlé de personnage principal mais nous avons cette ambiance, cette société nomade qui est scindée en deux. La croyance en Eux est l’axe central de cette histoire. Eux sont les personnages principaux. Au fil des pages nous apprenons à les connaître.

Nous sommes dans de la fantasy médiévale classique avec son univers et son environnement. De ce côté, il n’y a que peu de changement avec Lassa.

Cet ouvrage est surtout une ambiance, un monde, un univers et une croyance. C’est beau.

Certains passages étaient, pour moi, soit trop long ou trop court du moins pas assez développé.

Si je devais donner une préférence entre Rêveurs d’Eux et Lassa, je resterai sur Lassa.

Cela reste une très bonne lecture, le style de Laurent est fluide et très agréable à lire.
Je vous invite à le découvrir.

Bonne lecture !

Gurifin et l’ode à la Lune de Yannick A. R. Fradin

À travers un voyage poétique et semé d’embûches, le griffon Gurifin part en quête de celle qui fait battre son coeur : la Lune.

 

Tout d’abord, je voudrai remercier l’auteur de m’avoir confier sa nouvelle.

En quelques pages, l’auteur nous transporte dans les airs en compagnie de Gurifin, un griffon.
Et cet animal mythique est follement amoureux de la lune.

Nous entrons réellement en amour avec Gurifin. Nous tentons avec lui de séduire la lune. Nous relevons le défi et nous sommes trahis avec lui.

Yannick Fradin nous propose toute une palette d’émotions. Cela va de l’amour au désir, en passant par la dévotion, l’espoir, le désespoir et le mépris avec au final la trahison.

La plume est fluide, nous emmène en douceur, avec amour.
C’est très poétique, malgré tout, un peu trop académique pour moi.

Cela reste une très bonne lecture, un beau texte que je vous invite à découvrir.

Bonne Lecture !!!

La Ligue des ténèbres Saison 3 L’Appel de Catherine Loiseau

La Ligue des ténèbres a vaincu l’Union des parfaits et continue ses voyages au jour le jour. Cette confortable routine se trouve brisée par l’irruption d’une personne bien connue de Samantha…
Dans son sillage, les voyages de la Ligue vont prendre un tournant mouvementé, entre fin du monde, monstres assoiffés de sang et voyage fantasmagorique. De nombreux dangers guettent Ginger, Tom, le professeur Nutter et Samantha, car de vieux ennemis qu’ils croyaient vaincus les guettent dans l’ombre. Une chose est sûre : les voyages touchent à leur fin…

 

Encore une fois, je remercie Catherine de me permettre de continuer et finir cette saga.

Avec cette saison 3, dame Loiseau clôture les aventures de la ligue des ténèbres. Chaque épisode nous emmène dans leurs aventures rocambolesques. Mais cette fois-ci, il n’est pas question de subtiliser le pouvoir ou d’arnaquer qui que ce soit. C’est le pouvoir qui vient à eux.

Hannnnnnnn ! Yanniiiiiick est en train de spoiler, c’est pas biennnnnnnn 😛
Bon un peu de sérieux, reprenons !

Nous découvrons une évolution chez les personnages. Leurs aventures les ont modelé. Certes, ils relèvent toujours les défis mais plus dans la même optique. lls sont plus altruistes.

L’auteure nous offre une superbe fin. Je ne vous en dirai pas plus cette fois. Ahahahahha !
Juste rien que pour ça, ça vaut le coup. Nous découvrons qui se cache derrière les mémoires (même si on se doute) mais pas que…

Catherine Loiseau continue à nous ravir avec sa plume fluide, moderne et agréable à lire. Elle clôture avec brio cette saga !

Si vous ne connaissez pas La Ligue des ténèbres, je vous invite à la découvrir d’urgence !!!

Très bonne lecture à vous !



