Tommy et l’œuf d’émeraude d’Augustin Georges

Tommy, un adolescent de 18 ans rêveur et mélancolique, se retrouve transporté dans un univers médiéval inconnu. Il atterrit dans la ville de Mared, où il est tout de suite capturé sans raison apparente et condamné à mort. Libéré par deux mystérieux inconnus membres d’un groupe rebelle, Tommy est alors embarqué dans une longue quête pour retrouver l’Élu, l’héritier légitime au trône de Mared, et dans laquelle le jeune homme semble appelé à jouer un rôle prépondérant. Une aubaine pour Tommy, assoiffé d’aventures. À condition d’éviter les pièges qui se dresseront sur son chemin.

 

Il était une fois un auteur qui m’envoyait son ouvrage afin que j’en fasse un article. Malheureusement, le méchant blogueur l’a oublié dans le fin fond de sa boite mail juqu’au jour où …
Je voudrai m’excuser auprès d’Augustin et le remercier de m’avoir confier son livre.

Par contre je ne sais pas si ce livre est la version finale ou une épreuve non corrigée mais je vous avouerai que cela manque de correction et/ou de bêta lecture.
C’est dommage parce que l’histoire et même les personnages sont prometteurs.
C’est juste que ça traîne en longueur. personnellement j’aurai bien enlever une centaine de page.

Nous suivons donc les aventures de Tommy qui atterrit dans un autre univers. Il se doit de retrouver des reliques. Jusque là, je ne dévoile rien de spécial. Nous sommes dans de la fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Une quête du bien contre le mal où un élu doit sauver la population.

Les personnages sont haut en couleurs. Comme je le disais plus haut, ils sont prometteurs. Bien sûr vous avez John qui… Comment dire… C’est un phénomène avec sa soeur muette et Rek le guerrier psychotique. Je peux vous dire que l’aventure est fort divertissante.
Ils vont d’aventures en mésaventure. Nous vivons avec eux les affres du désespoir, mais aussi de l’espoir, du sacrifice, le mépris des elfes, de l’amitié et l’entraide.

Cet ouvrage est divertissant même avec ses longueurs. Pour ma part je vais en rester là puisque c’est le tome 1. Mais si aimé la high fantasy, cet ouvrage est fait pour vous.

Bonne lecture !!!

Rêveurs d’Eux de Laurent de Coudenhove

La Tribu marche. Depuis ce jour où à Ur, leur précédent foyer, Eux leur a demandé de partir. Non pas un exil, non pas une quête, mais une attente, Eux reviendront.
Batir, le Rêveur de la Tribu le sait. Il faut qu’ils restent unis, qu’ils ne se laissent pas détourner de leur route par certains visionnaires ambitieux.
Sarah, la combattante, Saphira la gamine des rues et Bachir, un jeune garçon de la tribu vont unir leur force et sceller leur destin.

Merci à Laurent de Coudenhove de m’avoir confier son ouvrage.

J’ai découvert sir Laurent sur le site d’atramenta.net il y a de cela quelques années avec Lassa Les Mots De Pouvoir tome 1. Ce livre a fait parti de mes premiers coups de coeur.

Avec Rêveurs d’Eux, Monsieur de Coudenhove récidive.
Mais cette fois-ci, il nous offre tout une société divisée entre les nomades (les rêveurs d’Eux) et les sédentaires.

Il n’y a pas à proprement parlé de personnage principal mais nous avons cette ambiance, cette société nomade qui est scindée en deux. La croyance en Eux est l’axe central de cette histoire. Eux sont les personnages principaux. Au fil des pages nous apprenons à les connaître.

Nous sommes dans de la fantasy médiévale classique avec son univers et son environnement. De ce côté, il n’y a que peu de changement avec Lassa.

Cet ouvrage est surtout une ambiance, un monde, un univers et une croyance. C’est beau.

Certains passages étaient, pour moi, soit trop long ou trop court du moins pas assez développé.

Si je devais donner une préférence entre Rêveurs d’Eux et Lassa, je resterai sur Lassa.

Cela reste une très bonne lecture, le style de Laurent est fluide et très agréable à lire.
Je vous invite à le découvrir.

Bonne lecture !

Gurifin et l’ode à la Lune de Yannick A. R. Fradin

À travers un voyage poétique et semé d’embûches, le griffon Gurifin part en quête de celle qui fait battre son coeur : la Lune.

 

Tout d’abord, je voudrai remercier l’auteur de m’avoir confier sa nouvelle.

