Les nuits d’Aksehir, tomes 1 à 3 – Riku Ichikawa

Genre : Turquie, danse orientale, cuisine, mode, religion
Public : tout public
Statut de la série : terminée
Tomes parus en VF : 3
Tomes parus en VO : 3

Résumé éditeur 

Ayako est une jeune étudiante à Tokyo, en école de mode. Pourtant, peu motivée, elle ne trouve pas l’inspiration pour créer des design satisfaisants et orginaux. Mais grâce à l’amulette qu’elle porte autour cou, une opportunité inattendue va s’ouvrir à elle : Hodja, imigré turc, va lui proposer de travailler en tant que serveur au sein d’Akşehir, son petit restaurant égaré au coeur de Shinjuku. Au fil de ses rencontres et de ses nuits de service, mais aussi au contact de Zakuro, fascinante danseuse orientale, Ayako va découvrir tout le charme de la culture turque au-delà de tous clichés. Et si cette nouvelle ouverture sur l’étranger lui montrait enfin la Voie à suivre ?

Mon avis : 👍

Je cherchais un titre sur un sport peu connu dans le cadre d’un challenge et voilà un thème qui m’inspirait très peu : le sport n’est pas ma tasse de thé, seul Haikyuu a vraiment réussi à me conquérir malgré son sujet. Les seuls sports que j’aime sont l’équitation (mais j’ai déjà chroniqué Jumping) et ceux à composante artistique. Et il se trouve que le hasard a mis Les nuits d’Aksehir sur mon chemin et qu’un des thèmes centraux de ce titre est la danse orientale.

En effet, notre héroïne, Ayako, y rencontre Zakuro, qui tous les soirs danse dans le restaurant turque où elles travaillent. Les costumes changent en fonction des danses, car selon l’origine et les influences nous apprenons qu’il existent DES danses orientales. Vivre de son art est un des buts de Zakuro, mais le chemin n’est pas aisé, pas plus que celui d’Ayako qui étudie la mode. Sa rencontre fortuite avec la culture turque va cependant l’inspirer et l’aider à évoluer.

Autour de ces deux thèmes, c’est toute la civilisation turque que nous découvrons à travers les yeux d’Ayako. De la cuisine à la religion, des arts à la langue, en passant par la politique ou la place des femmes, Les nuits d’Aksehir nous invite au voyage mais aussi à la tolérance et au respect des différences. Sans être un manga inoubliable, son histoire courte en trois tomes est à la fois une belle évasion mais aussi le terreau de réflexions sur notre vision du monde.

Daisy, lycéennes à Fukushima, tomes 1 et 2 – Reiko Momochi

Mon avis : coup de 💕

Genre : témoignage, écologie, drame
Public : à partir de 12 ans environ
Statut de la série : terminée
Tomes parus en VF : 2
Tomes parus en VO : 2

Résumé éditeur

Depuis le terrible tsunami qui a frappé Fukushima, la jeune Fumi Kubo n’ose plus sortir de chez elle, trop inquiète pour sa santé et des dangers éventuelles des particules radioactives présentes dans l’air. Pourtant, en dernière année de lycée, il faudra bien qu’elle se décide à retourner en cours. Mais est-il seulement possible de recommencer à vivre et de faire comme si de rien n’était, quand même une simple pluie peut être la menace d’une contamination radioactive ? Heureusement, elle pourra compter sur Moé, Ayaka et Mayu, ses trois meilleures amies.

Est-il possible de construire leur avenir sur cette terre polluée qu’est-devenue Fukushima ? En tant que filles, en tant que femmes, en tant que futures mères… Tandis que le reste de la jeunesse japonaise et du monde a le droit de profiter de sa vie dans l’insouciance, tandis que le monde entier a oublié le drame qui s’est abattu sur Fukushima et que ses habitants tombent dans l’oubli, quel avenir s’offre à ces adolescentes, à l’aube de leur vie d’adulte ?

 

 

Depuis que j’ai lu Double Je de Reiko Momochi j’avais prévu de découvrir son Daisy lycéennes à Fukushima. Comme avec son titre précédent, la mangaka aborde des sujets difficiles qui m’ont arraché des larmes à plusieurs reprises. Impossible en effet de rester de marbre face à cette histoire qui s’inspire de témoignages réels des jeunes de Fukushima.

Daisy désigne le nom du groupe de musique de quatre lycéennes que l’on suit quelques mois après le séisme. Elles réagissent chacune avec leur personnalité et leur sensibilité aux suites de la catastrophe. Autour d’elles, une ville traumatisée, qui n’ose plus laisser ses enfants jouer dehors, s’affole à chaque averse, garde les yeux rivés sur les dosimètres. Les retombées économiques sont également énormes, obligeant nombre de familles à lutter d’une façon ou d’une autre pour subsister à leurs besoins.

L’une des questions qui revient le plus se résume ainsi : partir ou rester ? Il n’y a aucune bonne réponse, quitter la préfecture pour se mettre en sécurité et retrouver un emploi ou rester dans son pays natal pour le reconstruire, chaque choix est compréhensible et douloureux.