Tokyo Babylon, tomes 1 à 7 – CLAMP

Mon avis : coup de 💕 – un de mes mangas préféré

Genre : SFFF, mystère, société
Public : grands ado, adultes
Statut de la série : terminée
Nombre de tomes : 7

Résumé éditeur

Subaru Suméragi est un maître du yin et du yang qui utilise ses puissants pouvoirs psychiques pour protéger Tokyo. Il est ami avec Seïchiro Sakurazukamori, en apparence un simple vétérinaire. Mais la vérité est plus compliquée qu’il n’y paraît, et les rêves de Subaru lui montrent un autre visage de Seïchiro…

 

Cette année j’ai eu envie de relire mes titres préférés de CLAMP afin de leur faire des chroniques dignes de ce nom. Si le travail des 4 mangaka ne me plait plus tellement ces dernières années, elles gardent une place particulière dans mon coeur : mon premier manga était Tsubasa Reservoir Chronicle et je me suis passionnée pour nombre de leurs autres titres

J’ai commencé par Tokyo Babylon qui est celui qui m’a le plus marquée et qui constitue le préquel de mon titre préféré, X-1999. Si c’est un de leur plus anciens titres, il aborde des thématiques de société qui restent actuelles et est porté par un trio aussi complexe que charismatique. Les graphismes sont donc d’époque, avec quelques maladresses dans les proportions, toutefois une certaine élégance se dégage déjà de planches aux aplats faussement simplistes pour mettre en valeur les personnages qui sont au coeur de toute l’ambiance.

 

Une réflexion sur la société

L’intrigue de Tokyo Babylon suit les interventions de Subaru dans son travail d’exorciste, avec une succession de cas. Chacun est l’occasion pour le héros de se confronter à des êtres humains différents, d’apprendre d’eux, mais c’est surtout un moyen pour les mangaka d’aborder divers thèmes de société.

« Les personnes âgées peuvent être comparées à des livres d’histoire vivants » – Subaru

Si certains phénomènes peuvent paraître datés – comme les conversations de groupe par téléphone (encore qu’on a là une ébauche des réseaux sociaux) -, la quasi totalité restent très actuels : de l’immigration, à la place des personnes âgées, de la crise immobilière au suicide, du harcèlement scolaire aux sectes, une multitude de sujets de réflexion interrogent non seulement les personnages mais bien sûr aussi le lecteur.

« Ceux qui acceptent de donner les organes de leurs proches pensent que c’est un moyen de prolonger un peu leur vie. » – Seïchiro

Comme toujours avec CLAMP, nul manichéisme dans les cas présentés. Les personnages – principaux ou secondaires – ne sont que des êtres humains imparfaits, aux convictions parfois contradictoires. Ainsi les mangaka ne prennent pas de position franche sur beaucoup de sujets, comme celui du don d’organe : elles se contentent de présenter la détresse et les croyances de différents points de vue, laissant ainsi le lecteur se faire sa propre opinion.

« Japonaise ou étrangère… peu importe ! Nous sommes avant tout des êtres humains. » – Hokuto

En abordant ces sujets de fond c’est en réalité la nature humaine elle-même qu’analysent les CLAMP. À travers réactions de chacun à des situations ordinaires ou extraordinaires, elles explorent nos facettes les plus sombres ou les plus nobles, pour livrer un message profondément humaniste, particulièrement bien exprimé par la voix d’Hokuto.

« Je hais Tokyo, je méprise cette ville si jolie, si étincelante la nuit et pourtant si cruelle ! » – Un esprit

La ville de Tokyo où se déroule l’action est ici le symbole des grandes villes, à la fois dynamiques et qui attirent nombre de gens, mais aussi froides et anonymes. La solitude, la misère et l’éloignement familial côtoient les réussites tout en restant dans l’ombre. Et si les premiers chapitres ont une apparence légère, on sent rapidement que quelque chose de sombre se profile.

 

***

 

Un titre mystique

La place des religions

En effet, le titre associe Babylon – détruite par la colère de Dieu – à Tokyo, allant jusqu’au parallèle des deux tours dès les premières pages. L’approche de l’apocalypse est ainsi évoquée à plusieurs reprises au cours de l’histoire, avec des références à la Bible ou aux prédictions de Nostradamus.

« C’est une ville unique qui s’amuse lentement à observer son déclin » – Seïchiro

Comme dans beaucoup de titres de CLAMP, les inspirations religieuses sont nombreuses. Les mangaka ne se cantonnent pas au bouddhisme et au shitoïsme pratiqués au Japon, et ce dès les premières images du manga : la croix chrétienne ou les habits catholiques reviennent régulièrement, y compris sur les couvertures. La croix revient aussi sous sa forme inversée, référence au satanisme. Quant aux autres religions, elles sont présentes aussi, le Coran, la kabbale ou les écrits hindous sont évoqués et utilisés par moments.