En quelques pages, l’auteur nous transporte dans les airs en compagnie de Gurifin, un griffon.
Et cet animal mythique est follement amoureux de la lune.

Nous entrons réellement en amour avec Gurifin. Nous tentons avec lui de séduire la lune. Nous relevons le défi et nous sommes trahis avec lui.

Yannick Fradin nous propose toute une palette d’émotions. Cela va de l’amour au désir, en passant par la dévotion, l’espoir, le désespoir et le mépris avec au final la trahison.

La plume est fluide, nous emmène en douceur, avec amour.
C’est très poétique, malgré tout, un peu trop académique pour moi.

Cela reste une très bonne lecture, un beau texte que je vous invite à découvrir.

Bonne Lecture !!!

La Ligue des ténèbres Saison 3 L’Appel de Catherine Loiseau

La Ligue des ténèbres a vaincu l’Union des parfaits et continue ses voyages au jour le jour. Cette confortable routine se trouve brisée par l’irruption d’une personne bien connue de Samantha…
Dans son sillage, les voyages de la Ligue vont prendre un tournant mouvementé, entre fin du monde, monstres assoiffés de sang et voyage fantasmagorique. De nombreux dangers guettent Ginger, Tom, le professeur Nutter et Samantha, car de vieux ennemis qu’ils croyaient vaincus les guettent dans l’ombre. Une chose est sûre : les voyages touchent à leur fin…

 

Encore une fois, je remercie Catherine de me permettre de continuer et finir cette saga.

Avec cette saison 3, dame Loiseau clôture les aventures de la ligue des ténèbres. Chaque épisode nous emmène dans leurs aventures rocambolesques. Mais cette fois-ci, il n’est pas question de subtiliser le pouvoir ou d’arnaquer qui que ce soit. C’est le pouvoir qui vient à eux.

Hannnnnnnn ! Yanniiiiiick est en train de spoiler, c’est pas biennnnnnnn 😛
Bon un peu de sérieux, reprenons !

Nous découvrons une évolution chez les personnages. Leurs aventures les ont modelé. Certes, ils relèvent toujours les défis mais plus dans la même optique. lls sont plus altruistes.

L’auteure nous offre une superbe fin. Je ne vous en dirai pas plus cette fois. Ahahahahha !
Juste rien que pour ça, ça vaut le coup. Nous découvrons qui se cache derrière les mémoires (même si on se doute) mais pas que…

Catherine Loiseau continue à nous ravir avec sa plume fluide, moderne et agréable à lire. Elle clôture avec brio cette saga !

Si vous ne connaissez pas La Ligue des ténèbres, je vous invite à la découvrir d’urgence !!!

Très bonne lecture à vous !



Tokyo Babylon, tomes 1 à 7 – CLAMP

Mon avis : coup de 💕 – un de mes mangas préféré

Genre : SFFF, mystère, société
Public : grands ado, adultes
Statut de la série : terminée
Nombre de tomes : 7

Résumé éditeur

Subaru Suméragi est un maître du yin et du yang qui utilise ses puissants pouvoirs psychiques pour protéger Tokyo. Il est ami avec Seïchiro Sakurazukamori, en apparence un simple vétérinaire. Mais la vérité est plus compliquée qu’il n’y paraît, et les rêves de Subaru lui montrent un autre visage de Seïchiro…

 

Cette année j’ai eu envie de relire mes titres préférés de CLAMP afin de leur faire des chroniques dignes de ce nom. Si le travail des 4 mangaka ne me plait plus tellement ces dernières années, elles gardent une place particulière dans mon coeur : mon premier manga était Tsubasa Reservoir Chronicle et je me suis passionnée pour nombre de leurs autres titres

J’ai commencé par Tokyo Babylon qui est celui qui m’a le plus marquée et qui constitue le préquel de mon titre préféré, X-1999. Si c’est un de leur plus anciens titres, il aborde des thématiques de société qui restent actuelles et est porté par un trio aussi complexe que charismatique. Les graphismes sont donc d’époque, avec quelques maladresses dans les proportions, toutefois une certaine élégance se dégage déjà de planches aux aplats faussement simplistes pour mettre en valeur les personnages qui sont au coeur de toute l’ambiance.

 

Une réflexion sur la société

L’intrigue de Tokyo Babylon suit les interventions de Subaru dans son travail d’exorciste, avec une succession de cas. Chacun est l’occasion pour le héros de se confronter à des êtres humains différents, d’apprendre d’eux, mais c’est surtout un moyen pour les mangaka d’aborder divers thèmes de société.