Dans le tome 2 Fumi étend sa conscience de la portée de la catastrophe nucléaire en découvrant la vie des réfugiés. Ces derniers vivaient au plus près de la centrale et ont tout perdu. Peu à peu la jeune fille comprend jusqu’où les vies qui l’entourent – et pas seulement celles de ses proches – sont impactées, leur sentiment d’être abandonnées par les autorités, les discriminations auxquelles elles doivent faire face.

Ce débat écologique est approfondi par les textes qui se trouvent en fin de volume. L’état des lieux sur la vie à Fukushima 3 ans après la catastrophe m’a de nouveau tiré des larmes, les informations sur le nucléaire m’ont donné matière à réflexion. Un titre important pour comprendre comment la vie quotidienne d’habitants d’un des pays les plus développé au monde a été bouleversée le 11 mars 2011.

 

Eclat(s) d’âme, tome 1 – Yuhki Kamatani

Mon avis : coup de 💕

Genre : LGBT+, société, tolérance
Public : tout public
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 1
Tomes parus en VO : 3

Résumé éditeur

« Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder une vidéo gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde.

 

Eclat(s) d’âme est un manga difficile à chroniquer, à la fois pour ne pas trop en révéler et parce que parfois il n’y a rien à dire quand un titre est excellent, à part lisez-le !

Tout d’abord, je pense que c’est une lecture indispensable, en particulier pour les jeunes. À la fois pour ceux qui ne se rendent pas compte du mal qu’ils peuvent faire avec leur homophobie – peu importe sa forme -, mais surtout pour ceux qui ont du mal à s’accepter. Car c’est ici le chemin que fait Tasuku, celui de sa vérité, de l’acceptation de qui il est et du poids du regard des autres.

Son parcours est ici décrit de manière extrêmement touchante, mais aussi avec une poésie incroyable. Les graphismes sont de toute beauté, remplis de symbolisme et la narration très visuelle plonge le lecteur en plein cœur des émotions et tourments du jeune héros.

Tasuku rencontre plusieurs personnages – réunis autour de leur mystérieux « hôte » – qui l’aident à évoluer, simplement en étant là et en partageant qui ils sont. Deux jeunes femmes sont particulièrement au cœur de ce premier tome et je les ai trouvé très touchantes ; la fin nous laisse entrevoir d’autres profils de la communauté LGBT pour la suite de l’histoire.

Avec Eclat(s) d’âme l’éditeur engagé Akata a encore déniché une pépite incontournable, j’ai vraiment hâte de lire le prochain volume !

 

Tokyo Babylon, tomes 1 à 7 – CLAMP

Mon avis : coup de 💕 – un de mes mangas préféré

Genre : SFFF, mystère, société
Public : grands ado, adultes
Statut de la série : terminée
Nombre de tomes : 7

Résumé éditeur

Subaru Suméragi est un maître du yin et du yang qui utilise ses puissants pouvoirs psychiques pour protéger Tokyo. Il est ami avec Seïchiro Sakurazukamori, en apparence un simple vétérinaire. Mais la vérité est plus compliquée qu’il n’y paraît, et les rêves de Subaru lui montrent un autre visage de Seïchiro…

 

Cette année j’ai eu envie de relire mes titres préférés de CLAMP afin de leur faire des chroniques dignes de ce nom. Si le travail des 4 mangaka ne me plait plus tellement ces dernières années, elles gardent une place particulière dans mon coeur : mon premier manga était Tsubasa Reservoir Chronicle et je me suis passionnée pour nombre de leurs autres titres

J’ai commencé par Tokyo Babylon qui est celui qui m’a le plus marquée et qui constitue le préquel de mon titre préféré, X-1999. Si c’est un de leur plus anciens titres, il aborde des thématiques de société qui restent actuelles et est porté par un trio aussi complexe que charismatique. Les graphismes sont donc d’époque, avec quelques maladresses dans les proportions, toutefois une certaine élégance se dégage déjà de planches aux aplats faussement simplistes pour mettre en valeur les personnages qui sont au coeur de toute l’ambiance.

 

Une réflexion sur la société

L’intrigue de Tokyo Babylon suit les interventions de Subaru dans son travail d’exorciste, avec une succession de cas. Chacun est l’occasion pour le héros de se confronter à des êtres humains différents, d’apprendre d’eux, mais c’est surtout un moyen pour les mangaka d’aborder divers thèmes de société.

« Les personnes âgées peuvent être comparées à des livres d’histoire vivants » – Subaru

Si certains phénomènes peuvent paraître datés – comme les conversations de groupe par téléphone (encore qu’on a là une ébauche des réseaux sociaux) -, la quasi totalité restent très actuels : de l’immigration, à la place des personnes âgées, de la crise immobilière au suicide, du harcèlement scolaire aux sectes, une multitude de sujets de réflexion interrogent non seulement les personnages mais bien sûr aussi le lecteur.