Le trio de personnages n’est pas non plus sans rappeler la sainte trinité, bien que fortement altérée – pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrais pas pour ne pas spoiler. Subaru est typiquement un personnage christique, qui aime plus autrui que lui-même et peut se sacrifier pour l’Autre sans la moindre hésitation, comme son attitude le prouve à plusieurs reprises. Sa soeur Hokuto estime d’ailleurs que ce trait de son caractère n’est pas humain.

« Si cela pouvait apaiser cette femme tu te serais volontiers sacrifié » – Seïchiro à Subaru

Les religions sont ici à la fois sources de protection, de maléfices si elles sont détournées, mais également de croyances diverses : de la vie après la mort, à la divination – qui suppose donc que le destin est écrit -, en passant par la dualité corps / esprit ou la réincarnation. Les CLAMP les distinguent bien des sectes qui font croire aux personnes en position de faiblesse qu’il suffit de prier pour aller mieux sans contrepartie, une idée non seulement ne prend pas en compte les sentiments des victimes, mais va à contrecourant du principe d’équilibre cher aux mangaka.

 

La magie omniprésente

En religion, comme en magie, les CLAMP estiment que tout a un prix. D’ailleurs les magies utilisées dans Tokyo Babylon dérivent des religions, notamment du bouddhisme pour la voie du yin et du yang dont les familles Suméragi et Sakurazuka sont les représentantes.

Ainsi, plus le sort lancé est puissant, plus le prix est élevé – allant parfois jusqu’à une vie humaine en échange. Ce principe d’équilibre se retrouve dans nombres d’autres titres des mangaka, le plus évident étant bien sûr xxxHolic, où chaque vœu exaucé par la sorcière suppose un paiement de valeur équivalente.

« C’est le Sakanagi. Nul ne peut utiliser la magie impunément, les forces qu’elle dégage seront toujours en proportion avec le contrecoup que subira celui qui en aura abusé » – Seïchiro

Puisque les religions servent de socle à ces magies, rituels, habits cérémoniels, textes sacrés et cercles ésotériques sont sources de pouvoir pour notre trio principal. Le folklore japonais a également la part belle et les esprits torturés hantent les lieux d’intervention de Subaru.

 

***

 

Les personnages : trio, dualité, formes d’amour

Un trio complexe

Mais au-delà des sujets précédents, ce qui fait toute la saveur de Tokyo Babylon c’est sans conteste son trio principal : Subaru, Hokuto et Seïchiro. À eux seuls, ils présentent la plupart des facettes de l’humanité et de ses formes d’amour.

Leurs relations semblent initialement légères et simples, tout comme leurs personnalités, mais les deux recèlent en réalité de nombreuses épaisseurs que l’on découvre peu à peu… et encore ! Si Subaru est relativement transparent, il m’a fallu trois lectures pour comprendre Hokuto et je pense que personne ne comprendra jamais vraiment Seïchiro.

« J’aimerais savoir qui est vraiment Seïchiro » – Subaru

Nous aussi Subaru, nous aussi… mais le mystère qui entoure Seï le rend fascinant et, selon moi, rien de moins que le meilleur personnage de toute l’œuvre de CLAMP. Tour à tour prévenant, effrayant, drôle, impitoyable, intelligent, mais toujours extrêmement charismatique, il possède un charme indéniable. Dès les premières pages, il déclare être amoureux de Subaru, et sa meilleure alliée est Hokuto.

« C’est vrai qu’il a « l’air gentil » mais est-il vraiment « gentil » ? Ça reste à prouver » – Hokuto à propos de Seïchiro

Sous ses dehors frivoles et exubérants, la soeur jumelle de Subaru est en réalité une jeune femme forte et perspicace. Sa relation avec Seïchiro semble légère, cependant ils se comprennent – et se ressemblent, notamment par leur sens pratique – bien mieux tous les deux, que Seïchiro et Subaru, voire Hokuto et Subaru. Leurs conversations sont souvent à demi-mot, détournées lorsqu’elles entrent en terrain glissant, en général par Seï.