« Les personnes âgées peuvent être comparées à des livres d’histoire vivants » – Subaru

Si certains phénomènes peuvent paraître datés – comme les conversations de groupe par téléphone (encore qu’on a là une ébauche des réseaux sociaux) -, la quasi totalité restent très actuels : de l’immigration, à la place des personnes âgées, de la crise immobilière au suicide, du harcèlement scolaire aux sectes, une multitude de sujets de réflexion interrogent non seulement les personnages mais bien sûr aussi le lecteur.

« Ceux qui acceptent de donner les organes de leurs proches pensent que c’est un moyen de prolonger un peu leur vie. » – Seïchiro

Comme toujours avec CLAMP, nul manichéisme dans les cas présentés. Les personnages – principaux ou secondaires – ne sont que des êtres humains imparfaits, aux convictions parfois contradictoires. Ainsi les mangaka ne prennent pas de position franche sur beaucoup de sujets, comme celui du don d’organe : elles se contentent de présenter la détresse et les croyances de différents points de vue, laissant ainsi le lecteur se faire sa propre opinion.

« Japonaise ou étrangère… peu importe ! Nous sommes avant tout des êtres humains. » – Hokuto

En abordant ces sujets de fond c’est en réalité la nature humaine elle-même qu’analysent les CLAMP. À travers réactions de chacun à des situations ordinaires ou extraordinaires, elles explorent nos facettes les plus sombres ou les plus nobles, pour livrer un message profondément humaniste, particulièrement bien exprimé par la voix d’Hokuto.

« Je hais Tokyo, je méprise cette ville si jolie, si étincelante la nuit et pourtant si cruelle ! » – Un esprit

La ville de Tokyo où se déroule l’action est ici le symbole des grandes villes, à la fois dynamiques et qui attirent nombre de gens, mais aussi froides et anonymes. La solitude, la misère et l’éloignement familial côtoient les réussites tout en restant dans l’ombre. Et si les premiers chapitres ont une apparence légère, on sent rapidement que quelque chose de sombre se profile.

 

***

 

Un titre mystique

La place des religions

En effet, le titre associe Babylon – détruite par la colère de Dieu – à Tokyo, allant jusqu’au parallèle des deux tours dès les premières pages. L’approche de l’apocalypse est ainsi évoquée à plusieurs reprises au cours de l’histoire, avec des références à la Bible ou aux prédictions de Nostradamus.

« C’est une ville unique qui s’amuse lentement à observer son déclin » – Seïchiro

Comme dans beaucoup de titres de CLAMP, les inspirations religieuses sont nombreuses. Les mangaka ne se cantonnent pas au bouddhisme et au shitoïsme pratiqués au Japon, et ce dès les premières images du manga : la croix chrétienne ou les habits catholiques reviennent régulièrement, y compris sur les couvertures. La croix revient aussi sous sa forme inversée, référence au satanisme. Quant aux autres religions, elles sont présentes aussi, le Coran, la kabbale ou les écrits hindous sont évoqués et utilisés par moments.

Le trio de personnages n’est pas non plus sans rappeler la sainte trinité, bien que fortement altérée – pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrais pas pour ne pas spoiler. Subaru est typiquement un personnage christique, qui aime plus autrui que lui-même et peut se sacrifier pour l’Autre sans la moindre hésitation, comme son attitude le prouve à plusieurs reprises. Sa soeur Hokuto estime d’ailleurs que ce trait de son caractère n’est pas humain.

« Si cela pouvait apaiser cette femme tu te serais volontiers sacrifié » – Seïchiro à Subaru

Les religions sont ici à la fois sources de protection, de maléfices si elles sont détournées, mais également de croyances diverses : de la vie après la mort, à la divination – qui suppose donc que le destin est écrit -, en passant par la dualité corps / esprit ou la réincarnation. Les CLAMP les distinguent bien des sectes qui font croire aux personnes en position de faiblesse qu’il suffit de prier pour aller mieux sans contrepartie, une idée non seulement ne prend pas en compte les sentiments des victimes, mais va à contrecourant du principe d’équilibre cher aux mangaka.

 

La magie omniprésente

En religion, comme en magie, les CLAMP estiment que tout a un prix. D’ailleurs les magies utilisées dans Tokyo Babylon dérivent des religions, notamment du bouddhisme pour la voie du yin et du yang dont les familles Suméragi et Sakurazuka sont les représentantes.