« Ceux qui acceptent de donner les organes de leurs proches pensent que c’est un moyen de prolonger un peu leur vie. » – Seïchiro

Comme toujours avec CLAMP, nul manichéisme dans les cas présentés. Les personnages – principaux ou secondaires – ne sont que des êtres humains imparfaits, aux convictions parfois contradictoires. Ainsi les mangaka ne prennent pas de position franche sur beaucoup de sujets, comme celui du don d’organe : elles se contentent de présenter la détresse et les croyances de différents points de vue, laissant ainsi le lecteur se faire sa propre opinion.

« Japonaise ou étrangère… peu importe ! Nous sommes avant tout des êtres humains. » – Hokuto

En abordant ces sujets de fond c’est en réalité la nature humaine elle-même qu’analysent les CLAMP. À travers réactions de chacun à des situations ordinaires ou extraordinaires, elles explorent nos facettes les plus sombres ou les plus nobles, pour livrer un message profondément humaniste, particulièrement bien exprimé par la voix d’Hokuto.

« Je hais Tokyo, je méprise cette ville si jolie, si étincelante la nuit et pourtant si cruelle ! » – Un esprit

La ville de Tokyo où se déroule l’action est ici le symbole des grandes villes, à la fois dynamiques et qui attirent nombre de gens, mais aussi froides et anonymes. La solitude, la misère et l’éloignement familial côtoient les réussites tout en restant dans l’ombre. Et si les premiers chapitres ont une apparence légère, on sent rapidement que quelque chose de sombre se profile.

 

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Un titre mystique

La place des religions

En effet, le titre associe Babylon – détruite par la colère de Dieu – à Tokyo, allant jusqu’au parallèle des deux tours dès les premières pages. L’approche de l’apocalypse est ainsi évoquée à plusieurs reprises au cours de l’histoire, avec des références à la Bible ou aux prédictions de Nostradamus.

« C’est une ville unique qui s’amuse lentement à observer son déclin » – Seïchiro

Comme dans beaucoup de titres de CLAMP, les inspirations religieuses sont nombreuses. Les mangaka ne se cantonnent pas au bouddhisme et au shitoïsme pratiqués au Japon, et ce dès les premières images du manga : la croix chrétienne ou les habits catholiques reviennent régulièrement, y compris sur les couvertures. La croix revient aussi sous sa forme inversée, référence au satanisme. Quant aux autres religions, elles sont présentes aussi, le Coran, la kabbale ou les écrits hindous sont évoqués et utilisés par moments.

Le trio de personnages n’est pas non plus sans rappeler la sainte trinité, bien que fortement altérée – pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrais pas pour ne pas spoiler. Subaru est typiquement un personnage christique, qui aime plus autrui que lui-même et peut se sacrifier pour l’Autre sans la moindre hésitation, comme son attitude le prouve à plusieurs reprises. Sa soeur Hokuto estime d’ailleurs que ce trait de son caractère n’est pas humain.

« Si cela pouvait apaiser cette femme tu te serais volontiers sacrifié » – Seïchiro à Subaru

Les religions sont ici à la fois sources de protection, de maléfices si elles sont détournées, mais également de croyances diverses : de la vie après la mort, à la divination – qui suppose donc que le destin est écrit -, en passant par la dualité corps / esprit ou la réincarnation. Les CLAMP les distinguent bien des sectes qui font croire aux personnes en position de faiblesse qu’il suffit de prier pour aller mieux sans contrepartie, une idée non seulement ne prend pas en compte les sentiments des victimes, mais va à contrecourant du principe d’équilibre cher aux mangaka.

 

La magie omniprésente

En religion, comme en magie, les CLAMP estiment que tout a un prix. D’ailleurs les magies utilisées dans Tokyo Babylon dérivent des religions, notamment du bouddhisme pour la voie du yin et du yang dont les familles Suméragi et Sakurazuka sont les représentantes.

Ainsi, plus le sort lancé est puissant, plus le prix est élevé – allant parfois jusqu’à une vie humaine en échange. Ce principe d’équilibre se retrouve dans nombres d’autres titres des mangaka, le plus évident étant bien sûr xxxHolic, où chaque vœu exaucé par la sorcière suppose un paiement de valeur équivalente.

« C’est le Sakanagi. Nul ne peut utiliser la magie impunément, les forces qu’elle dégage seront toujours en proportion avec le contrecoup que subira celui qui en aura abusé » – Seïchiro

Puisque les religions servent de socle à ces magies, rituels, habits cérémoniels, textes sacrés et cercles ésotériques sont sources de pouvoir pour notre trio principal. Le folklore japonais a également la part belle et les esprits torturés hantent les lieux d’intervention de Subaru.

 

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Les personnages : trio, dualité, formes d’amour

Un trio complexe

Mais au-delà des sujets précédents, ce qui fait toute la saveur de Tokyo Babylon c’est sans conteste son trio principal : Subaru, Hokuto et Seïchiro. À eux seuls, ils présentent la plupart des facettes de l’humanité et de ses formes d’amour.

Leurs relations semblent initialement légères et simples, tout comme leurs personnalités, mais les deux recèlent en réalité de nombreuses épaisseurs que l’on découvre peu à peu… et encore ! Si Subaru est relativement transparent, il m’a fallu trois lectures pour comprendre Hokuto et je pense que personne ne comprendra jamais vraiment Seïchiro.

