Issue d’une famille bourgeoise ruinée, la jeune Feyre est obligée de chasser pour nourrir les siens. Au cours de l’une de ses expéditions en forêt, l’adolescente tombe sur un énorme loup. Se sentant menacée, elle décoche une flèche qui assassine non une bête, mais un Grand Fae, ces êtres immortels qui vivent de l’autre côté du mur, dans le royaume de Prythian, et qui vouent une haine féroce aux humains. A son retour chez elle, Feyre reçoit la visite impromptue d’un autre Grand Fae aux allures de monstre qui réclame dédommagement pour le crime commis. Une vie contre une vie…
Feyre est emmenée de force au royaume des immortels, elle appartient désormais au Seigneur de la cour du Printemps qui peut disposer d’elle comme il l’entend. Mais la jeune fille, loin de désespérer, se promet de trouver vaille que vaille le moyen de rentrer chez elle…
Séduite par le titre et la magnifique couverture de ce roman, j’ai ouvert les pages d’Un Palais d’Épines et de Roses sans vraiment savoir à quoi m’attendre…
Si le début du livre pose les bases de la vie de Feyre, le récit prend très vite des allures de conte revisité dès lors que la jeune fille franchit la frontière du royaume de Prythian. Car Feyre est prisonnière d’une cage dorée telle une Belle contrainte de vivre aux côtés d’une Bête… A l’image du célèbre conte, l’héroïne déteste son ravisseur, Tamlin, avant d’être troublée par son raffinement et sa bonté. Elle tombe, elle aussi, amoureuse de son geôlier au moment même où, pour la protéger, celui-ci la chasse de ses terres. Dès lors, Feyre nourrira une nouvelle obsession : délivrer son Prince de la malédiction qui le ronge. Et, contre l’avis général, la Belle retournera parmi les immortels où elle découvrira que son amour a été fait prisonnier par la Dame de la Montagne, seule responsable du Mal qui décime le royaume de Pythrian. Alors, n’écoutant que son courage et son amour, la jeune fille décidera de s’engager dans un combat plus qu’inégal en défiant la Dame. Car pour sauver Tamlin, elle est prête à tout. Entre épreuves et stratégies, Feyre devra faire fi du danger, mettre de côté ses convictions et oublier jusqu’à ce qu’elle ressent. Prise dans un jeu de dupe, la jeune fille sera même prête à vendre son âme…
En commençant ce premier tome, j’ai de suite été captivée par l’univers fantasy un peu moyenâgeux du roman mais aussi par le caractère rebelle et froid de l’héroïne. L’arrivée de Feyre au royaume de Pythrian m’a ouvert les portes du conte mais en tournant les pages, la magie s’est vite arrêtée. Et malgré les efforts de l’héroïne pour conquérir sa liberté, je me suis ennuyée… jusqu’à ce que la Belle revienne sauver sa Bête pour plonger le récit dans un nouveau genre, celui de la quête de la levée de la malédiction. Dans cette partie, le romantisme cède sa place à la rancœur, à la vengeance ainsi qu’à la lutte, avant d’utiliser le compromis qui atteindra son paroxysme lorsqu’il s’agira de sacrifice. Les ruses auxquelles l’héroïne doit faire face sont nombreuses et palpitantes. Le décor et l’ambiance du livre deviennent aussi sombres que le coeur de Feyre qui se perd en alliances trompeuses mais nécessaires.
Les personnages sont tous captivants, pleins de subtilité avec leurs facettes multiples. Personnellement, j’ai eu un gros faible pour Rhysand dont l’ironie et les manières allègent sur la fin la dimension tragique des épreuves. J’ai regretté cependant que celui de Tamlin repose trop sur celui de la Bête.
Le style de l’auteure est impeccable, plaisant et riche.
Au final ce premier volet a failli ne pas me convaincre avec son entrée en matière vraiment trop lente (il faut attendre les deux-tiers du récit pour qu’il se passe enfin quelque chose d’original). Le dernier tiers a rattrapé mon attention grâce à la dynamique des épreuves et à la naissance de la relation entre Feyre et Rhysand.
J’ai maintenant hâte de savoir ce que le second tome nous réserve…
Pour les lecteurs patients !