Ainsi, plus le sort lancé est puissant, plus le prix est élevé – allant parfois jusqu’à une vie humaine en échange. Ce principe d’équilibre se retrouve dans nombres d’autres titres des mangaka, le plus évident étant bien sûr xxxHolic, où chaque vœu exaucé par la sorcière suppose un paiement de valeur équivalente.

« C’est le Sakanagi. Nul ne peut utiliser la magie impunément, les forces qu’elle dégage seront toujours en proportion avec le contrecoup que subira celui qui en aura abusé » – Seïchiro

Puisque les religions servent de socle à ces magies, rituels, habits cérémoniels, textes sacrés et cercles ésotériques sont sources de pouvoir pour notre trio principal. Le folklore japonais a également la part belle et les esprits torturés hantent les lieux d’intervention de Subaru.

 

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Les personnages : trio, dualité, formes d’amour

Un trio complexe

Mais au-delà des sujets précédents, ce qui fait toute la saveur de Tokyo Babylon c’est sans conteste son trio principal : Subaru, Hokuto et Seïchiro. À eux seuls, ils présentent la plupart des facettes de l’humanité et de ses formes d’amour.

Leurs relations semblent initialement légères et simples, tout comme leurs personnalités, mais les deux recèlent en réalité de nombreuses épaisseurs que l’on découvre peu à peu… et encore ! Si Subaru est relativement transparent, il m’a fallu trois lectures pour comprendre Hokuto et je pense que personne ne comprendra jamais vraiment Seïchiro.

« J’aimerais savoir qui est vraiment Seïchiro » – Subaru

Nous aussi Subaru, nous aussi… mais le mystère qui entoure Seï le rend fascinant et, selon moi, rien de moins que le meilleur personnage de toute l’œuvre de CLAMP. Tour à tour prévenant, effrayant, drôle, impitoyable, intelligent, mais toujours extrêmement charismatique, il possède un charme indéniable. Dès les premières pages, il déclare être amoureux de Subaru, et sa meilleure alliée est Hokuto.

« C’est vrai qu’il a « l’air gentil » mais est-il vraiment « gentil » ? Ça reste à prouver » – Hokuto à propos de Seïchiro

Sous ses dehors frivoles et exubérants, la soeur jumelle de Subaru est en réalité une jeune femme forte et perspicace. Sa relation avec Seïchiro semble légère, cependant ils se comprennent – et se ressemblent, notamment par leur sens pratique – bien mieux tous les deux, que Seïchiro et Subaru, voire Hokuto et Subaru. Leurs conversations sont souvent à demi-mot, détournées lorsqu’elles entrent en terrain glissant, en général par Seï.

« Si je te laisse rentrer dans cet état tu risquerais d’attraper froid et Hokuto serait furieuse ! » – Seïchiro à Subaru

Ce genre de remarque de Seï revient à plusieurs reprises et me laisse supposer (mais avec lui, toujours difficile d’avoir des certitudes) qu’il a un profond respect pour la jeune fille. Je pense d’ailleurs que la dernière scène partagée par ces deux là résulte de ce même respect, mêlé à d’autres sentiments que je développerai plus bas dans une partie avec des spoilers (annoncés).

« J’ai un pouvoir que tu ne possèdes pas, celui de comprendre ton coeur » – Hokuto à Subaru

Subaru a un côté altruiste si développé qu’il confine au divin et en a oublié de développer un amour de lui-même. Hokuto, très attachée à son frère jumeau, s’est donné pour mission de prendre soin de lui, que ce soit pour s’assurer qu’il mange assez ou pour s’occuper de son coeur. Elle lui permet notamment de ne pas tomber dans des spirales de culpabilité qui risquent de l’auto-détruire.

 

La thématique de la dualité

« Les Suméragi sont face, les Sakurazuka sont pile… » – Hokuto

Cette phrase prononcée au début du tome 1 par Hokuto résume une des thématiques de Tokyo Babylon : la dualité.

En effet, Subaru comme Seï sont issus de familles qui pratiquent la voie du yin et du yang et représentent ainsi la vie et la mort. L’un ne peut exister sans l’autre, ces deux faces sont aussi opposées que complémentaires et indispensables. Et cette dualité ne se limite pas à la magie, elle se retrouve également dans la personnalité des deux hommes et même à travers les différents visages de Seï.

« C’est parce que nous sommes des êtres différents que nous pouvons nous préoccuper l’un de l’autre » – Hokuto à Subaru

Le thème se retrouve également dans le choix de héros qui sont jumeaux. À la fois très semblables avec leurs visages identiques et leur lien psychique très fort, Hokuto et Subaru sont également de sexes et caractères opposés.