« J’aimerais savoir qui est vraiment Seïchiro » – Subaru

Nous aussi Subaru, nous aussi… mais le mystère qui entoure Seï le rend fascinant et, selon moi, rien de moins que le meilleur personnage de toute l’œuvre de CLAMP. Tour à tour prévenant, effrayant, drôle, impitoyable, intelligent, mais toujours extrêmement charismatique, il possède un charme indéniable. Dès les premières pages, il déclare être amoureux de Subaru, et sa meilleure alliée est Hokuto.

« C’est vrai qu’il a « l’air gentil » mais est-il vraiment « gentil » ? Ça reste à prouver » – Hokuto à propos de Seïchiro

Sous ses dehors frivoles et exubérants, la soeur jumelle de Subaru est en réalité une jeune femme forte et perspicace. Sa relation avec Seïchiro semble légère, cependant ils se comprennent – et se ressemblent, notamment par leur sens pratique – bien mieux tous les deux, que Seïchiro et Subaru, voire Hokuto et Subaru. Leurs conversations sont souvent à demi-mot, détournées lorsqu’elles entrent en terrain glissant, en général par Seï.

« Si je te laisse rentrer dans cet état tu risquerais d’attraper froid et Hokuto serait furieuse ! » – Seïchiro à Subaru

Ce genre de remarque de Seï revient à plusieurs reprises et me laisse supposer (mais avec lui, toujours difficile d’avoir des certitudes) qu’il a un profond respect pour la jeune fille. Je pense d’ailleurs que la dernière scène partagée par ces deux là résulte de ce même respect, mêlé à d’autres sentiments que je développerai plus bas dans une partie avec des spoilers (annoncés).

« J’ai un pouvoir que tu ne possèdes pas, celui de comprendre ton coeur » – Hokuto à Subaru

Subaru a un côté altruiste si développé qu’il confine au divin et en a oublié de développer un amour de lui-même. Hokuto, très attachée à son frère jumeau, s’est donné pour mission de prendre soin de lui, que ce soit pour s’assurer qu’il mange assez ou pour s’occuper de son coeur. Elle lui permet notamment de ne pas tomber dans des spirales de culpabilité qui risquent de l’auto-détruire.

 

La thématique de la dualité

« Les Suméragi sont face, les Sakurazuka sont pile… » – Hokuto

Cette phrase prononcée au début du tome 1 par Hokuto résume une des thématiques de Tokyo Babylon : la dualité.

En effet, Subaru comme Seï sont issus de familles qui pratiquent la voie du yin et du yang et représentent ainsi la vie et la mort. L’un ne peut exister sans l’autre, ces deux faces sont aussi opposées que complémentaires et indispensables. Et cette dualité ne se limite pas à la magie, elle se retrouve également dans la personnalité des deux hommes et même à travers les différents visages de Seï.

« C’est parce que nous sommes des êtres différents que nous pouvons nous préoccuper l’un de l’autre » – Hokuto à Subaru

Le thème se retrouve également dans le choix de héros qui sont jumeaux. À la fois très semblables avec leurs visages identiques et leur lien psychique très fort, Hokuto et Subaru sont également de sexes et caractères opposés.

Cet aspect opposition-complémentarité se retrouve sur les formes d’amour, un thème cher aux CLAMP. De l’amour salvateur / destructeur, à la conciliation de l’altruisme avec l’amour de soi, si l’on creuse un peu la lecture toutes ces questions sont soulevées à travers les relations entre ces trois là.

 

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Focus sur la relation Subaru / Seïchiro

Attention cette partie comporte des spoilers, si vous souhaitez les éviter passez directement à la conclusion‼

L’un des plus grands mystères de Tokyo Babylon réside dans les véritables sentiments de Seïchiro envers Subaru.

Alors qu’il a toutes les raisons d’éliminer le jeune Suméragi dès leur première rencontre, il les lie par un pari qui met en jeu leurs cœurs à tous les deux.

« Sais-tu pourquoi les pétales de cerisier sont légèrement rouges ? Parce qu’ils se nourrissent du sang des cadavres enterrés à leur pied » – Seïchiro à Subaru

Si la floraison du cerisier est le symbole du retour à la vie, cette phrase du jeune Seï est une façon d’expliquer que la mort permet cette dernière. Et ces pétales blancs souillés ne sont-ils pas une image de la perte d’innocence du Sakurazukamori qui a dû endosser le macabre héritage familial ?

Alors quand le jeune garçon qu’il rencontre s’inquiète de la souffrance des cadavres, je pense que le tueur est touché malgré lui. Ce pari est peut-être une forme d’appel à l’aide, un espoir de développer des sentiments humains dont il affirme être dépourvu.

« Vous avez blessé Subaru et ça, je ne le pardonnerai pas » – Seïchiro

Tout au long de l’histoire et même après, on se demande ce qu’éprouve véritablement Seï pour Subaru. S’il affirme au bout du compte être incapable d’aimer, beaucoup de ses réactions protectrices sont équivoques et impliquent des sacrifices importants.