« Si je te laisse rentrer dans cet état tu risquerais d’attraper froid et Hokuto serait furieuse ! » – Seïchiro à Subaru

Ce genre de remarque de Seï revient à plusieurs reprises et me laisse supposer (mais avec lui, toujours difficile d’avoir des certitudes) qu’il a un profond respect pour la jeune fille. Je pense d’ailleurs que la dernière scène partagée par ces deux là résulte de ce même respect, mêlé à d’autres sentiments que je développerai plus bas dans une partie avec des spoilers (annoncés).

« J’ai un pouvoir que tu ne possèdes pas, celui de comprendre ton coeur » – Hokuto à Subaru

Subaru a un côté altruiste si développé qu’il confine au divin et en a oublié de développer un amour de lui-même. Hokuto, très attachée à son frère jumeau, s’est donné pour mission de prendre soin de lui, que ce soit pour s’assurer qu’il mange assez ou pour s’occuper de son coeur. Elle lui permet notamment de ne pas tomber dans des spirales de culpabilité qui risquent de l’auto-détruire.

 

La thématique de la dualité

« Les Suméragi sont face, les Sakurazuka sont pile… » – Hokuto

Cette phrase prononcée au début du tome 1 par Hokuto résume une des thématiques de Tokyo Babylon : la dualité.

En effet, Subaru comme Seï sont issus de familles qui pratiquent la voie du yin et du yang et représentent ainsi la vie et la mort. L’un ne peut exister sans l’autre, ces deux faces sont aussi opposées que complémentaires et indispensables. Et cette dualité ne se limite pas à la magie, elle se retrouve également dans la personnalité des deux hommes et même à travers les différents visages de Seï.

« C’est parce que nous sommes des êtres différents que nous pouvons nous préoccuper l’un de l’autre » – Hokuto à Subaru

Le thème se retrouve également dans le choix de héros qui sont jumeaux. À la fois très semblables avec leurs visages identiques et leur lien psychique très fort, Hokuto et Subaru sont également de sexes et caractères opposés.

Cet aspect opposition-complémentarité se retrouve sur les formes d’amour, un thème cher aux CLAMP. De l’amour salvateur / destructeur, à la conciliation de l’altruisme avec l’amour de soi, si l’on creuse un peu la lecture toutes ces questions sont soulevées à travers les relations entre ces trois là.

 

***

 

Focus sur la relation Subaru / Seïchiro

Attention cette partie comporte des spoilers, si vous souhaitez les éviter passez directement à la conclusion‼

L’un des plus grands mystères de Tokyo Babylon réside dans les véritables sentiments de Seïchiro envers Subaru.

Alors qu’il a toutes les raisons d’éliminer le jeune Suméragi dès leur première rencontre, il les lie par un pari qui met en jeu leurs cœurs à tous les deux.

« Sais-tu pourquoi les pétales de cerisier sont légèrement rouges ? Parce qu’ils se nourrissent du sang des cadavres enterrés à leur pied » – Seïchiro à Subaru

Si la floraison du cerisier est le symbole du retour à la vie, cette phrase du jeune Seï est une façon d’expliquer que la mort permet cette dernière. Et ces pétales blancs souillés ne sont-ils pas une image de la perte d’innocence du Sakurazukamori qui a dû endosser le macabre héritage familial ?

Alors quand le jeune garçon qu’il rencontre s’inquiète de la souffrance des cadavres, je pense que le tueur est touché malgré lui. Ce pari est peut-être une forme d’appel à l’aide, un espoir de développer des sentiments humains dont il affirme être dépourvu.

« Vous avez blessé Subaru et ça, je ne le pardonnerai pas » – Seïchiro

Tout au long de l’histoire et même après, on se demande ce qu’éprouve véritablement Seï pour Subaru. S’il affirme au bout du compte être incapable d’aimer, beaucoup de ses réactions protectrices sont équivoques et impliquent des sacrifices importants.