Cet aspect opposition-complémentarité se retrouve sur les formes d’amour, un thème cher aux CLAMP. De l’amour salvateur / destructeur, à la conciliation de l’altruisme avec l’amour de soi, si l’on creuse un peu la lecture toutes ces questions sont soulevées à travers les relations entre ces trois là.

 

***

 

Focus sur la relation Subaru / Seïchiro

Attention cette partie comporte des spoilers, si vous souhaitez les éviter passez directement à la conclusion‼

L’un des plus grands mystères de Tokyo Babylon réside dans les véritables sentiments de Seïchiro envers Subaru.

Alors qu’il a toutes les raisons d’éliminer le jeune Suméragi dès leur première rencontre, il les lie par un pari qui met en jeu leurs cœurs à tous les deux.

« Sais-tu pourquoi les pétales de cerisier sont légèrement rouges ? Parce qu’ils se nourrissent du sang des cadavres enterrés à leur pied » – Seïchiro à Subaru

Si la floraison du cerisier est le symbole du retour à la vie, cette phrase du jeune Seï est une façon d’expliquer que la mort permet cette dernière. Et ces pétales blancs souillés ne sont-ils pas une image de la perte d’innocence du Sakurazukamori qui a dû endosser le macabre héritage familial ?

Alors quand le jeune garçon qu’il rencontre s’inquiète de la souffrance des cadavres, je pense que le tueur est touché malgré lui. Ce pari est peut-être une forme d’appel à l’aide, un espoir de développer des sentiments humains dont il affirme être dépourvu.

« Vous avez blessé Subaru et ça, je ne le pardonnerai pas » – Seïchiro

Tout au long de l’histoire et même après, on se demande ce qu’éprouve véritablement Seï pour Subaru. S’il affirme au bout du compte être incapable d’aimer, beaucoup de ses réactions protectrices sont équivoques et impliquent des sacrifices importants.

Je pense – et ce n’est ici que ma propre analyse avec beaucoup de conditionnel – qu’il crois ne pas avoir réussi à se faire aimer de Subaru, qui réalise ses propres sentiments trop tard. Je pense qu’il prend la perte de son oeil à la légère parce que d’une certaine façon il se déteste – et par conséquent ne s’estime pas digne de recevoir une quelconque affection. Je pense que finalement, il dit avoir gagné leur pari pour protéger son coeur, mais sait parfaitement qu’il a perdu – et que ça l’effraye car cela signifierait renier qui il est et d’où il vient. Et surtout se rendre vulnérable pour quelqu’un qui ne semble pas sur la même longueur d’onde. Au fond, il n’a pas la moindre idée de ce qu’est l’amour, lui qui a été élevé pour tuer.

Mais finalement, peut-être que Seïchiro est bien le robot sans âme qu’il affirme être, même si la suite de leur relation dans X-1999 me semble aller dans mon sens.

 

Si Tokyo Babylon peut se lire seul ce titre est aussi un préquel de X-1999 : ici, les CLAMP préparent le terrain pour l’apocalypse à venir. D’ailleurs le trio Subaru / Seïchiro / Hokuto trouve son écho avec Kamui / Fuuma / Kotori et plusieurs thématiques se recoupent.

Pour autant Tokyo Babylon est selon moi leur titre le plus mature par les sujets de société abordés, mais aussi à travers le mystère qui entoure Seïchiro. Les auteures semblent cependant donner une clé de compréhension de ce dernier dans la conclusion du manga :

« Peut-être que tous les gens qui font du mal sont tristes » – Un esprit

 

Voyageuse Tome 1 Iman Eyitayo

À 18 ans, Kanyin vient de terminer son lycée avec brio et ne tient plus en place à l’idée d’entrer enfin à l’université. Toutefois, lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit passer ses vacances au Bénin, auprès de son père, sa bonne humeur s’évapore. Ce dernier étant constamment accaparé par son métier de chirurgien, la jeune fille s’attend à deux mois d’ennui et de solitude. Elle ne prévoyait certainement pas retrouver un vieil ami d’enfance dans une situation plus qu’inattendue : dans le coma. Et elle s’attendait encore moins à ce qu’en le touchant, elle se retrouve projetée dans un endroit des plus étranges…

 

Ce titre d’iman Eyitayo a été lu dans le cadre du PLIB2018.