Je pense – et ce n’est ici que ma propre analyse avec beaucoup de conditionnel – qu’il crois ne pas avoir réussi à se faire aimer de Subaru, qui réalise ses propres sentiments trop tard. Je pense qu’il prend la perte de son oeil à la légère parce que d’une certaine façon il se déteste – et par conséquent ne s’estime pas digne de recevoir une quelconque affection. Je pense que finalement, il dit avoir gagné leur pari pour protéger son coeur, mais sait parfaitement qu’il a perdu – et que ça l’effraye car cela signifierait renier qui il est et d’où il vient. Et surtout se rendre vulnérable pour quelqu’un qui ne semble pas sur la même longueur d’onde. Au fond, il n’a pas la moindre idée de ce qu’est l’amour, lui qui a été élevé pour tuer.

Mais finalement, peut-être que Seïchiro est bien le robot sans âme qu’il affirme être, même si la suite de leur relation dans X-1999 me semble aller dans mon sens.

 

Si Tokyo Babylon peut se lire seul ce titre est aussi un préquel de X-1999 : ici, les CLAMP préparent le terrain pour l’apocalypse à venir. D’ailleurs le trio Subaru / Seïchiro / Hokuto trouve son écho avec Kamui / Fuuma / Kotori et plusieurs thématiques se recoupent.

Pour autant Tokyo Babylon est selon moi leur titre le plus mature par les sujets de société abordés, mais aussi à travers le mystère qui entoure Seïchiro. Les auteures semblent cependant donner une clé de compréhension de ce dernier dans la conclusion du manga :

« Peut-être que tous les gens qui font du mal sont tristes » – Un esprit

 

Hidamari ga kikoeru, tomes 1 et 2 – Fumino Yuki

Mon avis : coup de 💕

Genre : handicap, romance, BL
Public : tout public
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 2
Tomes parus en VO : 3

Résumé éditeur

Kôhei, étudiant atteint de surdité, est souvent incompris par les autres, ce qui l’a amené à prendre ses distances petit à petit avec son entourage. Mais un beau jour, il va faire la rencontre de Taichi, étudiant dans la même université que lui. De nature joviale et qui n’hésite pas à dire franchement tout ce qu’il pense, cet étrange garçon va toucher Kôhei au plus profond de son coeur avec ces quelques mots : « ce n’est pas de ta faute si tu es malentendant ! ». Il est loin de s’imaginer à quel point Kôhei va peu à peu changer grâce à lui.

 

Dans ce joli titre, nous suivons Kôhei, malentendant, qui reste en retrait de toute vie sociale, et Taichi, jeune homme insouciant qui fréquente l’université un peu en touriste.

Suite à leur rencontre, Taichi prend des notes de cours pour Kôhei qui en échange lui prépare des repas. Pendant que l’un découvre un monde inconnu – celui du handicap – et un but dans la vie, l’autre va se retrouver bousculé hors de son isolement, poussé à communiquer avec les autres.

En effet, Taichi est un mélange de rayon de soleil et de tornade : impulsif, joyeux, gaffeur, mais aussi extrémement ouvert d’esprit, il tombe littéralement du ciel dans la vie de Kôhei. Impossible de rester insensible devant ce garçon lumineux dont la voix porte tant que Kôhei n’a pas trop de mal à le comprendre, qui se met en colère à sa place et l’accepte sans arrière pensée.

Car si Taichi s’adapte au handicap, il ne le voit pas vraiment. Pour lui ce n’est pas ce qui définit cette personne, contrairement à sa gentillesse, sa patience ou sa douceur. Alors qu’il cherche à redonner le sourire à Kôhei et qu’il trouve tellement dommage que les autres ne voient pas ses qualités, Taichi pousse son ami à s’affirmer face aux autres.

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien ! »

Avec ces quelques mots, prononcés avec une innocente sincérité, Taichi soulage des années de souffrance et de culpabilisation. Alors que le handicap était déjà difficile à accepter pour Kôhei – qui n’est pas né malentendant -, le rejet social qui l’a suivi a poussé le garçon à se replier sur lui-même, à s’excuser de déranger ceux qui l’entourent. À cheval entre le monde des entendants et des sourds, il ne se sent appartenir à aucun des deux, ni le droit de s’exprimer nulle part.

Ce que Taichi lui transmet – sans vraiment le réaliser – en le poussant à dire ce qu’il ressent ce n’est rien de moins que :
« Tu as le droit d’exister. Tes sentiments ne valent pas moins que ceux des autres. »

Le handicap auditif est ainsi abordé à travers leur histoire, de cet aspect psychologique et social, aux points plus pratiques comme les adaptations possibles pour les personnes touchées : appareillage, apprentissage de la lecture sur les lèvres ou de la langue des signes.

Hidamari ga kikoeru est aussi un boy’s love. Oui, aussi, pas en premier : la romance est présente, mais n’est qu’au second plan. Et ce n’est pas plus mal, car leur histoire est ainsi progressive et crédible.

La relation de Kôhei et Taichi est avant tout faite de respect mutuel et de confiance. Si Taichi veut soutenir son compagnon, il sait aussi qu’il est capable de se débrouiller seul ; quant à Kôhei il ne cherche pas à accaparer celui qu’il aime. L’intrigue nous dépeint une histoire d’amour tendre et équilibrée, où la présence de l’autre n’est pas étouffante mais une source d’enrichissement et de joie.