Je pense – et ce n’est ici que ma propre analyse avec beaucoup de conditionnel – qu’il crois ne pas avoir réussi à se faire aimer de Subaru, qui réalise ses propres sentiments trop tard. Je pense qu’il prend la perte de son oeil à la légère parce que d’une certaine façon il se déteste – et par conséquent ne s’estime pas digne de recevoir une quelconque affection. Je pense que finalement, il dit avoir gagné leur pari pour protéger son coeur, mais sait parfaitement qu’il a perdu – et que ça l’effraye car cela signifierait renier qui il est et d’où il vient. Et surtout se rendre vulnérable pour quelqu’un qui ne semble pas sur la même longueur d’onde. Au fond, il n’a pas la moindre idée de ce qu’est l’amour, lui qui a été élevé pour tuer.

Mais finalement, peut-être que Seïchiro est bien le robot sans âme qu’il affirme être, même si la suite de leur relation dans X-1999 me semble aller dans mon sens.

 

Si Tokyo Babylon peut se lire seul ce titre est aussi un préquel de X-1999 : ici, les CLAMP préparent le terrain pour l’apocalypse à venir. D’ailleurs le trio Subaru / Seïchiro / Hokuto trouve son écho avec Kamui / Fuuma / Kotori et plusieurs thématiques se recoupent.

Pour autant Tokyo Babylon est selon moi leur titre le plus mature par les sujets de société abordés, mais aussi à travers le mystère qui entoure Seïchiro. Les auteures semblent cependant donner une clé de compréhension de ce dernier dans la conclusion du manga :

« Peut-être que tous les gens qui font du mal sont tristes » – Un esprit

 

Voyageuse Tome 1 Iman Eyitayo

À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université. Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore. Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude. Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma. Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges…

 

Ce titre d’iman Eyitayo a été lu dans le cadre du PLIB2018.

J’ai le plaisir de suivre Iman depuis le tome 1 de sa saga fantasy Coeur de flamme mais aussi avec L’Anti-chambre des souvenirs.

Avec Voyageuse, nous retrouvons le style fluide, moderne et l’univers de l’auteure.
D’ailleurs cet univers est toujours aussi riche. Elle allie parfaitement, dans ce premier tome, le monde de fantasy et celui de l’outre-monde.
Comment ça ???? Non, non, non ! Je vous laisse découvrir surtout si vous avez lu tous les livres d’Iman.

C’est un mélange de fantastique et d’urban fantasy. Déjà que la frontière est mince mais là nous sommes sur le fil du rasoir. Elle nous offre une palette de magies inédites, du moins pour moi.

Mais elle nous offre également un mélange des cultures intéressant que j’aurai aimé qu’il soit plus développé, mais ce n’est q’un détail.

Encore une fois, les personnages d’Iman sont époustouflants de vérité et de sincérité. Nous avons l’impression de ressentir toutes les émotions et sensations en même temps qu’eux. L’amour, la découverte mais aussi la trahison.
nous évoluons en même temps qu’eux.

Elle nous distille son histoire où nous sommes entièrement pris jusqu’à… Paf!
Coup de théâtre ! Et nous mène jusqu’au bout en douceur. La fin c’est ce que l’on s’attend à lire mais encore une fois c’est la façon qu’Iman à de le faire qui change la lecture, l’approche.

Encore une fois, c’est un vrai régal !
Je suis conscient qu’il y a beaucoup de « encore », mais c’est Iman, elle m’a ENCORE emmené.
C’est une de mes plumes préférées.
Je vous souhaite une excellente lecture !!!

#PLIB2018, ISBN : 978-1548588687

Hidamari ga kikoeru, tomes 1 et 2 – Fumino Yuki

Mon avis : coup de 💕

Genre : handicap, romance, BL
Public : tout public
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 2
Tomes parus en VO : 3

Résumé éditeur

Kôhei, étudiant atteint de surdité, est souvent incompris par les autres, ce qui l’a amené à prendre ses distances petit à petit avec son entourage. Mais un beau jour, il va faire la rencontre de Taichi, étudiant dans la même université que lui. De nature joviale et qui n’hésite pas à dire franchement tout ce qu’il pense, cet étrange garçon va toucher Kôhei au plus profond de son coeur avec ces quelques mots : « ce n’est pas de ta faute si tu es malentendant ! ». Il est loin de s’imaginer à quel point Kôhei va peu à peu changer grâce à lui.