J’ai le plaisir de suivre Iman depuis le tome 1 de sa saga fantasy Coeur de flamme mais aussi avec L’Anti-chambre des souvenirs.

Avec Voyageuse, nous retrouvons le style fluide, moderne et l’univers de l’auteure.
D’ailleurs cet univers est toujours aussi riche. Elle allie parfaitement, dans ce premier tome, le monde de fantasy et celui de l’outre-monde.
Comment ça ???? Non, non, non ! Je vous laisse découvrir surtout si vous avez lu tous les livres d’Iman.

C’est un mélange de fantastique et d’urban fantasy. Déjà que la frontière est mince mais là nous sommes sur le fil du rasoir. Elle nous offre une palette de magies inédites, du moins pour moi.

Mais elle nous offre également un mélange des cultures intéressant que j’aurai aimé qu’il soit plus développé, mais ce n’est q’un détail.

Encore une fois, les personnages d’Iman sont époustouflants de vérité et de sincérité. Nous avons l’impression de ressentir toutes les émotions et sensations en même temps qu’eux. L’amour, la découverte mais aussi la trahison.
nous évoluons en même temps qu’eux.

Elle nous distille son histoire où nous sommes entièrement pris jusqu’à… Paf!
Coup de théâtre ! Et nous mène jusqu’au bout en douceur. La fin c’est ce que l’on s’attend à lire mais encore une fois c’est la façon qu’Iman à de le faire qui change la lecture, l’approche.

Encore une fois, c’est un vrai régal !
Je suis conscient qu’il y a beaucoup de « encore », mais c’est Iman, elle m’a ENCORE emmené.
C’est une de mes plumes préférées.
Je vous souhaite une excellente lecture !!!

#PLIB2018, ISBN : 978-1548588687

The Mortal instruments, renaissance Tome 1 La Princesse de la nuit de Cassandra Clare

Cinq ans après les événements de Mortal Instruments, Emma Carstairs est prête à venger la mort de ses parents…
Après le meurtre de ses parents, Emma Carstairs rejoint l’Institut des Blackthorn pour devenir une redoutable Chasseuse d’Ombres. Et quand des crimes similaires sont découverts, elle est décidée à retrouver l’assassin et à se venger.
Mais dans sa quête de vérité émergent de nombreuses questions : que veulent dire ces étranges inscriptions sur les corps ? Pourquoi l’Enclave leur a-t-elle interdit de chercher le coupable ? Et surtout, pourquoi ses pouvoirs de parabatai deviennent-ils aussi puissants en présence de Julian ?

 

J’ai lu ce livre dans le cadre du #PLIB2018. Sans le prix je ne pense pas que je l’aurai lu, et ma foie, je ne lirai pas la suite.

C’est dommage parce que le début, les 20 premières pages me plaisaient bien. Des néphilims, de la magie, le monde contemporain. Il y avait tout dans ce livre pour me plaire. Sauf que…

Et bien dans les 300 pages suivantes je me suis fait ch… je patientais en me demandant quand est-ce qu’il va se passer quelque chose. Est-ce que le côté mielleux allait cesser pour faire la part belle à l’enquête ? Et même après 300 pages, ce n’est pas terrible.

C’est franchement triste, parce que le style de l’auteure (et la traduction) fait que c’est facile à lire, fluide.
Le pire dans tout cela c’est que l’univers, le thème, la nature des personnages…, et bien… tout cela est riche, extrêmement bien monté et amené.

l’auteure a tout misé sur les émotions et les sentiments et je le regrette beaucoup.

Ça m’arrive très rarement mais je ne conseillerai ce livre à personne (de ma connaissance).

Alors, est-ce que ce livre peut faire parti des finalistes du #PLIB2018 ?
J’espère que non, il y a certainement d’autres livres (que je n’ai pas encore lu) qui le méritent. C’est un ÉNORME non !

 

#ISBN:9782266240550  #PLIB2018

Givre de Jean Vigne

L’effroi gagne la capitale.

Les agressions s’enchaînent dans les sous-sols parisiens.

Ange Bernier, policière mal-aimée du 36 quai des Orfèvres, se voit confier l’enquête, mais, très vite, les morts se multiplient avec une logique macabre.

Un tueur en série ? Trop simple… Trop de sang, trop de mystère, et aucune réponse pour enrayer ces boucheries à répétition.

Une énigme rôde dans la nuit, sournoise et terrifiante. Une de celles qu’Ange aurait préféré ne jamais croiser.