L’avertissement « pour public averti » au dos des volumes me laisse d’ailleurs perplexe : rien ne le justifie, il n’y a aucune scène explicite, mais au contraire un beau message de tolérance.

 

Le Mari de mon Frère, tomes 2-3 – Gengoroh Tagame

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Mon avis : coup de 💕

Genre : société, homosexualité, famille
Public : tout public
Statut de la série : terminée au Japon
Tomes parus en VF : 3
Tomes parus en VO : 4

Ma chronique du tome 1

 

Résumé éditeur

La petite Kana est aux anges ! Entre son nouvel oncle venu du Canada, mais aussi l’arrivée surprise de sa mère, la fillette à de nombreuses raisons de se réjouir ! Mais tout le monde, dans le voisinage, ne regarde pas d’un oeil bienveillant l’arrivée d’un homosexuel dans le quartier… Une occasion parfaite, pour Yaichi, de continuer à remettre en cause ses certitudes !

 

 

‼️Spoilers possibles du tome 1‼️

Le tome 1 se centrait sur les réactions de Yaichi, mettant l’accent sur le contraste entre ses monologues intérieurs avec ses préjugés et les questions ingénues de Kana. Dans ces volumes on sent que le Japonais non seulement a réussi à passer outre certaines de ses réticences, mais poursuit son introspection. Peu à peu, il ne voit plus Mike comme « le mari de mon frère », « un étranger » ou « un homosexuel », mais comme « Mike » : une personne gentille avec tout le monde – et particulièrement sa fille que Yaichi aime plus que tout au monde -, à la bonne humeur communicative. Un être humain dont les différences ne représentent pas un danger pour lui et ceux qu’il aime, mais au contraire un enrichissement.

C’est d’ailleurs le maître mot de ce manga : l’acceptation de la différence. Bien sûr celle d’une autre orientation sexuelle, mais aussi d’une culture inconnue ou encore d’une composition familiale hors norme. Et, au Japon, la norme joue un rôle extrêmement important ; sortir du moule n’est pas toujours facile ou bien vu.

La composition de la famille de Kana est un des moyens de faire passer ce message : Yaichi est papa solo, revendique son rôle, fait passer le bien de sa fille avant tout le reste. S’il est divorcé, la mère de Kana est toujours présente, mais sa carrière l’occupe beaucoup. Sa relation avec son ex-mari semble à la fois simple et trouble, mais sa philosophie est de ne pas se préoccuper du regard des autres.

Et il s’agit bien dans ces volumes de ce fameux regard. Yaichi se retrouve confronté à la cruauté de l’homophobie de voisins, à la peur du coming-out… et s’il a conscience qu’il n’était pas irréprochable lorsqu’il a rencontré, Mike ces réactions l’ébranlent.

De nouveau, Gengoroh Tagame signe deux tomes portés par des personnages attachants et humains, à la fois une tranche de vie d’apparence légère (d’apparence seulement), une réflexion profonde et une source d’informations. J’ai hâte de découvrir le dernier volume de la série et je sais déjà que j’aurais un pincement au coeur en quittant Kana, Yaichi et Mike.

 

 

Le mari de mon frère, tome 1 – Gengoroh Tagame

Mon avis : coup de 💕

Genre : société, homosexualité, famille

Public : tout public
Statut de la série : terminée au Japon
Nombre de tomes parus en VF : 3
Nombre de tomes parus en VO : 4

 

Résumé éditeur

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé… Perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n’est autre que le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l’homme qu’il aimait. Yaichi n’a alors pas d’autre choix que d’accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses…

 

 

La vie calme et ordinaire de Yaichi va être bousculée lorsqu’il apprend que son frère jumeau est mort et qu’il était marié à un homme. Ce dernier, Mike, un canadien aux allures d’énorme et adorable nounours va débarquer dans la vie du Japonais et bousculer beaucoup de préjugés.

Avec Le mari de mon frère, Gengoroh Tagame signe un titre surprenant et engagé. Surprenant, car l’auteur est connu pour ses oeuvres érotiques gays destinées plutôt aux hommes (appelées « bara » ou « men’s love » dans le jargon), que je ne lis pas, bien qu’étant férue de boy’s love destiné plutôt aux femmes. Bref, je n’aurais pas pensé un jour acheter l’une de ses oeuvres et encore moins la conseiller à ma fille de 12 ans !

En effet, ce manga est tout public. Ici nul érotisme, pas même l’ombre d’une romance, qu’elle soit gay ou hétéro, ce qui ne l’empêche pas de parler d’amour. Car c’est ici ce dont il est question : l’amour entre deux personnes, quel que soit leur sexe, un concept que Yaichi a du mal à saisir alors que sa fille Kana prend tout avec le naturel propres aux enfants. Elle bombarde de question Mike, mettant souvent les pieds dans le plat, obligeant son père à remettre en cause ses préconceptions, mettant aussi en lumière l’aspect ridicule parfois de celles-ci. Le parallèle entre les monologues internes de Yaichi et l’attitude que lui dicte les convenances (il est tout de même Japonais, surtout ne pas paraître impoli !) renforce encore ce processus.