 

Dans ce joli titre, nous suivons Kôhei, malentendant, qui reste en retrait de toute vie sociale, et Taichi, jeune homme insouciant qui fréquente l’université un peu en touriste.

Suite à leur rencontre, Taichi prend des notes de cours pour Kôhei qui en échange lui prépare des repas. Pendant que l’un découvre un monde inconnu – celui du handicap – et un but dans la vie, l’autre va se retrouver bousculé hors de son isolement, poussé à communiquer avec les autres.

En effet, Taichi est un mélange de rayon de soleil et de tornade : impulsif, joyeux, gaffeur, mais aussi extrémement ouvert d’esprit, il tombe littéralement du ciel dans la vie de Kôhei. Impossible de rester insensible devant ce garçon lumineux dont la voix porte tant que Kôhei n’a pas trop de mal à le comprendre, qui se met en colère à sa place et l’accepte sans arrière pensée.

Car si Taichi s’adapte au handicap, il ne le voit pas vraiment. Pour lui ce n’est pas ce qui définit cette personne, contrairement à sa gentillesse, sa patience ou sa douceur. Alors qu’il cherche à redonner le sourire à Kôhei et qu’il trouve tellement dommage que les autres ne voient pas ses qualités, Taichi pousse son ami à s’affirmer face aux autres.

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien ! »

Avec ces quelques mots, prononcés avec une innocente sincérité, Taichi soulage des années de souffrance et de culpabilisation. Alors que le handicap était déjà difficile à accepter pour Kôhei – qui n’est pas né malentendant -, le rejet social qui l’a suivi a poussé le garçon à se replier sur lui-même, à s’excuser de déranger ceux qui l’entourent. À cheval entre le monde des entendants et des sourds, il ne se sent appartenir à aucun des deux, ni le droit de s’exprimer nulle part.

Ce que Taichi lui transmet – sans vraiment le réaliser – en le poussant à dire ce qu’il ressent ce n’est rien de moins que :
« Tu as le droit d’exister. Tes sentiments ne valent pas moins que ceux des autres. »

Le handicap auditif est ainsi abordé à travers leur histoire, de cet aspect psychologique et social, aux points plus pratiques comme les adaptations possibles pour les personnes touchées : appareillage, apprentissage de la lecture sur les lèvres ou de la langue des signes.

Hidamari ga kikoeru est aussi un boy’s love. Oui, aussi, pas en premier : la romance est présente, mais n’est qu’au second plan. Et ce n’est pas plus mal, car leur histoire est ainsi progressive et crédible.

La relation de Kôhei et Taichi est avant tout faite de respect mutuel et de confiance. Si Taichi veut soutenir son compagnon, il sait aussi qu’il est capable de se débrouiller seul ; quant à Kôhei il ne cherche pas à accaparer celui qu’il aime. L’intrigue nous dépeint une histoire d’amour tendre et équilibrée, où la présence de l’autre n’est pas étouffante mais une source d’enrichissement et de joie.

L’avertissement « pour public averti » au dos des volumes me laisse d’ailleurs perplexe : rien ne le justifie, il n’y a aucune scène explicite, mais au contraire un beau message de tolérance.

 

The Mortal instruments, renaissance Tome 1 La Princesse de la nuit de Cassandra Clare

Cinq ans après les événements de Mortal Instruments, Emma Carstairs est prête à venger la mort de ses parents…
Après le meurtre de ses parents, Emma Carstairs rejoint l’Institut des Blackthorn pour devenir une redoutable Chasseuse d’Ombres. Et quand des crimes similaires sont découverts, elle est décidée à retrouver l’assassin et à se venger.
Mais dans sa quête de vérité émergent de nombreuses questions : que veulent dire ces étranges inscriptions sur les corps ? Pourquoi l’Enclave leur a-t-elle interdit de chercher le coupable ? Et surtout, pourquoi ses pouvoirs de parabatai deviennent-ils aussi puissants en présence de Julian ?

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du #PLIB2018. Sans le prix je ne pense pas que je l’aurai lu, et ma foie, je ne lirai pas la suite.