Tuez-les tous ! Plus facile à dire qu’à faire…

 

L’urban fantasy est mon péché mignon, alors dès que j’ai vu qu’il était dans la liste des pré-sélectionnés pour le #PLIB2018 je me suis littéralement jeté dessus.

J’adore le personnage d’Ange, j’espère la connaître un peu plus dans les tomes suivants, que sa carapace craque. Elle est brute de coffrage. Bien sûr l’auteur nous distille au fil des pages son histoire, ses fissures, le pourquoi du comment. Trop peu à mon goût. Mais bon, cela n’enlève rien à la qualité de ce mini roman de 133 pages sur mon pc.

Quand je me suis aperçu qu’il y avait des vampires dans tout cela j’ai commencé à faire la grimace, je n’en suis pas spécialement fan, mais…
Jean Vigne a superbement bien intégré et amené ces êtres de la nuit dans son livre. Auguste a su s’intégrer dans le monde moderne tandis que Kaerël reste archaïque avec sa horde.

J’ai aussi bien aimé le petit côté humour.

Qu’en est-il de la plume ? Je vous avouerai que je n’ai pas vu les pages tournées. Le rythme est soutenu, haletant sans être étouffant. Il est surtout heuré et localisé, un truc que j’adore.

Puis cette fin !!! Excellent !

Cela augure d’une bonne série que j’ai hâte de suivre, voir comment Ange apprendra de sa nouvelle… et non ! Lisez le, vous en saurez plus sur le devenir d’Ange.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce tome, je vais même en faire mon premier coup de coeur de l’année.

Peut-il être sélectionné parmi les finalistes du #PLIB ?
En tout cas, moi je le souhaite vivement !

Bonne lecture à vous !



Frau Faust, tome 1 – Kore Yamazaki

Mon avis : coup de 💕

Genre : fantasy
Public : à partir de 12 ans
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 1
Tomes parus en VO : 4 – la série en comportera semble-t-il 5 en tout

 

Résumé éditeur

Érudite, mystérieuse et dotée d’étranges pouvoirs, la jeune femme que Marion rencontre par hasard en ville semble traverser les âges et renfermer bien des secrets. Mais lorsqu’elle demande à notre héros de l’aider à pénétrer dans une église en pleine nuit pour retrouver son « chien », il ne fait plus aucun doute que Johanna s’est affranchie des règles sacrées de l’Inquisition et que l’étrange aura qui l’enveloppe revêt des allures profanes. Quel est son lien avec le docteur Faust dont parlent les légendes ? Où se trouve la frontière morale entre le bien et le mal ? Toutes les certitudes du jeune Marion s’apprêtent à être bouleversées.

 

J’ai acheté et commencé à lire Frau Faust tout simplement pour son auteure, Kore Yamazaki, qui a déjà su m’enchanter avec The Ancient Magus Bride. J’en savais donc très peu sur l’intrigue et ce n’est pas plus mal, j’adore me laisser surprendre par mes lectures !

Si l’ambiance de The Ancient Magus Bride est féérique, ici elle est plutôt mystérieuse avec des relents d’interdits, voire démoniaques. De nouveau, Kore Yamazaki puise dans les contes connus pour les remanier à sa façon, utilisant donc le légendaire Faust et son pacte avec le diable.

Elle a notamment transformé le Docteur Faust en une femme, qu’elle présente dans ce premier tome et laisse entrevoir la quête qu’elle entreprend. À la fois érudite, dynamique, cynique, bienveillante et très mystérieuse, Johanna Faust est une femme fascinante qui m’a donné envie de la suivre et de la soutenir. Nous la découvrons à travers les yeux d’un garçon, Marion, qui a soif de connaissances, et est tour à tour déstabilisé, horrifié, étonné, admiratif de Johanna.

J’ai dévoré ce tome d’une traite, avec de nombreuses questions en suspend en le refermant : pourquoi et comment Johanna a-t-elle passé un pacte démoniaque ? Quel est la nature exacte de sa quête ? Les conséquences en cas d’échec ? La véritable nature de sa relation à Méphistophélès ? Autant dire que j’attends le tome 2 avec impatience !

 

Un mot aussi de l’histoire courte qui se trouve en fin de tome, « Le musée invisible ».

Je ne suis d’ordinaire pas fan des formats courts, mais ici Kore Yamazaki a réussi à m’entraîner dans ce petit conte, à la fois simple, merveilleux (au sens littéraire du terme) et efficace. De nouveau, elle y met en scène une héroïne, de nouveau je m’y attache facilement et m’identifie à ses questionnements.