C’est en cela que Le mari de mon frère est engagé. À travers les réactions d’un Japonais moyen, l’homophobie ordinaire est ainsi mise en avant, démontée point par point. Pour autant, à aucun moment je n’ai eu l’impression que l’auteur donnait des leçons au lecteur, plutôt que son histoire et ses personnages permettent tout simplement de mieux comprendre une minorité. La personnalité extrêmement sympathique de Mike y est pour beaucoup, ainsi que sa façon de répondre aux questions sans gêne, d’interroger aussi Yaichi sans accuser.

Mais ce serait une erreur de penser que ce manga ne parle que d’homosexualité : c’est la famille au sens large qui est traitée ici. De la relation entre frères jumeaux, en passant par le rôle de père solo, Gengoroh Tagame déconstruit plusieurs clichés sur ce qui constitue une famille « normale ». Par ailleurs, le deuil des deux hommes est ce qui les réunit, et ce sentiment est encore renforcé par la ressemblance entre Yaichi et son défunt frère. Le choc des cultures entre le Canadien et le Japonais, s’il est au départ source incompréhensions supplémentaires, permet aussi à Yaichi d’évoluer au contact de son beau-frère.

En résumé, Le mari de mon frère est un manga intelligent, drôle et touchant, une lecture à la fois belle et d’utilité publique.

 

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Jumping, tome 1 – Asahi Tsutsui

 

Mon avis : coup de 💕

Genre : tranche de vie, sport, romance
Public : tout public
Statut de la série : terminée au Japon
Tomes parus en VF : 2
Tomes parus en VO : 4

 

Résumé éditeur

À cause de son écriture très peu soignée, Ran a toujours été la risée de ses camarades de classe. Et pour ne rien arranger, depuis qu’elle a raté ses examens d’entrée à l’université, la jeune femme vit enfermée chez elle, ne sachant plus quoi faire de sa vie. Heureusement, Sayuri, sa seule véritable amie, décide de l’embarquer de force à Aomori, région plus reculée du Japon, où elle fait ses études. Elle y fréquente notamment le club équestre, en parallèle de ses études. Au contact des membres du club d’équitation, mais aussi des chevaux, Ran va, malgré son manque d’assurance, retrouver goût à la vie !

 

 

Quand Akata – éditeur que j’affectionne particulièrement – a annoncé un titre qui se déroule dans le milieu équestre j’étais plus qu’intriguée. Je suis une ancienne cavalière et à ma connaissance il n’y avait pas encore de manga sur ce thème. La lecture de l’extrait a achevé de me convaincre d’acheter le tome 1.

On y suit Ran, jeune fille angoissée, incapable de trouver sa place dans la société, sans estime d’elle-même. Son personnage pourrait être agaçant, son comportement assimilé à de l’auto-apitoiement, mais nous la voyons au contraire se débattre dès le départ pour changer les choses. Cependant son anxiété est la plus forte et la freine littéralement aux portes d’un examen. Par ailleurs cette dernière cache une grande sensibilité et empathie pour autrui : ce sont des caractéristiques que je ne peux que comprendre, aussi Ran a su me toucher.

Son petit rayon de soleil porte le nom de Sayuri, aussi extravertie que Ran est introvertie. Pour une raison qui échappe à celle-ci, la dynamique jeune fille lui offre son amitié et la pousse à des changements. J’adore Sayuri, elle est hyperactive, drôle et bienveillante : si elle donne l’impulsion à son amie, elle ne la juge jamais et ne la couve pas, confiante en la capacité de Ran à avancer.

Face aux chevaux, Ran est à la fois fascinée et effrayée. Et elle, la jeune fille paumée, se retrouve le sujet de l’affection d’un cheval pourtant considéré comme brisé et impossible à monter. Tsugaru recherche sa compagnie et l’accepte docilement comme cavalière au grand étonnement de tous les membres du club.

Particulièrement celui d’Hinagata : malgré son affection évidente pour l’animal, il ne parvient plus à communiquer avec lui. Cette fille inconnue et débutante l’intrigue donc sérieusement. Hina est également le beau gosse, intérêt romantique de l’héroïne, cependant loin de tomber dans les clichés du shojo, c’est surtout un adorable maladroit social, en contradiction directe avec son physique attirant.

Jumping est finalement un titre qui pourra plaire à tous. Bien sûr l’intrigue se déroule autour des chevaux, mais ce n’est pas vraiment un manga de sport, plutôt une histoire de recherche et de construction d’identité pour Ran, et je pense aussi pour Hina. Les chevaux sont plus là comme des thérapeutes que pour l’aspect compétition, en tout cas dans ce premier tome, où l’affection de Tsugaru donne à Ran une motivation pour se surpasser.