C’est dommage parce que le début, les 20 premières pages me plaisaient bien. Des néphilims, de la magie, le monde contemporain. Il y avait tout dans ce livre pour me plaire. Sauf que…

Et bien dans les 300 pages suivantes je me suis fait ch… je patientais en me demandant quand est-ce qu’il va se passer quelque chose. Est-ce que le côté mielleux allait cesser pour faire la part belle à l’enquête ? Et même après 300 pages, ce n’est pas terrible.

C’est franchement triste, parce que le style de l’auteure (et la traduction) fait que c’est facile à lire, fluide.
Le pire dans tout cela c’est que l’univers, le thème, la nature des personnages…, et bien… tout cela est riche, extrêmement bien monté et amené.

l’auteure a tout misé sur les émotions et les sentiments et je le regrette beaucoup.

Ça m’arrive très rarement mais je ne conseillerai ce livre à personne (de ma connaissance).

Alors, est-ce que ce livre peut faire parti des finalistes du #PLIB2018 ?
J’espère que non, il y a certainement d’autres livres (que je n’ai pas encore lu) qui le méritent. C’est un ÉNORME non !

 

#ISBN:9782266240550  #PLIB2018

Given, tomes 1 et 2 – Kizu Natsuki

Mon avis : coup de 💕

Genre : BL, romance, musique
Public : tout public
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 3
Tomes parus en VO : 4

Résumé éditeur

Uenoyama est un lycéen féru de guitare et de basket. Seulement, la passion qui l’animait semble s’être éteinte pour laisser place à un quotidien morne, rythmé par de simples siestes. Un jour, il tombe sur Mafuyu, qui s’est endormi à l’un de ses endroits favoris, une superbe guitare Gibson serrée contre lui. Ce dernier le supplie alors de la réparer et de lui apprendre à en jouer. Si Uenoyama refuse catégoriquement au début, il finit par l’aider et va même jusqu’à l’intégrer dans son groupe. Il découvre derrière la candeur de Mafuyu un talent incroyable et bouleversant. Malheureusement, ce dernier est également hanté par un lourd traumatisme qui l’empêche de s’exprimer pleinement.

 

Given est sans aucun doute un des mangas les plus sensibles que j’ai pu lire et a su m’émouvoir aux larmes à plusieurs reprises. Difficile de décrire l’atmosphère à fleur de peau, le mélange de tristesse et d’espoir, de douceur et parfois de sentiments violents, qui s’en dégage.

Tout commence par une rencontre, celle de deux lycéens aux caractères bien différents : Ritsuka, plutôt grognon et rentre-dedans, et Mafuyu, franchement dans la lune et effacé. Une guitare les rapproche alors et devient le symbole du mystère qui entoure Mafuyu – que fait un musicien néophyte avec une Gibson dont il ne sait même pas changer les cordes ?

Rapidement les deux garçons sont fascinés l’un par l’autre. Tandis que Mafuyu trouve Ritsuka tellement cool quand il joue, ce dernier ne peut s’empêcher de s’intéresser à son compagnon – sans trop savoir ce qui l’attire tant. Jusqu’au moment où Mafuyu se met à chanter et le bouleverse au plus profond de son être.

Tandis que Ritsuka tente de comprendre les sentiments dévastateurs et embrouillés qui l’envahissent, Mafuyu est coincé dans un passé qu’on découvre peu à peu. La musique va devenir un moyen pour eux d’évoluer, ainsi qu’un nouveau langage.

Plus âgés que les lycéens, les deux autres membres du groupe, Akihiko et Haruki, sont comme des grands frères qui les soutiennent à leur manière. Loin d’être en retrait, ces personnages sont tout aussi importants et attachants. L’arrivée de Mafuyu dans leur groupe de musique se fait à la fois en douceur et comme un grand bouleversement : toute la dynamique du manga est résumé dans ce paradoxe.

Côté graphisme, Kizu Natsuki maîtrise à la perfection son trait et sa composition des planches. Tour à tour dynamique ou sensible, le dessin est entièrement au service de l’émotion et de la musique qui alors prend vie sous nos yeux.

Un titre tout en émotions subtiles, porté par des jeunes qui se cherchent, un amour de la musique et un visuel délicat.