Par conséquent, je ne serais pas contre d’autres petits contes de la mangaka. Croyez-moi, c’est rare que je dise ça, j’ai même tendance à fuir les recueils d’histoires.

Queen’s Quality, tomes 1 à 4 – Kyousuke Motomi

 

Mon avis : coup de 💕

Genre : fantasy, psychologique, romance
Public : à partir de 12 ans
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 4
Tomes parus en VO : 5

Suite de la série QQ Sweeper

 

Résumé éditeur

« Bonjour, ici Fumi ! Peu de temps s’est écoulé depuis notre dernière mission de nettoyeurs d’âme avec Kyûtarô et beaucoup d’interrogations sont restées en suspens. Aux dernières nouvelles, je posséderais un don hors-norme : “le pouvoir de la Reine”. Pour m’aider à retrouver la mémoire, les Horikita ont fait appel à un ami spécialiste de l’hypnose. Malheureusement, il m’a appris que j’étais destinée à m’éveiller sous l’influence du Mal, en tant que Reine Noire… Kyûtarô a juré de ne jamais me quitter, mais, je me demande si nous parviendrons à éviter cette malédiction… »

 

‼️Cet article contient des spoilers de la trilogie QQ Sweeper qui se déroule avant‼️

Si QQ Sweeper est déjà une trilogie qui captive un peu plus à chaque tome, cette suite est difficile à poser ! Magie, action, humour, symbolisme et romance se mêlent habilement sous le trait de plus en plus maîtrisé de Kyousuke Motomi.

 

Quand QQ Sweeper était centré sur l’apprentissage de Fumi en tant que nettoyeuse d’âmes, Queen’s Quality tourne autour du mystère de l’identité de la jeune fille. Ou plus précisément de ses identités : la reine noire qui sommeille en elle fait l’objet de toutes les inquiétudes et convoitises.

Action et magie sont au rendez-vous tandis que Fumi essaye d’accepter cette part d’elle-même, puissante, effrayante et incontrôlable. Cette recherche identitaire fait d’elle une héroïne qui déchire, à la fois le personnage le plus redoutable et le plus vulnérable de l’histoire. On est ainsi bien loin du personnage féminin dans l’ombre des hommes – d’ailleurs la grand-mère et la soeur de Kyûtarô sont elles aussi des femmes fortes et sages – que l’on peut retrouver dans certains titres.

L’ambiance gothique et les mystères qui planent sur Queen’s Quality me rappellent l’esprit de L’infirmerie après les cours ou encore mes CLAMP préférés, jusque dans certains symboles – les papillons me font forcément penser à xxxHolic.

 

Mais ce qui rend ce manga si spécial à mes yeux, c’est la thèse tissée à travers le cadre fantasy sur les émotions et la psyché humaine. Déjà dans QQ Sweeper, les pensées négatives représentées par des bestioles grouillantes sont éliminées grâce au calme des nettoyeurs. Kyûtarô poursuit ses leçons auprès de Fumi, lui apprend à se détacher du mal issu de son environnement, à apaiser son esprit lorsqu’elle se sent submergée, à accepter les moments de tristesse.

Quant à la reine noire, elle n’est autre qu’une représentation de la part d’ombre en chacun de nous. Née de la douleur et de la colère, elle est capable du pire, prenant contrôle de toute notre personnalité.

 

Lorsque Fumi perd le contrôle au profit de la reine noire, seuls l’amour et l’empathie de Kyûtarô parviennent à la sortir de sa « crise » et la ramener à elle. Parce qu’il accepte la jeune fille avec toutes ses facettes et l’aide à s’améliorer – plutôt que de faire à sa place ou lui apporter des réponses toutes faites -, Fumi peut progresser et prendre confiance en elle.

La romance entre Fumi et Kyûtarô est ainsi extrêmement touchante, faite de soutien inconditionnel, d’écoute bienveillante et d’une réconfortante intimité.

 

À travers la quête identitaire de Fumi, l’amour si pur de Kyûtarô et leur travail de nettoyeurs, Kyousuke Motomi nous montre l’importance d’accepter toutes les émotions humaines et de pouvoir les verbaliser auprès d’une personne bienveillante.

La thèse soutenue par ce manga se rapproche tant de mes propres convictions que j’essaye d’appliquer et transmettre à mes enfants, qu’il a réussi à me toucher d’une manière très personnelle – d’autant que ma propre reine noire peut se révéler très envahissante.