 

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Le dernier ermite de Michael Finkel

Synopsis :

« En 1986 – c’était l’époque de Reagan et de Tchernobyl – Christopher Knight, un jeune homme intelligent et timide, décide de quitter la société des hommes pour vivre dans une solitude totale au cœur de la forêt du Maine au nord des États-Unis. Pendant près de 30 ans, il ne parlera à personne, fuira tout contact, apprenant à survivre au froid et à la faim grâce à son courage et à son ingéniosité. Pendant toutes ces années aussi, il réussira à s’introduire sans trop de dommages dans certains cottages pour trouver des vêtements, des livres, des piles, de la nourriture supplémentaire… qui lui permettront de traverser sous sa tante les terribles hivers de cette région américaine jusqu’à son arrestation en 2014.

Michael Finkel a été le seul journaliste auquel Christopher Knight a accepté d’accorder de nombreux entretiens, en prison et après sa libération. Pourquoi a-t-il décidé de se retirer du monde  ? Qu’a-t-il appris de ces 27 années  ? Comment a-t-il supporté son retour dans la société  ?

Un ouvrage qui n’est pas seulement un récit de survie mais qui pose des questions fondamentales sur la solitude, la vie des ermites, la cohabitation avec la nature sauvage, le monde intérieur, les contrastes de notre société. C’est aussi le portrait d’un homme qui a choisi de vivre à sa façon et qui au-delà des souffrances y a totalement réussi ».

 

Quelques mots sur l’auteur :

« Michael Finkel est grand reporter. Il écrit régulièrement pour GQ, Rolling Stone, Vanity Fair, The New York Times Magazine, National Geographic

Si Christopher Knight a accepté de lui parler c’est grâce à son amour de la littérature et de la nature. Il partage son temps entre le Montana et le sud de la France (Aix-en-Provence). Il parle français ».

 

Mon avis :

J’ai sollicité Le dernier ermite auprès de https://www.netgalley.fr et des éditions JC Lattés, parce que ce titre a suscité en moi de nombreuses questions. Exemples : Comment en vient-on à un tel changement de vie ? Comment est-il possible de survivre en pleine nature sans préparation ? Quelles sont les conséquences de l’isolement sur l’esprit humain ?

A travers plusieurs entrevues exclusives, monsieur FINKEL retrace le parcours d’un individu cultivé qui a fait le choix de ne faire qu’un avec le milieu naturel de l’homme. Il est difficile de savoir ce qu’il pense de lui-même. Les réponses de celui dont les goûts m’ont pas évolué depuis son adolescence, sont évasives mais son quotidien est très intéressant parce qu’en rupture totale avec ce que nous connaissons.

Cher lecteur, il est possible que tu ressentes de l’empathie pour Christopher Knight. Il se peut aussi que tu désapprouves les vols de nourriture, d’outils ou de vêtements auxquels il s’adonne. Il est écrit noir sur blanc dans les épreuves non corrigées de ce texte qui sortira en librairie le 13 septembre 2017, qu’il n’a jamais subtiliser d’objets de valeur. Si tu en as envie, prends la parole en commentaire et dis-moi si oui ou non, tu ressentirais un sentiment d’insécurité suite à la visite d’un intrus chez toi :). Pour ma part, je crois que ce qui m’exaspère le plus dans son comportement c’est son refus de travailler. A mes yeux, si il est parvenu à rester en vie en affrontant des conditions climatiques difficiles, il peut aller bosser.

Cette lecture a été plaisante. Par certains aspects, ce document m’a fait penser à un ouvrage de développement personnel. J’ai apprécié de renouer avec le Tao-Te-King : Le Livre de la Voie et de la Vertu par Lao Tse. Certaines citations comme « Celui qui sait marcher ne laisse pas de trace » m’ont rappelé mes cours de civilisations chinoises, à la faculté. J’ai aussi aimé les rapprochements entre cette personne qui vit seule à l’écart du monde et la solitude scientifique et artistique. J’ai bien noté qu’il existait une communauté ermite sur internet. En revanche, je suis passée à côté de quelques références qui datent d’avant ou juste après ma naissance, en 1986.

 

Date de sortie : 13 septembre 2017
Editeur : JC Lattés
Collection : Essais et documents
211 pages
18€ / 12,99€
Site internet de la maison d’éditions : http://www.editions-jclattes.fr

Survivre de Stéphanie Bardou

Mon avis :

Madame BARDOU a eu la gentillesse de me confier un ouvrage intime. « Survivre » met en mots le point de vue de l’ainée de la famille à peine majeure, concernant les violences conjugales. Sur elle, il fonctionne comme une thérapie. Aux lecteurs, il permet au moins entrevoir, l’impuissance des proches face à ce type de sévices corporelles.

Il n’est jamais question d’épanchement du coeur. On suppose ce que l’écrivaine à ressenti et croyez-moi, ça surprend. La vue des fautes d’orthographe faites par le père m’a dérangé. Je n’ai pas bien compris la logique d’organisation des souvenirs.

Le texte est plutôt bien écrit. J’ai quand même remarqué quelques erreurs de français un «  si on aurait pu… » p. 20. A mon sens, il manque pas mal de virgules… Bref, je vous encourage à vous faire votre propre avis sur ce témoignage !

 

Editeur : TheBookEditions.
74 pages.
Site internet : http://www.thebookedition.com/fr/